Gimeaux : Deux oreilles pour A. Lamelas et Solalito

 

Un seul trophée pour F.J. Palazon et A. Samira à l’issue d’une fiesta campera intéressante et entretenue grâce aussi aux excellents et encastés novillos du fer de Françoise Yonnet… C’était les quatre derniers à être combattus en public, vuelta posthume au second et vuelta hommage au dernier…. C’est sous un temps plus que printanier que c’est déroulé cette journée taurine. En matinée Lou Miguelin et Lucas ont combattu et tué respectivement un eral de Pages-Mailhan et un d’El Campo (Voir le post-it). Lleno sur les tendidos à l’heure du paseillo.

F. J. Palazon réceptionna de belle manière le 1er avant une seule légère rencontre à charge de Gabin (qui piqua les quatre Yonnet). Peu fixé et brusque le novillo finira par suivre la muleta de l’alicantino qui en avait élégamment prit la mesure. La conclusion ne fut pas de la même veine, n’empêchant pas l’octroi d’un pavillon.

Pelea initiale serrée entre le second et A. Lamelas qui le trois fois au cheval ou il ne s’employa pas vraiment. Il fallut tout le potentiel du torero de Jaen pour canaliser les charges combattives du Yonnet, tête à mi-hauteur avec une pointe de distraction, rendant la faena, brindée à Hermine la compagne du président du Fourmigo, un peu plus compliquée avant une conclusion à l’encuentro au second essai libérant deux mouchoirs blancs du palco.

Le 3eme s’employa moins à la 2eme pique qu’à la 1ere et s’avéra excellent sur le piton droit pour A. Samira qui distilla de tres bons enchainement. Moins à l’aise à gauche devant un adversaire moins évident sur ce coté, l’arlésien se fit avertir puis accrocher violemment. Il reprit les affaires en main par la droite avant de revenir sur l’autre rive mais l’ensemble avait perdu en intensité. ½ lame verticale suffisante pour une oreille.

Le colorado de clôture manquait d’un peu de forces mais pas de qualités, ce dont s’aperçut de suite Solalito qui lui servit les capotazos appropriés, l’économisa au cheval avant de le brinder à Tomas Campuzano et Alberto Lamelas. La faena s’etira avec douceur et élégance sur les deux cotés, le nîmois profitant au mieux du potentiel de son adversaire qu’il occis d’une entière en place, lui valant une double récompense.

Quatre novillos de Françoise Yonnet pour

-Francisco José Palazon : oreille

-Alberto Lamelas : deux oreilles

-Adam Samira : oreille

-Solal Calmet "Solalito”: deux oreilles
Vuelta aux 2eme et 4eme  Pst JY Planell

Post-it : Après un samedi "studieux" au Sambuc avec un bétail exigeant de Pascal Mailhan et malgré un vent gênant, Lou "Miguelin", accompagné d'Axel et Hassad "Perla Morena", affrontait sa deuxième épée, le dimanche à Gimeaux, dans la Monumentale chère à Francis Espejo et au Fourmigo. Pour l'occasion, son aîné Fabien Castellani, lui servait de "peon de lujo". Examen réussi! "Miguelin" tuera d'une entière engagée au deuxième essai, un becerro plus commode à droite qu'à gauche, faisant valoir son envie et ses progrès. En poursuivant cet effort se profile un possible passage en NSP en cours d'année, une fois l'âge atteint. De ce week-end on retiendra le potentiel d'Axel et Hassad, mais aussi celui de Luca, pourvu qu'ils continuent dans la voie du travail que leur indiquent leurs professeurs.


Samadet : Dorian Canton coupe deux oreilles à un novillo de Los Espejos

 

 La peña Al Violin de Samadet, avec l’aide de Marc Serrano et Didier Cabanis, organisait leur troisième festival caritatif au profit du service pédiatrie de l’hôpital de Mont de Marsan. Pour rappel, ce festival a pour but de reverser les bénéfices au service de pédiatrie afin de pouvoir offrir aux enfants atteints de maladies graves un confort de vie.  Mais malheureusement le public était peu nombreux dans les tendidos. Victor Mendes, blessé au campo a été remplacé par le novillero dacquois Juan Molas. Tous les novillos furent offerts par les éleveurs. Novillos de Marquis de Quintanar (1er et 5ème), Gallon Frères (2ème), Virgen Maria (3ème), Pagès-Mailhan (4ème et 7ème), Los Espejos (6ème) et eral d’Alma Serena (8ème)  A l’issue du paseo, un hommage fut (enfin) rendu à Alberto Aguilar pour son dernier paseo dans le sud ouest, lui l’oublié de la temporada pour ses adieux, malgré le soutient et l’amour des aficionados à son égard.

