Oreille de Pacheco d’un Retamar de vuelta 

 

-Miguel Angel Pacheco (brique de Toulouse et or) : salut et oreille 

-Yannis Djamila El Adoureño (bleu Roi et or) : silence et sifflets 

Pentecotavic 2018 débuta par un mano a mano entre Pacheco qui avait tant impressionné l’an passé sous la pluie face à un Raso del Portillo et celui qui nous était annoncé comme l’étoile montante de la tauromachie française … Pour les départager : les pupilles d’El Retamar, bien présentés, et de comportement conforme au Nuñez (14 rencontres au cheval).Les lots ayant été bien faits, le sorteo attribua à chacun des deux un premier novillo, manso et compliqué, et un second qui permettait. 

Après avoir montré qu’il est un novillero à la planta torera et au bagage technique important, Pacheco s’illustra pleinement sur son deuxième Retamar dont il brinda la faena au public. Miguel Angel profita de la noblesse de son opposant et réalisa avec temple de précieuses séries de naturelles. Entière caida au deuxième essai. 

El Adoureño fut la déception et l’inquiétude du jour. Si son premier Retamar s’avéra être rapidement manso et sans option, le deuxième novillo de Yannis fut le plus complet : brave sous le fer, noble mais exigeant dans l’étoffe. Le premier tercio très bien réalisé par Laurent Langlois, dont la monture se fit longuement coincer aux planches lors de la première des quatre rencontres sans que personne ne vienne lui faire le quite, fit rugir les tendidos vicois. Face à l’exigence de son bon novillo El Adoureño sembla muleta en main en perdition sans conseil ni inspiration (desplante et redondos inopportuns copieusement sifflés). Entière caida, kyrielle de descabellos. Vuelta al ruedo d’Avecejon. Salut excessif du mayoral. 

Demi-arènes. Temps couvert

 Vivement dimanche 

 

-Manuel Escribano (bleu de France et or) : double silence
-Sergio Florès (vanille des îles et azabache) : sifflets, silence
-Sebastian Ritter (cœur de bœuf et or) : double silence 

Les organisateurs vicois avaient programmé pour cette première corrida 2018, de réunir et d’opposer dans le cadre d’un desafio les deux dernières ganaderias ayant fait chavirer le cœur des aficionados gascons ces dernières années : Valdellan et Los Maños. Si sur le cartel cette opposition ne manquait pas d’intérêt, dans le ruedo il en fut tout autre. Grosse déception du bétail et absence totale d’envie et de volonté chez les piétons. Valdellan 1, 3bis et 5 / Los Manos 2,4 et 6). 

Manuel Escribano avait sûrement plus la tête au parcours de golf qu’il réalisa le matin même dans les environs qu’à ses faenas ou même à ses poses de banderilles. Après deux tercios de très moyennes factures, nous ne retiendrons de la faena du maestro de Gerena qu’une série sur la corne droite. Si à sa sortie le Maños sembla impressionner les aficionados  il ne sembla pas mettre en confiance le maestro de Gerena dont la faena, comme le toro, alla à menos. 

Sergio Flores pour son premier paseo à Vic, ne fut pas aidé par le destin qui lui fit croiser le chemin de Secretario. Face à ce bien beau Maños le mexicain excella capote en main avant que les choses ne se gâtent par la suite avec la muleta. Ça passait peu sur la corne droite, et pas du tout sur la gauche : Sergio plia les gaules et expédia les affaires courantes face à ce dangereux Maños.  

Castizo de Valdellan, était haut, cruellement flaco et sans charge.  Le mexicain essaya un peu plus mais ne parvint pas à en tirer quoi que ce soit avant une déroute descabello en main.

Invité de dernière minute, pour substituer à Manolo Vanegas, le Colombien Sébastien Ritter, parfaitement inconnu du grand public n’est pas prêt de revenir dans ces arènes Joseph Fourniol où il ne fit preuve d’aucune entregra au cours des deux faenas. Mais fallait-il réellement l’inviter ? Si le voyage depuis la Colombie fut loin, il en fut de même pour ses muletazos. Le maniement de l’épée n’est pas non plus dans ses qualités taurines primaires. 

¾ d’arènes. Temps chaud et beau avant que l’orage ne menace à la fin de la course 

 Les concours se suivent et ne se ressemblent pas. 

