Lundi après midi, enfin le soleil… 

 

Devant 4/5 de plaza, 5 toros d’Alcurrucen et 1 de Lozano Hermanos (second fer de la famille Lozano) de belle présentation, très armés et d’une grande exigence pour les toreros. Certains donnant quelques signes de manso qui disparurent en cours de lidia. Journée importante pour Manolo Vanegas qui passait son doctorat. A l’issue du paséo une minute d’applaudissements en mémoire de Philippe Cuillé qui avant sa disparition en début d’année apodérait avec Didier Cabanis le jeune vénézuélien. 

-CurroDiaz – rose pompadour et or – 1 oreille et silence 

-Juan Bautista – argile d’Aubagne et or – 1 oreille après avis et salut au tiers 

-Manolo Vanegas – bleu de France et or – 1 oreille et vuelta après avis 

Manolo Vanegas accueille le 1er toro qui vient mollement dans le capote et reçoit trois piques mais sort seul. Après la cérémonie d’investiture début de faena au centre de la piste. Plusieurs séries à droite car à gauche l’animal colle et freine dans le drap. Le Vénézuélien nous prouve sa connaissance technique et s’impose sur le toro. Une entière très engagée lui permet de couper sa 1ère oreille de matador. Son second, le 6ème de la tarde sort des chiqueros avec l’arrière train ankylosé. Cette infirmité disparaîtra en cours de lidia. Il reçoit quatre piques rapides en sortant seul du caparaçon. Sa faena prouve une fois de plus ses connaissances techniques. Sur les deux rives les passes s’enchaînent avec une grande maîtrise. Une mort en deux temps termine le travail. 

 Curro Diaz semble le plus mal servi au sorteo avec un 1er adversaire difficile à stabiliser. Difficile aussi la mise en suerte avec la cavalerie. Une faena principalement droitière un peu laborieuse ou le toro s’éteint et ne s’investit pas. Une entière caïda mais sin puntilla conclut le travail. Son second répond bien dans la cape mais a une tendance à fuir. Après deux rencontres avec la cavalerie l’animal qui donne de violents coups de tête, ne permet pas au torero de Linares de s’investir et la faena droitière est rapidement abrégée. Un pinchazo, une entière et silence. 

Juan Bautista actuellement en pleine maturité arrivait de son encerrona de Nîmes. Il reçoit le 3ème par des véroniques très élégantes. Après trois charges sur le cheval la faena est débutée par doblones. Avec beaucoup de quiétude devant un adversaire violent il impose son rythme. De belles séries à droite et surtout des naturelles profondes qui enchantes les gradins. Un pinchazo par recibir et un autre recibir pour une entière un peu basse mais efficace. L’oreille tombe naturellement du palco. Le 5ème du fer de Lozano hermanos reçoit très peu de capotazos. Trois rencontres avec le lancier mais il se défend plus qu’il ne combat en faisant tinter les étriers. L’arlésien entame sa faena au centre de la piste en citant de loin. Il impose vite son autorité et tire des passes à un adversaire donnant de nombreux coups de tête surtout à gauche. Mort en trois temps mais le difficile public Vicois est conquis. Salut au tiers. 

A noter : Le toro d’alternative se nommait « Cumbre - Alta » . Colorado bragado meano né en décembre 2011. Et pour l’anecdote le président bras en l’air avec le mouchoir blanc tentant d’expliquer au public qu’il faut agiter un mouchoir au lieu de crier et siffler pour réclamer l’oreille !!!! 

 

Roberto El sobresaliente, fotos Vuelta a los toros pour Toreria


 Vic : Mouais, bof … 

 

-Alberto Aguilar (manzana et or) : sifflets et silence.
-Emilio de Justo (cardinal et or) : oreille et oreille.
-Ruben Pinar (lie de vin et or) : ovation et salut et silence. 
Sous une pluie incessante sortirent en piste six toros de Palha plutôt décevants tant par leur présentation, légers et justes de cornes, que par leur comportement limite soso et fade.
Même s’il prit trois piques, le premier Palha ne brilla guère au cours du premier tercio, et fut discret au troisième. Alberto Aguilar n’y était pas, on ne retiendra de son actuacion qu’une série de naturelles, et on essayera d’effacer à jamais de nos mémoires son atroce prestation à l’épée.  Avec le quatrième, ce fut à peu près le même scénario, trois piques avec toutefois
un peu plus de conviction, et une faena sans transmission.
Après quatre rencontres avec la cavalerie Bonijol, le 2nd Palha arriva dans l’étoffe d’Emilio de Justo pour une faena au cours de laquelle il s’efforça avec sincérité d’enchainer les séries des deux bords. Pinchazo. Estoconazo délivrant l’oreille.
Avec son deuxième opposant il alterne temple et passes enganchées, se faisant notamment désarmé à deux reprises. Entière caïda mais oreille accordée par le palco de la tarde. La Puerta Grande de Vic était plus habituée par le passé à être traversée par des gladiateurs, autre temps, autre moeurs …
Pas grand chose à reprocher au troisième Palha et à Ruben Pinar : chacun fit son job, le premier prit quatre piques et le second lui administra une faena technique mais dans les deux cas sans aucune transmission. Pinchazo. Entière verticale. Descabello.
Seul le dernier Palha se comporta en brave lors du premier tercio, en poussant et venant de loin ; ce qui sortit de leur torpeur les aficionados trempés. Le toro et sa faena iront a menos, Ruben se laissant même déborder.
3/4 d’arène, pluie sans discontinuer. Saluts du Picador Agustin Moreno et du banderillero Miguel Angel Odero. Avis de recherche : qui a demandé au mayoral de Palha de saluer en piste ?
 