Rafael Perea « El Boni » (silence) hérita en premier d’un exemplaire du Marquis de Quintanar, manso au cheval et cherchant les planches par la suite. L’ancien torero et banderillero d’El Cid fut volontaire mais sans véritable option.

Davila Miura (1 oreille) reçut par des véroniques autoritaires l’exemplaire des Frères Gallon. Le novillo s’employa bien sous le fer, poussant avec bravoure sa seule rencontre. Davila Miura brinda la faena à son ami et actuel entraîneur de Toulouse, le rugbyman montois Régis Sonnes. Faena appliqué face à un adversaire noble et intéressant mais manquant un peu de fond.

Marc Serrano (vuelta) accueillit le Virgen Maria par une larga de rodillas, puis enchaîna par une belle série de véroniques avec un novillo répétant avec force. Un petit picotazo mal administré où le novillo se défendit et qui se décomposera par la suite, sans grande race. Le protagoniste de cette tarde essaya sans succès de le corriger.

Alberto Aguilar (1 oreille) effectuait son dernier paseo. Toujours très souriant, jovial, il hérita d’un exemplaire de Pagès Mailhan qui se montra puissant sous le fer. Alberto fut volontaire à l’image de sa carrière et encaissa les charges violentes mais encastées de son opposant, sans parvenir à le dominer.

Antonio Nazaré (palmas) passa de façon discrète avec le second novillo du Marquis de Quintanar, fade, court de charge, il donna une faena irrégulière et sans transmission.

Dorian Canton (2 oreilles) affronta un joli exemplaire de la jeune ganaderia de Los Espejos d’origine Buendia, dirigée par Céline Jacquet. Discret sous le fer, il fut noblon avec une certaine classe mais fade et juste de force qui ne le permit pas d’exprimer toutes ses qualités. Le jeune béarnais le toréa avec douceur et justesse mais sans réelle transmission.

Juan Molas (ovation) l’invité de dernière minute reçut discrètement le novillo de Pagès Mailhan. Malgré quelques gestes avec toreria et classe, il ne put dominer son adversaire qui se réserva petit à petit.

Juanito (palmas) Jean Larroquette « Juanito » affronta sans mise à mort un eral des Frères Bats. C’est un autre torero béarnais qui débutait, l’élève de l’école taurine d’Adour Aficion montra une certaine classe dans ses muletazos et se montra très à l’aise cape à main.


Gimeaux : Deux oreilles pour L. Gerpe…

 

  …..Une pour M. Savalli, M. Rodriguez et Kike, seul Morenito de Nîmes qui ouvrait le festejo n’a pas eu droit à un trophée. C’est dans des conditions de plus en plus difficiles que s’est déroulée la course, la piste devenant impraticable à cause de la pluie, ce qui n’avait pas empêché les aficionados de répondre présents en nombre. Coté novillos, si l’on excepte celui de La Cravenque qui n’avait rien à offrir, ceux d’El Campo se sont montrés bien plus intéressant, supérieur le dernier, peu d’option le 4°, les 1er et 3° offrant pas mal de possibilités avec un peu de genio et d’une durée relative… Mais les conditions atmosphériques et la piste sont aussi en prendre en compte. Coté torero, le triomphateur du jour a affichait de l’envie avec un certain potentiel, les deux derniers novilleros se sont appliqués mais manquant toutefois d’expérience… Kike répondant bien présent pour son retour en France… Les trois derniers novillos n’ont pas été banderillé à cause de l’état du ruedo. Festejo presidé par J.Y. Planell

Morenito de Nîmes (Silence) touchera un adversaire qui ira par trois fois au cheval en s’y employant lui permettant de lier quelques muletazos excellents sur la corne gauche. Moins évident sur l’autre bord, il baissa progressivement de ton en revenant à droite avec le nîmois qui conclura d’une ½ lame à l’encuentro et d’un descabello.

Aucune option pour Mehdi Savalli (oreille!!) avec un adversaire, le dernier de La Cravenque, qui même châtié au cheval, restera sur ses positions négatives, l’arlésien se faisant même bousculer sans mal

Luis Gerpe (Deux oreilles) réceptionnera très bien le 3° qui prendra ses deux piques de belles façons avant de lier d’excellentes et volontaires séries sur les deux bords, bien qu’un peu moins aisé à gauche, avant de baisser de ton. L’épée engagée aidera pour l’obtention de récompense double…

Peu d’options pour Manuel Rodriguez (Oreille) à cause d’un novillo qui se laissa faire mais sans s’y employer ou avec fadeur. Le novillero malagueño essaiera de compenser mais son manque d’oficio limita l’impact. Entière en guise de conclusion.

