Un superbe final 

 

Grâce entre autre à l’excellent lot envoyé par Borja Domecq, les quatre premiers du fer de Jandilla, les deux derniers de celui de Vegahermosa et aussi par la qualité du toreo des trois matadors à l’affiche, José Garrido se détachant du lot mais David Mora et Paco Ureña distillant de superbes séquences de toreria pour le plus grand plaisir de tous…. Le maniement parfois défectueux des armes a limité l’octroi de récompenses, coté torero. Une fête donc que ce final mais en partie gâchée par l’indulto du sixième, « Pañero », un excellent toro certes, mais quand même… Nîmes ne devrait pas concurrencer Estepona ou Puerto Banus de ce coté là…. Bronca énorme et répétitive au palco pour cette décision dont souffrit indirectement J. Garrido…. 

Quatre toros de Jandilla et deux de Vegahermosa (5° et 6°), bien présentés, de bons principes en tout, surtout coté noblesse. Les deux premiers, surtout celui d’ouverture, s’avérant fades et platoniques 

-David Mora (mauve et or) Salut et oreille 

-Paco Ureña (vert fougère et or) Oreille après avis et salut après avis 

-José Garrido (praliné et or) Salut après avis et deux oreilles symboliques. 

Pst F. Pastor, soleil et nuages, 1/3 d’arenes, indulto du 6° « Pañero », N°42 de Vegahermosa, saluts des banderilleros Manuel Larios aux 3° et 6° et Jonás Truchado au 4°…. 

Deux rencontres sans forces ni reliefs pour le toro d’ouverture, comme sa noblesse d’ailleurs. David Mora lui servit une faena allurée et esthétique sur les deux bords mais sans échos. Entière au 2° envoi. Mansito et quelque peu fuyard, le 4° se laissera aller dans la muleta relâchée et efficace du madrilène qui alignera des enchainements stylisés du meilleur effet surtout à droite, réduisant les distances en fin de parcours avant de loger une entière efficace. 

A par la hampe qui se brise, pas grand-chose à retenir des deux rencontres équines du second qui affichera par la suite une noblesse pour le moins insipide. J Garrido réveillera le conclave au quite avant que progressivement et en douceur, P Ureña ne fasse grimper l’intérêt de sa faena par son toreo classique et épuré, finissant d’excellente manière à gauche, le Jandilla s’améliorant à ce jeu. Le tout primé d’une oreille…. Le torero de Lorca, perdra au moins une sortie à hombros à cause de l’épée à l’issue d’un trasteo supérieur, surtout à droite, face à l’excellent 5eme ovationné à l’arrastre. Agressif, au bon sens du terme et mobile avec classe, « Meditator » se mariera très bien au toreo « madrilène » de Paco Ureña, dominant son sujet jusqu’au bout… sauf avec les aciers, pourtant portés avec sincérité… 

J. Garrido se montra décidé et supérieur d’entrée avec les veroniques de la feria, pour recevoir un toro vif qui ira deux fois de belles manières au cheval… Il entame sa faena à genoux au centre de la piste, enchainant par des séries enlevées et vibrantes sur la corne droite, l’autre bord s’avérant plus réservé, voire avisé. Son bel ouvrage se finira avec des molinetes à genoux avant de perdre tout espoir de trophée avec l’épée.. 

Le sixième entrera deux fois dans la cavalerie mais sans s’y éterniser et Garrido entamera son faenon par huit statuaires enchainées et immobiles avant de tomber la main et profiter des grandes qualités de son opposant pour construire une faena, brindée à Borja Domecq, tres torera et personnalisée sur les deux cornes de « Pañero ». Tout allait pour le mieux avec le final de cette corrida, la meilleure du cycle, quand un mouchoir orange à enrhumé toute une arène…. Trop de triomphalisme tue les triomphes... José Garrido vivant le sien au milieu d’une bronca sonore dirigée vers le palco… Dommage.


 A. Cartagena par la Porte des Consuls… 

 

Sept toros de Fermin Bohorquez, le 1er se tuant contre un burladero des sa sortie, casi lleno sous le soleil avec un vent leger
-Pablo Hermoso de Mendoza : Silence et deux oreilles
-Andy Cartagena : Deux oreilles et deux oreilles
-Léa Vicens : Oreille et vuelta
 

Andy Cartagena est sorti a hombros par la porte des Consuls, Pablo Hermoso de Mendoza, malgré ses deux oreilles, quitta lui les arènes à pied.

 


 Juan Bautista méritait mieux…. 

