Des Dolores Aguirre, quoi! 

 

Six toros de Dolores Aguirre 

-Octavio Chacon (turquoise et or): vuelta – aplausos. 

-Pepe Moral (noir et argent):  salut – oreille. 

-Juan Leal (framboise et or) : salut – salut. 

Président : M.Grué.  Temps lourd et chaud. Plein. 

Correctement présentés bien qu’inégalement armés, avec du tempérament mais pas spécialement celui qu’affectionnent les toreros, manso con casta le premier, mansos tout court les trois suivants, un peu plus maniables mais avec des réserves les deux derniers de morphologie différente également. 14 rencontres  avec des piques souvent  appuyées  durant lesquelles ils ont affiché plus de mansedumbre et de violence que de réelle bravoure, comme c’est souvent le cas dans cette ganaderia. Devant ce type de bétail, il fallait des lidiadors, rôle qu’a parfaitement joué Octavio Chacon tout au long de la tarde, y compris lorsqu’il revint en piste contre l’avis des médecins  après s’être sanctionné deux tendons de la main gauche à l’entrée a matar de son premier adversaire. Pepe Moral a réussi à peser sur son second toro tandis que  Juan Leal continue d’ignorer ce qu’est la lidia pour se cantonner dans le défi et la mise en scène de son courage. 

Octavio Chacon  s’est imposé dès les premiers muletazos devant le manso mais encasté premier qui va a mas lors de quatre rencontres, s’échappant lors des deux premières, restant et s’employant lors des deux autres. Chacon va  réaliser une faena de poids, de transmission et porteuse d’émotion, essentiellement droitière  après une tentative avortée sur le piton gauche très avisé. Il se blesse la main sur un pinchazo et tue d’une entière. Pétition  minoritaire d’oreille, dommage, le public montois préfère les shows du pirate. Il fait par contre une vuelta chaleureusement fêtée avec la main gauche en sang. Le quatrième abanto à sa sortie, manso au cheval, charge court et se défend dans les passes. Chacon, malgré son handicap, en tirera quelques séries méritoires avant que le bicho ne se plombe pour se mettre en mode « réserve ». 3 pinchazos et metisaca.  Chacon est applaudi tandis qu’il sort des arènes pour aller se faire opérer à Bayonne. 

Le second Dolores est lui un manso perdido qui se réfugie très vite aux planches, laissant peu d’options à Pepe Moral qui écourtera. Entière. Le cinquième, contrairement aux précédents, tous abantos à leur sortie, se livre davantage dans le capote  et  s’emploie moyennement en deux rencontres. Pepe Moral va construire une faena obstinée devant cet adversaire qui freine dans la passe et se retourne vite, parvenant finalement à améliorer sensiblement  sa charge, en particulier sur la gauche, où il allonge son parcours en lui faisant baisser la tête. Malheureusement il mettra une vilaine épée plate sans s’engager, ce  qui provoquera des protestations lorsque le palco accordera l’oreille. 

Juan Leal  fixe avec fermeté le troisième Dolores qui cherche la sortie à plusieurs reprises et  le fait copieusement piquer  une deuxième fois après qu’il ait fait chuter la cavalerie en poussant sur une corne. Il entame sa faena au centre et à genou, le toro va très rapidement  se réserver, s’arrêtant dans les passes et serrant le torero qui subira d’ailleurs une voltereta su le piton gauche. Leal optera rapidement  pour le répertoire tremendista sur la pointe des cornes, y compris la gauche, avec son aguante et son courage habituels. 1/3 de lame deux fois et 6 descabellos.  Bis repetita avec le dernier Aguirre, le plus maniable du lot, qu’il reçoit plein centre par trois passes cambiadas. Après un bon début de faena, il commence à perdre du terrain, se fait désarmer et  c’est  reparti, de dos pour  les redondos dans les cornes, etc, etc.  Bajonazo. 

Observations : Despedida très émouvante  à l’issue de la corrida de Michel Cloup, le directeur de l’orchestre montois, qui a dirigé avec sa baguette pour les deux derniers morceaux les musiciens du centre de la piste et qui est sorti a hombros sous une longue et chaleureuse ovation. 

 Ca n’a  pas trop mal commencé, ça a assez bien fini, mais entretemps…… 

 

Six toros de Nuñez de Cuvillo + un sobrero du même fer (4eme

-Enrique Ponce (blanc et or): 2 oreilles – salut – silence. 

-Sébastien Castella (bleu roi et noir) : silence – silence – 2 oreilles. 

Sobresaliente : Miguel Angel  Sanchez. Président : M.Grué. Soleil et nuages. Plein. 

Des toros faibles, fades et manquant de race, des tercios de varas sans relief et pour la forme la plupart du temps, un sobrero  pire que le quatrième protesté et renvoyé aux corrales après les piques pour faiblesse des antérieurs. Seul le dernier, bien qu’anodin au cheval, présentait quelque intérêt pour la muleta, ce dont profita Castella pour signer une bonne faena, couper deux oreilles et sortir a hombros accompagné de Ponce qui en avait lui aussi coupé deux  quoique plus généreuses au premier de la tarde. Une sortie triomphale avec des applaudissements  à tout rompre  qui pouvait donner l’impression qu’on venait d’assister à une grande course alors qu’on s’était tout de même beaucoup em…. entretemps. 