Le dernier d’El Campo ira a mas tout au long de sa lidia, permettant à Kike (Oreille) de réciter ses gammes, très bien à gauche d’abord, sur les deux cornes ensuite au cours d’une ample faena volontaire et appliquée mais pour lui aussi le peu d’expérience se fit sentir. Entière après pinchazos nécessitant l’usage du descabello. Applaudissements final bien mérités pour le novillo


Rodilhan : T. Dufau et A. Salenc au dessus…

 

Deux oreilles pour le novillero nîmois, une pour le matador de toros landais ainsi que pour T. Garcia et Solalito. Seul El Adoureño qui suppléait au forfait sur blessure de Javier Cortes est reparti à vide. Bon trois quart d’arènes, fréquentation en hausse, +25%, par rapport à la dernière édition, malgré la concurrence de la finale des courses camarguaises à Nîmes et les complications d’accès à cause d’une poignée d’excités qui veulent imposer leur dictat par la force et la violence. Accès sécurisé et parfaitement maitrisé qui ont permis le bon déroulement de cet emblématique rendez-vous de fin de saison, seuls quelques effluves d’un gaz lacrymogène nous ramenèrent à cette triste réalité. Discours de Mr Reder, maire de Rodilhan avant le paseillo pour remercier les nombreux aficionados présents et dire combien il tenait avec les organisateurs a défendre la liberté, notre liberté culturelle.

-Thomas Dufau : Oreille après avis

-Yannis Djeniba « El Adoureño » : Silence

-Tibo Garcia : Oreille

-Adrien Salenc : Deux oreilles après avis et ovation pour le novillo

-Solal Calmet « Solalito » : Oreille

Cinq novillos justes de forces dans l’ensemble des Frères Gallon se prêtant parfaitement au jeu d’un festival, meilleur le 4° ovationné à l’arrastre, nobles dans l’ensemble, handicapé par sa faiblesse le 3°, plus encasté et exigeant le 2°.

Pst : Ph. Kugener, soleil et vent parfois gênant.

Mansito et peu piqué, le 1er fut brindé aux ganaderos après une excellente entame à la cape. T. Dufau débuta par des cambiadas centrales avant d’embarquer par la droite un noble adversaire qui cherchait sa querencia. Le montois, avec maitrise lui servira la faena adéquate, de meilleure tenue à droite, allant a mas avant ¾ de lame trasera.

Le second se mettra en évidence sur ses deux rencontres avant de se montrer exigeant et assez reservé avec El Adoureño qui aura bien du mal pour s’imposer malgré sa bonne volonté. Conclusion par une entière caida.

T. Garcia héritera d’un novillo noble mais particulièrement juste de force qu’il saura parfaitement comprendre pour lui faire presque oublier son handicap, surtout sur le coté gauche ou il lia des séries limpides et ajustées avant de l’occire d’une superbe épée au 2° essai.

Le 4° ira fort au cheval ou il joua de la tête avant un beau quite par faroles d’A. Salenc qui, sur sa lancée d’une grande saison, confirma son statut, dessinant, surtout à droite, des series efficaces tout autant qu’esthétiques face à cet excellent novillo avant d’en terminer d’une lame caida.

Solalito invita A. Salenc à partager les banderilles sur le dernier Gallon qui, s’il répondit bien à droite tout en ne répétant guère, s’avéra moins coopératif sur l’autre bord en lorgnant le pourtour. Le nîmois, qui le brinda au maire de Rodilhan, se montra à son avantage avec le toreo élégant qui le caractérise avant de conclure d’une superbe épée.


 Bouillargues : Oreille pour Solalito et Tristan 

 

Arènes pleines à l’heure du paseillo pour cette septième novillada sans picadors qui a été d’un intérêt soutenu, soit par les novillos soit par les novilleros, les meilleurs moments étant pour Solalito au 2eme et Tristan au dernier, J.A. Valencia laissant de potentiels trophées avec les épées, et avec le Yonnet qui reçut le prix du meilleur novillo !! et face au Tardieu, qui aurait tout autant pu prétendre au prix. Coté torero, Solalito qui s’est montré plus affirmé que Tristan repart avec le trophée. La peña taurina La Embestida avait choisi des becerros très bien présentés et forcement de jeux variés d’H. Yonnet (applaudit à l’arrastre), François André, Scamandre, A et F Tardieu (applaudit à l’arrastre), Malaga et Piedras Rojas et pour les combattre José Antonio Valencia (Ecole Taurine d’Arles), Solal Calmet «Solalito» (Nîmes) et Tristan Espigue (Ecole Taurine Rhône Aficion), trois becerristas qui se sont mis en évidence, chacun avec leur moyens, partageant les quites, Solalito et Tristan en réalisant un al alimon au 5° 