 

Certes il s’est offert une nouvelle Portes des Consuls et devant un public tout acquit à sa cause, mais son seul contre six méritait un meilleur environnement professionnel dans sa conception… La course est allée, coté toros, de mas à menos et avec des exemplaires, même si personne ne peut s’engager sur leurs comportement en piste, qui n’ont pas servi le torero arlésien, le pompom au Carmen Lorenzo qui avait même peur de son ombre !!!! Et deux furent même changés pour problèmes physiques. Juan Bautista se montrant à la hauteur du défi, essayant d’animer au mieux son encerrona tout au long des 3h15 que dura la course mais à l’impossible, nul n’est tenu. Enorme ovation à l’issue du paseillo pour l’arlésien habillé par Christian Lacroix…Huit toros de Pedraza de Yeltes (4° et 4°bis), Garcigrande (6° et 6°bis), La Quinta (1er), Parladé (2°), Jandilla (3°) et Carmen Lorenzo (5°) pour 

- Jean-Baptiste Jalabert « Juan Bautista » (rouge et azabache) Deux oreilles, salut, deux oreilles !! vuelta partagée avec son picador A. Sandoval, salut après avis, salut après avis et silence. 

Pst M. Plantier, ovation de gala avant la sortie du 1er toro, sobresalientes : M. A. Sanchez et Fernandez Pineda. 4/5 d’arènes, soleil et vent gênant sur la fin.  

Tout commença merveilleusement bien avec le toro de La Quinta tres économisé au cheval et banderillé à la sauvette mais qui afficha une noblesse et une classe qui permirent à Juan Bautista de construire une faena de catégorie avec de grandes séries surtout sur la corne droite… le tout rematé d’un beau recibir… Changement de décor avec le Parladé, bien mais légèrement piqué, noblote mais manquant de fond et de classe. Trasteo appliqué et efficace mais sans éclats forcement. Deux largas de rodillas et véronique à genoux pour accueillir le Jandilla mis en suerte par chicuelinas marchées avec une charge forte qui fit voltiger, Alberto Sandoval le piquero de turno, ovationné pour superbe seconde pique dans le sens long de la piste, avec musique et public debout… Juan Bautista le banderillera fort bien avant de bâtir une faena plus que meritoire devant un adversaire noble mais fade et avec un accompagnement soporifique…. C’est l’arlesien qui composa l’essentiel et de belle façon avant de tuer en deux episodes.. Changement du Pedraza de Yeltes par un Pedraza de Yeltes pour problèmes physiques un sobrero qui manqua d’un peu de tout, de bravoure, ignorant la cavalerie mise en place pour un tercio qui n’arriva pas, de noblesse et de race, court et violent à droite, JB l’améliorant sur la corne gauche. ¾ d’épée en place plus descabello. Manso de gala le Carmen Lorenzo sera un perpétuel fuyard que Juan Bautista arrivera au prix d’un gros effort, de courses et de maestria à conserver quelques fois dans sa muleta et lier des séries droitières allurées avant un bajonazo inhabituel chez lui… Le Garcigrande faible de patte sera changé pour un Garcigrande se défendant sur place par faiblesse et n’offrant aucune option de final de gala pour le torero qui abrégea….


 Confirmation de Javier Jiménez 

 

Et même s’il a touché le meilleur sorteo pour sa confirmation d’alternative, il a parfaitement sut l’exploiter, perdant au moins la Grande Porte à cause des épées, confirmant surtout son potentiel. A revoir avec grand plaisir. E. Ponce, moins bien servit afficha deux visages différents, devant un public acquit à sa cause. Quant à Roca Rey, il semble moralement un peu usé par le rythme des courses qu’on lui impose et les nombreuses blessures qui en ont résultées…. A Nîmes, il n’y avait que le Roca, pas le Rey mais avec peu d’option de succès de la par de ses adversaires. 

Six toros de Victoriano del Río bien présentés, formant un lot homogène, allant avec puissance, voire violence au cheval, compliqués etmanquants de fond au dernier tiers, meilleurs en tout les 1er et 5° 

-Enrique Ponce (rouge et or) Oreille ! après avis et silence 

-Javier Jiménez (blanc et or) Salut après avis et oreille après avis 

-Andres Roca Rey (vert et or) Silence après avis et silence 

Pst B. Enjolras, vent léger parfois gênant, 4/5 d’arènes. 

« Jocundo », le toro de la confirmation de J. Jiménez, révélera d’entrée ses qualités qui seront parfaitement captées par l’andalou, notamment sur un quite flamboyant… Deux piques légères mais bien prise avant de relever noblesse et classe dans la muleta du torero d’Espartinas qui construira une faena bien conçue sur les deux rives, avec plus de rondeurs sur la fin et une touche d’émotion avec une arrancada surprise…. Les épées en trois essais lui ôteront tout espoir de prix… Le 5° sera applaudit à sa seconde pique et montrera son potentiel au dernier tiers, J. Jiménez alternant de superbes séries droite et gauche avant un final rapproché, bien venu et conclut d’une entière à l’encuentro, longue d’effet et nécessitant l’usage du descabello.. 