 Vic : Ambiance à la concours ! 

 

-Domingo López Chaves (fuchsia et or) : deux vueltas al ruedo et saluts.
-Morenito de Aranda (truite fumée et or) : double silence
-Michelito Lagravere (bonbon et or) : silence et sifflets 
La redevenue traditionnelle corrida concours de Vic était très attendue d’autant que le temps s’annonçait plus clément que la veille.

Le toro d’ouverture, un Miura bien dans le type, long comme un train et haut comme un bourladero donna du fil à retordre à Domingo Lopez Chaves.
Le toro prit quatre piques dans le respect des règles d’une concours. La bravoure du toro de Zahariche brilla surtout lors de la longue première rencontre. Lors de sa faena brindée au public, DLP profita avec maestria du fond de noblesse de ce sardo, avant que le caractère et les intentions de celui-ci ne se dégradent. La faena se termina en véritable combat durant lequel le maestro de Ledesma puisa dans son expérience et son bagage technique. Une épée entière, caidita et d’effet rapide deviendra alors l’objet de la discorde. Malgré une pétition majoritaire, l’aturin Marc Hamestoy, refusa d’accorder l’oreille. La démocratie populaire se trouvant bafouée le public prit alors en grippe le Président et hua chacune de ses interventions au micro pour présenter le toro et le picador qui allait officier.
Lopez Chaves croisa ensuite sur la route de cette corrida concours le seul toro portugais de la course : un impressionnant Oliveira Irmaos. Ce dernier fut manso et fuyard, il faudra alors toute l’intelligence de DLP afin que le premier tiers puisse se dérouler. Il n’hésita pas à faire changer de terrain le picador, le positionnant contre la porte du toril. Domingo se jeta encore une fois dans la bataille et arracha quelques valeureux muletazos. Entière
 DLP s’illustra comme à son habitude dans son rôle de chef de lidia tout au long de la matinée.
Le Valverde de bonne présentation, resta discret lors de ses trois rencontres avec la cavalerie. Tardo et de peu de charge, ce toro ne fut guère intéressé par la muleta de Morenito de Aranda qui l’expédia ad patrem d’un bajonazo. Descabello.
Le Valdellan bien dans le type de la ganaderia prit quatre piques mais sans jamais s’investir et convaincre. Morenito se mit d’entrée de fanea aux abonnés absents, raccourcissant la distance à un toro qui ne demandait qu’à partir de loin. Dommage, le Valdellan restera inédit. Deux bajonazos.
En troisième position sorti un Cuadri plutôt commode et sans grand intérêt, et qui ne fut pas arrangé par deux fortes piques administrées au milieu du dos. Faena brindée à son père. No passa nada con la muleta de Michelito.
En dernière position sorti le ‘’Dieu Toro’’ celui que tous les aficionados recherchent, que tous les toreros rêvent de rencontrer. Ce toro de Los Manos est une estampe et dès sa sortie il prit le commandement des opérations. Par QUATRE fois du bout de la piste il vint, galopant, se jeter et pousser sous le fer de Gabin Réhabi. Michelito débordé et emporté par le flot de caste du Manos dut passer un très mauvais moment, ne pouvant et ne sachant que faire. Le Manos restera lui aussi inédit au troisième tiers, ce qui laisse dire que la vuelta al ruedo accordée par la présidence est encore une décision contestable. Quant à Michelito, le très jeune torero franco-mexicain n’était ce pas une erreur de casting ?
Casi lleno. Pluie éparse. Saluts du banderillero Felipe Pena. 21 piques. Les prix attribués lors de cette corrida concours seront connus ultérieurement après dépouillement des votes du public.


 Pentecotavic : une pluie de piques ! 

 

-Mario Palacios (lucques et or) : silence après deux avis. 