-J. A. Valencia (bleu France et or) Silence après avis et salut après avis 

-Solalito (bleu marine et or gris) Oreille et salut après avis 

-Tristan Espigue (bleu roi et or) Vuelta et oreille 

Pst M. Perbost, lleno dans une arène décorée par Tom Garcia et Bruno Eliot, soleil avec petit vent. Minute de silence durant le pasillo pour les disparus de l’année, saluts des banderilleros Marco Leal au 4° et de Dylan Rainbow et Alexis Ducasse au dernier. 

Le vénézuélien de l’E.T. d’Arles eut d’abord a combattre un Hubert Yonnet exigeant qu’il soumit à droite en lui présentant une muleta basse pour de méritoires séries, l’autre corne s’avérant moins accessible pour l’arlésien. Il se fit également sèchement bousculer lors de la 1ere paire de banderille. La mise à mort lui ôtera tout espoir de récompenses. J. A Valencia eut ensuite un Alain Tardieu encasté et d’excellentes embestidas surtout a droite, corne sur laquelle il se montra plus qu’à son avantage. Et cette fois c’est le descabello qui lui joua de vilain tour. 

Le protégé de Denis Loré et Serge Almeras qui banderilla ses deux adversaires, mieux son second, eut a toréer un François André distrait, n’humiliant et s’employant guère mais sans véritable difficultés si ce n’est d’avoir laissé le soin a Solalito de faire l’essentiel du rendu, le nîmois concluant d’une entière verticale efficace. Il eut après un novillo de Malaga (P. H. Callet), gêné par des problèmes aux antérieurs ce qui accentua une tendance à chercher plutôt les chevilles que la muleta, prenant sans mal le nîmois en cours de faena, ce qui ne l’empêcha de rester devant et de lui montrer le chemin avant une lame tendida. 

Le jeune tarasconnais se colloqua avec un Scamandre (Olivier Riboulet)  manquant de race et de classe et qui s’agenouilla plusieurs fois et avec lequel il eut du mal a garder le sitio, se faisant même accrocher severement mais sans mal. Il en termina d’une belle estocade en s’engageant. Tristan conclut cette becerrada avec un Piedras Rojas (Patrick Laugier) de bon son surtout à droite et qui le prit spectaculairement et violemment par excès de confiance en cours d’un trasteo qui culmina sur le cote droit et conclut d’une media lagartija suffisante. 

Remise du prix « Embestida » au meilleur éral à Malandrin N°75 d’Hubert Yonnet, le prix du meilleur novillero a été décerné à Solalito. Le trophée « Pundonor » a été remis au docteur JY Bauchut 


 Rion des Landes 

 

Un temps radieux et une ambiance estivale régnaient ce dimanche pour cette matinée taurine organisée à Rion-des-Landes. Étaient au programme une novillada de Camino De Santiago bien présentée, pour Tibo Garcia (oreille et deux oreilles et la queue) et Juan Molas (oreille et oreille) ainsi qu'un toro écarté par Baptiste Bordes et autre sauté par Guillaume Vergonzeanne et Dominique Larie. 

Tibo Garcia, pour son retour dans le Sud-ouest était en charge d'ouvrir le spectacle face un toro sans trop de force de Jean-Louis Darre. Le torero nîmois reçu son opposant par de belles véroniques, concluent par une media au centre de la piste. Muleta en main il démontra très vite son grand professionnalisme et dessina des derechazos rythmés et profonds. Le novillo manque de classe et ne permet aucune passe sur la corne gauche. Tibo conclu avec finesse sa faena par des statuaires et tue d'une entière foudroyante après un pinchazo. Une oreille bien méritée lança la course. 

Juan Molas que l'on retrouvait après sa très bonne prestation dacquoise, lidia lui aussi son premier novillo par de douces véroniques. Il le mena par deux fois jusqu'au cheval, qui s'employa longuement sous le fer, allant même jusqu'à renverser la cavalerie. Molas débuta le dernier tiers avec goût, enchaînant de bons muletazos par le bas. Une fois au centre, le dacquois proposa à l’assistance de jolies séries sur les deux cornes, profitant de la bonne collaboration du novillo. Les remates sont eux aussi de grande qualité et dispensés avec beaucoup de toreria. Une entière bien en place, après un pinchazo, lui permit d’obtenir lui aussi une oreille sensée. 