Le public ovationna E Ponce à l’issue du paseillo, saluant en y invitant ses compañeros de cette matinale. Après avoir mis en porte à faux le piquero lors de sa seconde pique, il se révéla noble mais manquant de fond, pas de quoi inspirer le valencian qui, avec un peu de vent, joua un peu les chichis pom… Ponce avant de lier une superbe série droitière qui lança la musique et la faena qui se révéla très irrégulière et conclue d’une lame caida au deuxième essai. Violent et poussant par à-coups, le 4° conservera cette violence à la muleta avec un certain manque de forces, avisé à gauche ou il ne fallait jamais baisser la garde. Les Victoriano ne sont pas toujours un long… Rio tranquille. Ponce lui servira un trasteo adapté avant d’en finir de deux épées et d’un descabello. 

Rentrant fort et poussant au cheval, le 3° afficha une pointe de genio qui compliqua la tache de Roca Rey en mal de sitio, ne trouvant pas le rythme surtout à droite ou il s’engageait fort et se retournant comme un felin… Son second se montra à son avantage au cheval mais avec des problèmes physiques et un manque de fond dans la muleta du péruvien, peu affuté non plus en ce dimanche de Pentecôte…


 

Deux oreilles pour A. Lopez Simon, une pour El Juli… 

 

Bilan d’une corrida « humide », des trombes d’eau s’abattant sur Nîmes à la fin du 1er toro, jusqu’au 3°, la pluie se calmant ensuite pour s’arrêter au dernier. Si les plus beaux details de toreria sont à mettre à l’actif de Curro Diaz, la faena la plus aboutie restera celle d’El Juli à son 1er, A. Lopez Simon impactant lui plus au dernier, le meilleur toro de l’après-midi dont il aurait pu tirer un meilleur parti… Cinq toros de Domingo Hernandez et un de Garcigrande, le 5°, dans le type de la casa, bien presentés, ne se faisant pas prier pour aller au cheval, bien qu’economisés, affichant un bon fond de noblesse, souvent limité par un manque certain de forces, meilleurs les 2°, 3° et surtout le 6°…. 

- Curro Díaz (sangre et or) Silence et salut après avis 

-Julian Lopez Escobar “El Juli” (bleu cobalt et or) Oreille après avis et silence 

-Alberto López Simón (rouge et or) Oreille et oreille après deux avis. 

Pst L. Burgoa, 9/10 d’arènes juste avant l’orage…. 

A l’entrée du manso d’ouverture, le ciel devint noir…. Curro Diaz dessina quelques séquences très allurées à un toro tardo et sans recorrido avant que le deluge ne tombe du ciel… Face à un quatrième manquant de rythme au dernier tiers, le torero de Linares composa à nouveau une œuvre templée et relachée, de plus de profondeur à gauche en fin de parcours. La mise à mort en trois episodes lui ota tout espoir de récompenses. 

Le public qui était resté sur les etageres s’entrega avec El Juli qui le leur rendit bien. Son efficace muleta aspira les charges, surtout à droite, dans une faena enlevée qui connecta parfaitement sous la pluie dense, l’estocade en deux limitant les recompenses. Le madrilene herita ensuite du plus « compliqué » du lot, le Garcigrande, faible de surcroit, sans option de succés, il abregea 

A. Lopez Simon retrouva un peu de ses couleurs sur l’albero nîmois grace à un sorteo plutôt favorable qui lui permit d’afficher son toreo de proximité et osé qui porte sur le public. Face à son 1er aux forces limitées, le final encimista au fil des cornes, après une belle entame à genoux, passa bien, avec l’excellent dernier, si cela connecta avec les tendidos, une tauromachie plus soignée et aboutie aurait eu un tout autre retentissement. Ses enchainements serrés et ajustés ont maintenu l’intensité de sa faena, mais comme à son 1er, l’épée, plus efficace que sincere à limité l’impact au moment des récompenses.


 La 56° Cape d’Or pour Andy Younes 

 

Il a reçu son second trophée, décerné par la peña Antonio Ordoñez, de façon plutôt mitigée après avoir coupé les deux oreilles du 4° novillo, Alejandro Gardel, impactant lui avec un excellent novillo, le 3°, « Cebadilla », honoré d’une vuelta posthume. Carlos Ochoa, le plus mal servi certes, passant quant à lui, à coté de son sujet lors de cette novillada matinale. Six novillos de Zacarías Moreno, bien présentés dans l’ensemble, de bonnes conditions, bien qu’économisés au cheval, nobles mais manquant de forces, meilleurs les deux de pelage noir, les 3° et 4° 

- Andy Younes (tabac brun et or) Salut et deux oreilles !! 