-Miguel Ángel Pacheco (pop corn et or) : vuelta al ruedo après pétition 

 

La journée débuta sous les meilleurs auspices avec la sortie en piste de deux Raso de Portillo sérieux de présentation, braves au cheval  et exigeants à la muleta, mais malheureusement pas sous la meilleure des météos. 

Le premier novillo se fit d’entrée remarquer en venant par trois fois dans le peto où il poussa en brave, en mettant les reins sous le fer de Gabin Rehabi. Un premier tercio magistral, comme Vic les aime. Le Raso demanda les papiers à Mario Palacio et le mit sur le reculoir tout au long de la faena. Manque d’engagement avec l’épée : deux pinchazos, une entière, six descabellos. 

Sorti alors dans le ruedo le patron : un novillo à la tête haute qui s’installa au centre de la piste d’où il toisa son monde. Il provoqua un batacazo lors de la première pique, et reviendra allégrement par deux fois se mesurer au cheval de la cavalerie Bonijol. Alors que la pluie redoublait et que le ruedo ressemblait à Verdun, Pacheco partit courageusement au combat. Il enchaina en début de faena de valeureuses séries ambidextres, avant que le Raso ne le pousse à la rupture, mais tel le roseau dans ce marécage gersois, il n’a pas rompu. Entière caidita. La Présidence un peu sévère priva Pacheco d’une oreille qu’il n’aurait pas volée.  

La piste, véritable bourbier, étant devenue impraticable et dangereuse, la novillada fut suspendue. Les aficionados sortirent ravis de ce qu’ils avaient vu, déçus d’être privés de dessert, mais rassurés pour la vie des hommes en piste. 

Nous reverrons avec plaisir ces 2 valeureux novilleros à Parentis en août. ¼ d’arène Pluie incessante.

 Por la tarde, les Dolores Aguirre… 

 

-Paulita (malabar et or) : double silence 

-Octavio Chacón (étain et or) : oreille et salut au tiers 

-Alberto Lamelas (nacre et or) : salut au tiers et silence 

 

Après la fameuse novillada de septembre dernier, les pupilles de Dolores Aguirre étaient très attendus par l’aficion. De bonne présentation, sans être des monstres, trois d’entre eux se firent remarquer (2,3,5) braves au cheval et toreables à la muleta, sans oublier l’ultime manso de la casa. Un lot pour aficionados vicois. 

Paulita n’était vraisemblablement pas remis de sa blessure de début de semaine lors d’une tienta à Azpeitia. Argelon pris ses trois piques règlementaires ici mais sans grande bravoure. Par la suite il ne se livra pas et Paulita resta en retrait, la mayonnaise ne prit pas. Bajonazo expéditif. 

Ce ne fut guère mieux avec le quatrième, Carafea. Idem 3 piques. Il y eu un manque flagrant de motivation de la part des deux opposants : l’ennui s’installa sur les tendidos. Demi 

Pour sa présentation à Vic, Octavio Chacon, après ses honorables prestations dans le Sud Est (Saint Martin de Crau et Alès) aura marqué les esprits de ce côté-ci. Le buraco fut l’acteur d’un grand tercio de piques : très brave sous le fer d’Esquivel lors de la première rencontre, il y revint de loin à trois reprises, sans toutefois s’y employer autant. Musique à la sortie du picador. Malheureusement le Dolores laissa pas mal de force dans la bataille. Octavio Chacon brinda sa faena au ‘’Dieu vicois’’ el maestro Ruiz Miguel. Le Dolores est cité de loin et se jette dans la muleta de Chacon, mais peu à peu, il réduit sa charge. Entière. Vuelta al ruedo un peu généreuse. 

Le quinto contesté à sa sortie pour boiterie, ne vint ‘’que’’ deux fois pousser dans le caparaçon. Chacon réalisa de bonnes séries de naturelles. Difficultés aux aciers. Trois pinchazos. Entière 

Alberto Lamelas accueillit Carafea II par une larga de rodilla où il manqua de peu de se faire arracher la tête. Ce fut encore un tercio de piques mouvementé avec un batacazo lors de la première des deux rencontres. Lamelas profita ensuite du fond de noblesse et de la mobilité de son Dolores en enchainant de valeureuses séries, et clôturant même par des naturelles de qualité ! Défaillance à l’épée. 

L’ultime, un manso comme Lamelas en a déjà croisé sur son chemin … Après trois rencontres au cheval, le Dolores est violent, Alberto part au combat. Un registre dans lequel il excelle : arrachant les passes, et volant de courtes séries à Pitillito. Le maestro manqua totalement d’engagement au moment suprême ce qui le priva d’un trophée qui lui était acquis. 

8/10 d’arène Temps breton, journée très plaisante pour les aficionados a los toros. Les areneros sont à féliciter pour la remise en état de la piste. 

 

Textes Vicente, Photos www.photoslouise2z.com