Par la suite, deux grandes prestations des acteurs landais, face à deux toros de l’éleveur Guillaume Bats, contribuèrent à la très belle réussite du spectacle. 

Après un tour d’honneur des écarteurs et sauteurs, Tibo Garcia retrouvait la piste pour frapper un grand coup. Dès la sortie du cinquième novillo, le jeune novillero démontra alegria et ganas. Le cornu qui sera peu piqué, démontra lui classe et promptitude dans les embestidas. La faena monta en puissance pour atteindre des moments de grande tauromachie. Le torero de Nîmes fait preuve de classe, il toréait avec beaucoup de douceur, d’élégance et d’intelligence. Le novillo répète, Garcia délivre deux séries droitières d’une précision d’orfèvre qui font rugir le public. La main gauche est également fluide et profonde. Alors que le pensionnaire des terres gersoises fini par chercher légèrement les planches, Tibo l’invite à regagner le centre pour conclure sa faena d’une dernière très grande série à droite. Au moment de lever l’épée, plusieurs spectateurs demandent la grâce, que le ganadero refuse aussitôt. Une fois ce moment d’incertitude écarté, le novillero arme à nouveau l’acier pour délivrer une grande estocade à l’effet imminent. Deux oreilles sont accordées d’autorité et la très forte pétition du public obligea même le président à octroyer le rabo. Un grand coup frappé par Tibo Garcia qui a su sublimer ce novillo de vuelta. 

Pour terminer la novillada, Juan Molas fît parler sa fraîcheur au capote en délivrant un quite par lopesinas. Il accompagna subtilement ce dernier novillo qui, s’il ne possédait pas de défaut majeur, n’humilia pas vraiment. Cas cela ne tienne, le dacquois possède de la personnalité lui aussi et il ne s’est pas privé de le démontrer. Une nouvelle bonne oreille lui sera accordé après deux essais à l’épée, ce qui lui permît de sortir a hombros aux côté de son compagnon de cartel. 

Une très belle matinée donc, où deux novilleros au concept différent que l’on espère revoir en 2019, ont pu pleinement s’exprimer face un bon lot de Jean-Louis Darré dans son ensemble.


 Mont de Marsan : Stéphane Fernandez Meca 

régale avec une bonne vache du Lartet 

 

La féria d’Automne de Mont de Marsan, en hommage à Victorino Martin a débuté vendredi soir par une fiesta Campera. Face à du détail du Sud Ouest, les aficionados qui ne garnissaient pas assez les gradins malgré le cartel, ont passé une agréable soirée. La jeunesse était mélangée aux vétérans et expérimentés, ce qui donna une belle diversité.

Tristan Barroso de l’école taurine d’Adour Aficion lidia en premier une vache d’Alma Serena. Il toréa avec douceur et montra de l’élégance dans ses muletazos face à une vache noble et suave mais juste de force. Solalito, invité de dernière minute affronta une noble et intéressante vache de La Espera qui alla à quatre reprises au cheval sans s’investir totalement mais qui montra par la suite une grande corne gauche, et ne cessa d’aller a mas. Solalito en profita pour lier des séries profondes mais tout en gardant ses distances. Jean Larroquette livra par la suite de belles naturelles avec temple. Cristina Sanchez, attendue par le public resta d’abord prudente face à une imposante vache d’Alma Serena mais faible. Elle trouva petit à petit la bonne distance, ce qui lui permit de prendre un peu plus confiance en fin de faena. Stéphane Fernandez Meca a séduit et fut le plus en vue de la soirée grâce notamment à une grande vache du Lartet de Paul, Jérôme et Mathilde Bonnet. Brave à la pique en accélérant avant le contact au cheval, elle montra par la suite de la caste. Meca lui proposa une muleta autoritaire et guida ses charges avec domination. La faena fut très entretenue. Ovation pour le torero et le ganadero. Yon Lamothe (ovation) affronta lui un eral d’Alma Serena, violent et manso, qui se défendit durant tout le combat et avec une attirance pour les tablas. Le tarusate fut appliqué mais échoua avec les armes. Dorian Canton (1 oreille) reçut le novillo du Lartet avec douceur et précision. Violent au cheval lors de deux rencontres, le novillo montra moins de qualités que sa sœur et demanda les papiers. Le béarnais ne démérita pas, reçut une voltereta sans gravité avant de conclure en deux temps. 