 

-Domingo Lopez Chaves (talanquère et or) : salut au centre et silence 

-Pepe Moral (souris et or) : double silence

-Tomas Campos (eau de source et or) : double silence 

Après la très intéressante édition de la corrida concours 2017, les ‘’vicois’’ avaient enfin réalisé pour 2018 leur doux rêve d’une corrida concours de Santa Coloma. Les aléas du campo et du transport nécessitèrent deux changements par rapport au cartel initial : le Fraile par un San Martin, et le Vinhas par un Christophe Yonnet, automatiquement hors concours. L’ensemble des participants manquèrent de race et de caste. 

La Quinta : bel exemplaire quoiqu’un peu gordito. Une fois encore à Vic Lopez Chaves montra ses qualités de lidiador et de grand chef de lidia. Sa cuadrilla réalisa à ‘’Olivito’’ une lidia frôlant la perfection, la palme allant à Oscar Bernal au cours des trois rencontres sous le fer : justes et précises. D’ailleurs trois et pourquoi pas une quatrième qui aurait ravi l’aficion présente et n’aurait vraisemblablement pas diminué l’intensité de la faena. Le Quinta est un bon toro, noble et mobile qui s’engouffre dans la muleta mais en ressort la tête haute. Défaillance aux aciers. Pétition de vuelta pour le bicho justement refusée par la présidence. Malheureusement après ce bon début de corrida le soufflet est vite redescendu. 

Pilar Buendia Paillares : après les trois piques règlementaires, ‘’Verdon’’ et Pepe Moral ne se trouvèrent pas d’intérêt mutuel. 

Christophe Yonnet : bien présenté mais manquant un peu de moral, ‘’Pascalunas’’ alla a menos dans la muleta d’un Tomas Campos en carence d’inspiration. 

San Martin : très bel exemplaire applaudi à sa sortie du toril, mais sans option ni transmission pour Domingo Lopez Chaves très déçu après une entière caida. Pitos pour le cornu. 

Ana Romero : bien accueilli par le capote de Pepe Moral les espoirs étaient permis d’un regain d’intérêt. Malheureusement cela ne dura pas, Pepe s’efforçant d’égrainer les passes au cours d’une faena qui alla a menos. 

Los Maños : attente mitigée de la part du public entre le desfiao de la veille et le prix du meilleur toro de la concours 2017. Tomas Campos parut complètement abandonné dans sa faena : sans inspiration, ni même conseillé, il ne parvint jamais à trouver le bon sitio ni même à profiter du fond de noblesse d’‘’Aviador’’. 

¾ d’arènes. Temps beau 

 

Reseñas : Vicente, photos www.photoslouise2z.com 

 Lamelas reste dans le cœur des Vicois 

 

-Octavio Chacon (granny smith et or) : salut et silence 

-Antonio Nazaré (marine nationale et or) : double silence 

-Alberto Lamelas (alternative et or) : salut et silence 

 La corrida de Raso de Partillo s’annonçait comme le point d’orgue de cette féria de Pentecotavic 2018 pour l’aficion toriste après leur fameuse sortie de l’an passée lors de la novillada malheureusement écourtée par la pluie. La course fut âpre et complexe. Ce ne fut une après midi facile ni dans le ruedo ni dans les tendidos. 

Le lucero de l’envoi prit sans rechigner ses trois rations de fer avant qu’Octavio Chacon ne fasse durer en longueur sa faena à un toro qui n’avait qu’une vingtaine de passes, pas plus et qui était criminel sur la corne gauche. Le toro se décomposa rapidement, et Octavio défaillit aux aciers : quatre pinchazos, entière caida, descabello. La sortie en piste du beau et astifino ‘’Parisino’’ fut applaudie avant de découvrir qu’il s’agissait d’un manso de gala.  Le Raso se jeta à la gorge du cheval de la cavalerie Bonijol et reviendra rebondir à cinq reprises dans le peto avant une lourde pique carioquée. Il s’avéra décasté et fuyard, Octavio Chacon ne parvint qu’à lui arracher quelques muletazos avant un final laborieux : deux pinchazos, entière caida, trois descabellos après que le puntillero ait fait relevé le toro. 

Volcadillo mit Nazaré en difficulté dès sa sortie en piste. Le Raso restera sur la défensive, avec des demi-charges, impossible à gauche, Nazaré ne parviendra jamais à prendre le dessus, et l’expediera d’un bajonazo copieusement sifflé.Antonio Nazaré eut droit lui aussi à son manso qui mit en déroute picador et banderilleros. Muleta en main, mais sans transmission, il réussit à enchainer quelques muletazos avant que ‘’Tallista’’ ne s’éteigne. Belle entrée à matar. 