Sans pouvoir donner à sa faena une grande intensité, Ponce s’est mis dans la poche avec son aisance et son élégance habituelles un premier adversaire sans grande race ni transmission, tuant d’une entière aussi habile que fulgurante. Deuxième oreille généreuse. On retiendra de sa deuxième prestation une belle entame par doblones de la casa suivi de derechazos templés, bras collé au corps. Le toro se livre moins sur la gauche, peu inspiré par ce toro de demie charge, Ponce n’insistera pas longtemps. Metisaca et entière basses. Le cinquième est encore pire. Bien que piqué pour la forme, il arrive quasiment moribond au dernier tiers, le public s’impaciente à voir Ponce s’entêter à  toréer cet invalide. Entière basse. 

La première faena de Castella peinera à prendre son envol devant un second Nuñez  faible également et qui s’éteint rapidement. Entière concluante. Le quatrième qui semble avoir un problème des antérieurs est changé après les piques par un Nuñez  anovillado guère plus solide. A part sur une ou deux series droitières, la faena du biterrois ne sera guère convaincante devant cet adversaire qui proteste dans la passe et lui fait voler la muleta à maintes reprises. Demie lame. Enfin un semblant de competencia  (sinon à quoi sert un mano a mano ?)avec un quite de Ponce au dernier toro auquel ne daigne pas répondre Sébastien Castella qui se réserve pour la suite, enfin inspiré par ce Nuñez noble, plus solide  et plus intéressant que les précédents. Après son habituelle entame par passes cambiadas au centre, il livrera cette fois une faena beaucoup plus aboutie et récompensée de deux oreilles après une entière efficace. 

Salut de José Chacon au dernier toro. 

 Novillada. Du souci à se faire pour l’éleveur. 

 

Six novillos de JL Darré du fer de Camino de Santiago 

-Francisco de Manuel (vert clair et or) : oreille – oreille. 

-El Rafi (bleu turquoise et or) : silence – oreille. 

-Dorian Canton (noix et or) : salut – silence. 

Novillos desiguales de tamaño et d’armures, épargnés au cheval (12 rencontres), faibles et /ou mansos et décastés ensuite, excepté le petit second qui avait un peu plus d’allant et qui a aussi un peu poussé lors de la première rencontre. 

Francisco de Manuel  est celui des trois qui avait le plus de métier et qui s’en est le mieux sorti, d’abord avec une faena un peu lisse mais agréable esthétiquement et bien enchaînée sur les deux bords face au faible premier, pourtant peu piqué mais qui avait du laissé la totalité de ses forces en soulevant le cheval sous la première pique. Entière basse et concluante et première oreille. Il posera lui-même trois paires de  banderillas correctes au quatrième qui s’affale sur le sable avant d’être piqué et fera des efforts méritoires pour aller tirer des passes dans le terrain de son faible et manso adversaire qui s’est très vite décomposé pour se réfugier aux planches. ¾ de lame concluante et nouvelle oreille. 

El Rafi se montre à son avantage avec le capote et soigne la mise en suerte du second qui assure un peu sous la première pique avant de s’endormir sous la seconde. Il ne déméritera pas non plus avec la muleta  mais restera un peu en dessous de ce novillo noble et mobile qui aurait du  permettre une faena mieux construite. 4 pinchazos et 2/3 de lame. Bonne entame au centre par une série de derechazos à genou face au quatrième qu’il va avoir beaucoup de mal à garder dans sa muleta plus de deux passes, le bicho tirant aux planches comme le précédent. Des efforts méritoires là aussi dans le terrain du novillo  et une entière après pinchazo. 1 Oreille pour l’effort. 

 Dorian Canton était le plus vert des trois et le moins chanceux au sorteo. Sa première prestation devant le faible et décasté troisième est volontaire mais  décousue et maladroite. Entière basse. Il ne pourra rien tirer  du très manso et décasté sixième dont il serait bon pour le futur de la ganaderia d’envoyer toute la famille à l’abattoir. Bajonazo. 

 Mont de Marsan. Enfin des toros !. 

 

Six toros de La Quinta 

-Juan Bautista (bleu marine et or) : aplausos - oreille. 

-Emilio de Justo (bordeaux et or) : 2 oreilles – oreille. 

-Thomas Dufau (aubergine et or) : avis et silence – silence. 

Président : M.Lalanne. Temps couvert avec un peu de pluie en milieu de course. Plein. 