 Oreille et blessure d’Emilio de Justo face à de durs Victorino 

 

Pour la dernière corrida de la temporada française, la féria d’automne de Mont de Marsan rendait hommage à Victorino Martin père, décédé l’an passé à 88ans. Cette journée particulière le fut d’autant plus pour Emilio de Justo. Il eut la tristesse d’apprendre tôt le matin le décès de son père et prit la décision de toréer en sa mémoire. Durant sa faena, il reçut un coup de corne de deux trajectoires de 8 et 13cm à la cuisse gauche. Le temps estival a incité les aficionados réticents à garnir à plus de ¾ les gradins. Un succès pour les organisateurs pour une après midi avec de l’émotion. Avant le paseo, Christophe Andiné fut en charge de rendre hommage à Victorino Martin avec la présence de José Luis Palomar et Francisco Ruiz Miguel. Luis Francisco Espla, n’ayant pas pu venir, le trio de la corrida du siècle de Madrid n’a donc été que partiellement réuni. Malgré un problème sonore, une partie du public fut irrespectueuse en discutant et en n’écoutant pas le discours. Un manque de respect. Une minute de silence fut respectée ensuite à la mémoire du père d’Emilio. 

- Luis Bolivar (bleu ciel et or) silence, silence après avis et silence 

- Emilio de Justo (bleu roi et or) oreille avec blessure 

- Juan Leal (violette et or) vuelta après avis et silence après 2 avis 

Après ce moment d’émotion, les écarteurs landais Baptiste Bordes et Thomas Marty avec le sauteur Fabien Napias ont mis le feu aux arènes en affrontant un toro de Jalabert très mobile. Deux écarts pour Baptiste, plus un troisième près des tablas, deux écarts pour Thomas Marty dont le meilleur de la tarde et deux sauts pour Fabien Napias. 

Les toros de Victorino Martin, de présentation variée, furent dans l’ensemble compliqués et exigeants, discrets au premier tiers. Intéressants les trois premiers. 

Luis Bolivar fut quelque peu décevant. Le premier toro fut très tardo pour s’élancer à la cavalerie où il ne s’y employa pas. Exigeant sur la corne droite, il obligea le colombien à lui servir des séries courtes mais sans parvenir à le dominer. A gauche, le toro fut dangereux, sans possibilité de passe. Son second sortit avec du gaz, tapant fortement le burladero sans conséquence. Il fut quelconque au cheval. Bolivar fut discret face à un adversaire noblon mais fade, il fut trop distant et fit durer sa faena sans grand intérêt. Face à l’ultime, qui le mit en difficulté avant de tenter de rejoindre le callejon sans y parvenir, il fut appliqué mais fade, toréant trop avec le bout de la muleta en se mettant en plus en danger. Le toro fut réservé mais ne fut pas totalement exploité. 

Emilio de Justo serait sans doute sorti en triomphe des arènes sans cette cornada. « Mocito » numéro 104 sortit avec du gaz et fut bien reçut par un Emilio décidé. Après un bon tercio de banderilles d’Angel Gomez et de José Manuel Valcarce, Emilio brinda sa faena au ciel avec beaucoup d’émotion. Il débuta par le bas avec autorité et domination. Sur la corne droite, les muletazos sont donnés avec un grand temple et de la profondeur, il ralentit la charge en tutoyant les anges, une pureté si rare, sans tricher. Mais le toro est un Victorino, dès qu’il prit la corne gauche, il lui infligea une cornada. Après un passage à l’infirmerie, il revient en piste avec de fortes douleurs, pour donner une dernière série à droite encore plus exceptionnelle que les précédentes et conclut en deux temps avant de repartir à l’infirmerie puis à l’hôpital de Mont de Marsan. Sa cuadrilla lui porta l’oreille méritée. 

Juan Leal amena au centre le très exigeant et superbement armé toro « Bohonero » qui donna du fil à retordre à la cuadrilla. Très exigeant, il possédait beaucoup d’émotion dans ses charges. Juan Leal fut appliqué et lui donna les passes une à une mais sans transmette d’émotion. Il aurait peut être été préférable d’aller au combat avec une muleta autoritaire et en avant. Le cinquième ne se livra pas, ni à la pique ni au dernier tiers. Juan Leal fut discret et fit trop durer sa faena avant de sécher avec les armes. 

Vuelta a los toros pour Toreria 


 Boujan : Feria des Vendanges 

 

Becerrada du 1er septembre avec quatre becerros de R. Margé de comportement très variés, Anaïs et Gualterio coupent une oreille symbolique tout comme Fabien Castellani de l’Ecole Taurine d’Arles tandis que pour sa première becerrada Lenny coupe deux oreilles symboliques. 

Festejo Matinal. Quatre novillos de Robert Marge pour
-Jeremi Banty, oreille
-Diego San Román, oreille avec pétition de la seconde
-Lucas Miñana, oreille
-Clemente Jaomes, oreille. 