-Carlos Ochoa (celeste et or) Salut !! après avis et silence 

- Alejandro Gardel (Bleu nuit d’orage et or) Oreille !! et silence. 

¼ d’arenes sous un ciel mitigé, pst Mr Tiberino, Salut des banderilleros d’A. Gardel au 6°…. 

Ouverture sur trois pattes, la main droite handicapant fortement le 1er novillo d’A. Younes qui essaiera de construire une faena adaptée avant de porter une lame en plein Sud-Ouest…. Superbe et variée réception du 4° avant une entame de faena enlevée par cambiadas et passes par le haut enchainées, l’arlésien profitant de la noblesse du « Moreno » pour le citer de loin et lier des séries fleuries avec des changements de main parfaits…. L’ensemble ira à mas sauf l’épée plutôt caida qui fit contester l’octroi du second pavillon et protester son prix… 

Le manque important de forces masquera le potentiel du second novillo, C. Ochoa arrivant à trouver le bon dosage sur une série avant de prolonger inutilement, le public l’invitant poliment à mettre un terme à ses ébats languissants…. Le 5°, juste de forces et de race ne donnera pas les moyens au madrilène de s’exprimer, celui-ci passant à coté de son sujet et insistant à nouveau plus que de raison… 

Le 3° fera rouler au sol le groupe équestre par deux fois, par bonnes poussées certes mais aussi en prenant la cavalerie par ses points faibles…. Il ira avec noblesse et classe boire la muleta d’Alejandro Gardel qui liera d’importantes séries, moins évidentes sur l’autre bord… Une glissade et le novillero et l’un de ses banderilleros se retrouvent à terre sous les cornes…. Le retour aux affaires sera effectif mais la manière un peu moins enluminée avant une conclusion par un bajonazo d’école… Fade et faible le dernier ne permettra pas le desquite pour A. Gardel qui conclura d’une entière au 3° essai.


 Escribano coupe une oreille de l’excellent « Feligres » 

 

Et pour le reste, il y eu bien un autre bon toro, le 6° mais il n’inspira pas Roman qui erra comme une âme en peine…Les quatre autres toros de La Quinta, étaient plutôt du genre cinq quintaux et guère plus….. Si Manuel Escribano profita du potentiel du second, Rafaelillo hérita d’un lot decasté sans option pour cet habitué aux combats….

Six toros de La Quinta agé de 4 à 5ans1/2 pour les 3°, 5° et 6°, bien presentés dans l’ensemble, meilleurs en tout les 2° et 6° avec un plus pour le second ovationné à l’arrastre

- Rafael Rubio « Rafaelillo » (bleu piscine et or) Salut et silence

-Manuel Escribano (sangre y oro) Oreille et silence

-Román Collado Gouinguenet  « Romàn » (vert pin et or) Silence et silence

Pst Mr Bazin, soleil chaud, 1/3 d’entrée, minute de silence au paseillo pour Palomo Linares.

Rafaelillo reçut ses deux toros d’une larga afarolada de rodilla, ils prirent leurs deux piques sans eclats et furent brindé au public… Son premier decasté au possible et faible lui permit de proposer une jolie gestuelle des deux mains mais emotion aucune, le tout conclut d’une belle épée. Son second, noblote et fade ne correspondait pas du tout à son toreo guerrier. Le murciano s’appliquera mais sans connecter. Entiere au 2° essai

Le second sortit semblant se désintéresser de tout, sauf des planches qu’il fit voler… Il se réveillera sous le fer, poussant fort et longtemps par deux fois et confirma par ses charges vives aux banderilles posées par M. Escribano…. Dans la muleta du sevillan, s’il se montra peu évident à gauche, il offrit une somptueuse corne droite, noble et avec beaucoup de classe, répétant avec suavité sur des series bien composées. Oreille après une entière caida. Le 5°, très anodin au cheval, avancera au pas, à mi-hauteur et sans s’employer, contraignant Escribano, sans options, à abréger.

Deux rencontres sans reliefs pour le 3° qui regardait tout sauf le leurre, Roman alignant des muletazos sans saveur ni style sur le passage d’un decasté notoire avant un bajonazo de catégorie, le toro se couchant après 1/5 de lame… Le dernier La Quinta prit avec de bons principes ses deux puyas avant d’afficher un bon fond de noblesse dont ne sut profiter le valencian qui resta dans l’a peu-prés et surtout sans dominer son sujet, ce qui lui donna des intentions un peu moins claire….