Alberto Lamelas fut ovationné à l’issue du paseo pour son retour cette année dans le ruedo des arènes Joseph Fourniol. ‘’Vedillo’’ était du deuxième fer, El Quiñon. Après avoir mis en déroute les cuadrillas durant les deux premiers tiers, à noter la bonne intervention du chef de lidia pour remettre un peu d’ordre, Lamelas démarra une faena qui tourna vite au combat de ce dangereux manso. Il lui arracha valeureusement une à une des passes inimaginables sous les conseils avisés de Tomas Campuzano. Entière caida. Alberto jouant le tout pour le tout, accueillit son dernier Raso par une larga de rodillas au fil des planches, avant une remarquable série de véroniques. Après ses trois piques, ‘’Uño’’ se révéla court de charge et Lamelas ne parvint jamais à prendre réellement le dessus. Final par manoletinas. Pinchazo, media, deux descabellos.  

¾ d’arènes. Temps estival


 Preguntas 

 

-Curro Diaz (brique de la cathédrale d’Albi et or) : double salut
-Daniel Luque (corail et or) : salut et silence
-Emilio de Justo (neige et or) : silence, et oreille 

Cette corrida de clôture de Pentecotavic 2018 fit se poser de nombreuses questions à la sortie de la course : pourquoi des Pedrazas  de Yeltes à Vic les arènes toristes par excellence ? Ces toros n’étaient ils pas trop lourds ? trop hauts ? trop vieux ? le ruedo a-t-il la bonne taille ? où sont passés les tercios de piques tant attendus ? … Toujours est-il que la course fut une déception pour ceux qui y croyaient beaucoup. 

‘’Joyito’’ fut applaudi lors de sa sortie en piste, tant son tamaño, ses hechuras et sa présence dans le ruedo en imposaient. Mais le Pedraza s’avéra insipide lors du premier tercio où il poussa sans bravoure. Curro Diaz brinda sa faena au public. Malgré la charge courte de son toro el maestro de Linares profita de son fond de noblesse et enchaina des séries ambidextres allurées et parsemées des détails dont lui seul a le secret, dont une trinchera de gala ! Entière caida. Son deuxième toro ne fit pas preuve de plus de bravoure que le premier. ‘’Tontillo’’ arriva au troisième tiers avec peu de charge et sur la défensive. S’il passa somme toute assez bien à droite, il surprit Curro sur sa première tentative à gauche et lui infligea une sérieuse voltereta. Entière efficace avec hémorragie 

Daniel Luque se montra volontaire et très professionnel face à son premier Pedraza qui resta sur la défensive et chargea à mi-hauteur. Luque se construisit le toro tout au long d’une faena droitière avant que ‘’Medicero’’ ne s’éteignit. Entière caida, descabello. Le quinto fut remplacé en raison d’un problème d’appuis, par l’unique toro negro de l’envoi. ‘’Dudanoches’’ fut le seul à avoir réellement poussé lors des trois rencontres à la pique, en s’employant et en mettant furieusement les reins. Daniel Luque brinda sa faena à son compañero Manuel Jesus Perez Mota qui fit lui aussi les belles heures de Vic. Le Pedraza à la charge courte lui aussi laissa Luque sans option. Bajonazo. 

‘’Holandero’’ avait semble t il le pied sur le frein ce qui ne facilita pas le déroulement des deux premiers tercios. Face à ce Pedraza fade et sans force, de Justo réalisa une faena sans grande transmission. Pinchazo, entière. ‘’Campanero’’ rapidement après sa sortie du toril sembla un peu désarticulé dans ses déplacements et faillit être lui aussi changé. Finalement il s’employa avec force lors des trois rencontres et permit le déroulement d’un très bon deuxième tercio. Malheureusement le Pedraza ne tint pas ses promesses et s’éteignit rapidement une fois dans la muleta volontaire d’Emilio de Justo. Il réduisit les distances et après un premier avertissement, le Pedraza l’envoya en l’air retombant lourdement avant de se faire piétiner. Emilio revint en piste complètement sonné et envoya ad patres ce dernier toro de l’édition vicoise 2018 en deux temps. Oreille du courage contestée par une partie du public. Emilio de Justo fut envoyé le soir même à l’hôpital d’Auch pour des examens médicaux. 

Salut des banderilleros Oscar Castellanos Úbeda au premier et Angel Gómez Odero et Manuel Pérez Valcárcel au dernier. 4/5ème d’arènes. De moins en moins beau temps