M. Savalli a hombros 

 

Quatre toros des Frères Gallon, nobles mais manquants de forces, d’un peu plus de tenue le 3eme, que Mehdi piqua lui-même.
Mehdi Savalli, (costume goyesque blanc et noir) Salut, silence, deux oreilles et salut 

Belle demi-entrée sur les gradins pour le 1er solo et dernier de Mehdi Savalli qui annonça quelques jours après cette corrida qu’il troquerait en 2019 l’habit de lumières pour celui de plata… 

Mehdi put, dans ces conditions, se mettre le plus en évidence à la cape et aux banderilles face à ses quatre toros, offrant un quite à Jérémy Banti son sobresaliente. Il offrit un toreo doux et posé face à un type de bétail qu’il a peu rencontré et qui plus est, très juste de forces. Ainsi furent ses faenas aux 1er et 4°, le second trop faible ne lui permit rien, C’est avec le 3° que l’arlésien put faire étalage de son bagage complet aux trois tercios, alignant à la muleta, quelques superbes series des deux mains…. 


Bellegarde : Le 2eme Trophée S. Castella pour Tristan 

 

Le second Trophée Sébastien Castella organisé par «Bellegarde, passions, traditions» sous le parrainage du maestro biterrois a été attribué au jeune tarasconnais qui a coupé trois oreilles avec décision et engagement, les deux du cinquième après une sévère cogida qui ne l’empêchera pas d’aller au bout de sa faena, devant le nîmois Solalito, qui distilla de superbes séquences torera, coupant une oreille à son second, l’épée lui en faisant perdre une à son premier, quant au sévillan Pablo Paez, il n’a pas trouvé matière à convaincre. Satisfait du résultat de 2017, les organisateurs avaient à nouveau fait confiance aux becerros de la ganaderia de La Paluna, propriété de Vincent Fare, pour un lot bien présenté qui débutera bien avec les premiers, le 3° étant même crédité d’une vuelta posthume asez surprenante, les autres affichant  certaines complications. 

-Pablo Paez (rose et or) Salut après avis et salut après avis 

-Solal Calmet « Solalito » (bleu ciel et or) Salut après avis et oreille après avis 

-Tristan Espigue (framboise et or) Oreille et deux oreilles 

Soleil et vent intermittent, 2/3 d’arenes 

Vuelta posthume au 3eme novillo N° 103. Le trophée fut remis à Tristán par l’avant-centre du Nîmes Olympique Renaud Ripart et Raphaël Coulomb.
Pablo Paez realisera le meilleur de son actuaccion face au 1er, surtout de la gauche avant que l’intensité de la faena baisse un peu et que surtout il ne faille avec l’épée, perdant un possible trophée. Il reçut son second par larga de rodillas avant qu’au moment du brindis, le becerro ne se faufile dans le callejon. Fuyard et distrait, le sévillan n’eut d’autre recours que de le toreer en tablas avant à nouveau de secher les armes à la main… 

Jolie réception par Solalito du second eral qu’il banderilla fort bien après un bel échange de quite avec Tristan. Noble, le Fare, permit au jeune nîmois de réaliser une belle faena sur les deux bords, l’épée le privant au moins d’une récompense. 

Avec le 5°, on eut droit à un joli quite al alimon par les deux français, Solalito banderillant à nouveau. De bonne tenue, le becerro s’avéra fade et juste de forces, ce que le protégé de D Loré et S. Almeras fit oublier en grande partie. 

Tristán herita d’abord du meilleur de l’encierro, noble et mobile, qu’il cita de loin pour l’embarquer pour de vibrantes séries, supérieures à gauche. Faena primée d’une seule oreille que beaucoup aurait aimé voir double…. Après l’octroi surprise d’un vuelta au novillo, l'élève de "Rhône Aficion" en fit lui deux. Il reçut le dernier d’une larga de rodillas avant de recevoir un énorme bouchon qui le mit KO, ce qui ne l’empêcha pas de revenir décidé face à un adversaire mobile, encasté et exigeant qu’il sut parfaitement canaliser au cours d’une faena entretenue et bien rematée avec l’épée. 


 Saint Perdon : Dorian Canton sort en triomphe 

d’une novillada concours entretenue 

 

Après deux éditions décevantes, la peña La Muleta de Saint Perdon avait mis les ingrédients nécessaires pour retrouver le succès. La présentation des novillos était impeccable, le beau temps a accompagné cette après midi taurine, les aficionados attendaient avec impatiente certaines ganaderias très peu vue ou plus vue comme Barcial ou les coquillas de Sanchez Fabres. A la demande des organisateurs, un seul peon de brega fut en piste avec le maestro pour les tercios de piques. Une novillada concours présentant des encastes différents qui a laissé voir des novillos différents du point de vue physique et moral, ce qui a donné un intérêt supplémentaire. 1/3 d’arène environ.

  urtant tout avait mal commencé avec le premier novillo de Barcial, tant attendu par le public mais qui ne dura pas longtemps. Après avoir glissé et planté légèrement la corne dans le sol, il sembla se casser des vertèbres et paralysé, il dut être puntillé en piste. Le sobrero, un novillo de Sanchez Fabres fut lidié en quatrième position et fut hors concours.

-Angel Jimenez (malabar et or) silence et 3 avis 

-Angel Tellez (bleu celeste et or) silence après avis et oreille 

-Dorian Canton (bleu et or) oreille et oreille 

1- le novillo de Flor de Jara fut reçut par véroniques et alla à trois reprises à la cavalerie. Il s’employa à sa première rencontre avec puissance mais fut très tardo sur les deux suivantes, où il dut être replacé. Il s’employa peu par la suite mais fut néanmoins encasté. Jimenez débuta bien sa faena par le bas pour soumettre son adversaire. Il fut irrégulier et ne parvenant pas à résoudre les problèmes face à un Santa Coloma encasté mais qui alla a menos. Ovation au toro et silence pour le torero. 

2- le novillo de Puerto de San Lorenzo fut compliqué à fixer, comme souvent avec les toros issues de l’encaste Atanasio Fernandez. Trois rencontres avec la cavalerie poussant sa première rencontre mais moins les suivantes. Distrait Angel Tellez eut du mal à le placer et lui donna beaucoup de capotazos. Angel Tellez fut irrégulier et sa faena manqua de liaison face à un adversaire montrant de la race. Il servit quelques naturelles de belles factures mais de façon isolée et sans dominer. Palmas au novillo et silence. 

3- le novillo d’Antonio San Roman fut accueillit d’une larga de rodillas par Dorian Canton puis ajusta de belles véroniques templées au centre de la piste. Deux seules rencontres avec le groupe équestre sans s’employer et gardant la tête haute. Bon tercio de banderilles d’El Santo et Miguelito qui saluèrent. Le béarnais débuta au centre par cambiadas puis livra une faena courte mais templées avec relâchement profitant de la noblesse de son adversaire. Il fut dominateur et conclut d’une entière efficace. Palmas au novillo et une oreille méritée.

4- le sobrero de Sanchez Fabres fut très bien présenté, il alla à deux reprises au cheval où il fut mal piqué et ne s’employa pas. Le coquilla est distrait et se montra compliqué dans la muleta pourtant autoritaire de Jimenez mais qui ne parvint pas à le soumettre. Il ne s’engagea pas avec l’épée où il pincha à plusieurs reprises et écouta les trois avis avec impuissance. 

5- Le Ventana del Puerto d’encaste Aldeanueva, fut bien reçut par véroniques de Tellez. Il alla à deux reprises à la cavalerie sans se faire prier mais sans pousser sur la seconde. Angel Tellez ne profita pas totalement de la noblesse de son adversaire. Il fut, une nouvelle fois, irrégulier, toréant beaucoup sur bâbord mais sa faena manqua de liaison. Ses naturelles sont templées et profondes mais isolées. Epée en place et 1 oreille. Palmas au novillo. 

6- le coquilla de Sanchez Fabres fut violent dans la cape de Dorian qui l’amena au centre avec sérénité. Spectaculaire au premier tiers, le coquilla renversa la cavalerie après une forte poussée, poussa la seconde avec plus de violence que de bravoure et sortit seul en fuyant à la troisième et poussa la quatrième avec force. Il fut tardo et ne s’élança pas de loin. Il fut très bien piqué par Jean Loup Aillet qui reçut une forte ovation. Ce novillo déborda de caste. Bon tercio de banderilles de Mathieu Guillon et Miguelito. Dorian Canton ne démérita pas, fut combatif et s’employa face à un novillo manso con mucha casta, compliqué et incertain, chargeant la tête haute dans la muleta mais qui transmettait beaucoup d’émotion tout au long du combat. Le béarnais pincha et logea une épée peu orthodoxe qui aurait pu le priver du triomphe mais il put compter sur son public qui le soutient. Oreille et forte pétition de vuelta pour le novillo qui fut, il me semble, logiquement refusée. 

Une tarde entretenue mais sans vainqueur. Encore le paradoxe de la tauromachie. Il faudra sans doute continuer à compter sur les coquillas de Sanchez Fabres à l’avenir, alors qu’il y a quelques temps, cette ganaderia devait disparaître.

 

Vuelta à los toros pour toreria