Enfin des toros au troisième jour de la Madeleine ! Les toros de La Quinta, très bien présentés dans le type, avec des robes toutes différentes et plus ou moins braves sous le fer, se sont révélés  solides, mobiles, encastés  et exigeants dans la muleta ensuite, certains donnant même du fil à retordre à un grand technicien comme Juan Bautista, le triomphateur de la Madeleine 2017 devant ces mêmes toros qui a du se contenter d’une oreille cette fois,  ou mettant en échec Thomas Dufau, tandis qu’Emilio de Justo, bien servi au sorteo surtout avec le second, est sorti en triomphe avec trois oreilles dans son escarcelle. Tous les toros sont morts bouche fermée. 

Le premier La Quinta est le plus compliqué du lot. Bien placé pour le premier tiers, il charge pour deux excellentes piques qui valent à  Alberto Sandoval de saluer. Un peu juste de force, le toro va répondre aux cites de Juan Bautista mais en chargeant court et en se défendant dans les passes. Un toro plus à lidier qu’à faire briller, ce que fera l’arlésien sur un mode batailleur qui n’est pas habituellement le sien, mais  s’il est parvenu à s’imposer sur quelques séries droitières, il a eu du mal par contre à corriger le tir sur le piton gauche plus avisé. Tiers de lame et descabello. Le quatrième est un manso con casta qui sort seul de deux rencontre sur trois et qui arrive au dernier tiers avec une bonne corne droite, mais qui infatigable dans sa charge ne lâche jamais le torero, l’obligeant à une faena marathon durant laquelle Juan Bautista n’a jamais eu le temps de souffler entre deux passes, pas question de perdre pied mais impossible également de ralentir son rythme. Le recibir  plein centre s’imposait, bien porté mais pas concluant, suivi d’un magnifique descabello  après avoir posé sa montera sous le mufle de son adversaire. 

Le second La Quinta, élégamment reçu par Emilio de Justo, charge avec fougue mais sans s’employer outre mesure sous deux mauvaises piques huées et  poursuit aux planches les banderilleros. Dans le sitio dès les premières passes, Emilio de Justo se plante au centre où se déroulera toute sa faena et avec une grande sobriété mais aussi beaucoup de temple, il va exploiter la noblesse encastée de son adversaire en alternant et enchaînant dans ce même terrain et sur un rythme soutenu des muletazos sur les deux bords d’une grande qualité esthétique, la faena culminant sur une ultime série de naturelles citées de face et pieds joints. Entière loyale d’effet fulgurant. Le cinquième va très vite marquer une attirance vers les planches en sortant distrait de chaque passe. Emilio de Justo  va imposer son terrain à lui, au centre, en le rappelant à l’ordre  avec autant de douceur que d’autorité d’un petit coup de poignet à chaque fois. Sans faire durer, juste le temps de montrer qui est le maître en piste. Entière loyale et concluante. 

Le troisième s’élance à trois reprises et d’un galop allègre au cheval sans beaucoup s’employer ensuite. Après une bonne entame de faena, Thomas Dufau va petit à petit perdre du terrain devant cet adversaire d’une noblesse vibrante qu’il sera impuissant à dominer. 2 pinchazos et entière trasera. Le dernier, très bien piqué par Esquivel qui sera ovationné, s’avère plus exigeant dès sa sortie, coupe le terrain aux banderillas, déchirant même le pantalon d’un banderillero qui a eu chaud aux fesses à deux reprises. Avec la muleta, l’entreprise s’avère  trop compliquée pout Thomas qui  va se faire  très rapidement dépasser par la caste de son adversaire.. Entière. 

Observations : Ovation des picadors  Alberto Sandoval et  Juan José Esquivel au 1er et 6ème. Salut des banderilleros au 5ème. Emilio de Justo est sorti a hombros, rayonnant de bonheur comme un enfant, invitant le mayoral  de La Quinta à saluer à la fin. 

 Mont de Marsan. 2eme Corrida. Pas grand-chose à retenir 

 

Six toros de Jandilla 

-Juan José Padilla (fuschia et noir) : oreille – avis et vuelta. 

-Alejandro Talavante (noir et or) : silence – silence. 

-Andrés Roca Rey (vert bouteille et or) : silence – oreille. 

Présidente : Mme Lacomme. Temps chaud et lourd. No hay billete. 

Des toros bien armés mais de petit gabarit, épargnés au premier tiers, faibles et décastés, chargeant court avec une tendance certaine à protester dans la muleta, peu propices au triomphe. Seul le 6ème pour ainsi dire pas piqué, est arrivé au dernier tercio avec un peu plus d’allant, permettant à Roca Rey de couper la deuxième oreille de la tarde, la première ayant été accordée au pirate Padilla plus pour fêter ses adieux au Plumaçon que pour la qualité de sa faena. Pour le reste, cette course ne passera pas à la postérité. 

Devant le premier Jandilla juste de forces et qui ne charge pas franchement dans sa muleta, Padilla choisit de toréer le   public qui finalement semble être venu pour ça, molinete à genou, tourniquets accroché au cul du toro comme pour danser  sur la musique du « pirate des caraïbes », desplantes à genou et une entière concluante, la pétition est archi majoritaire, l’oreille tombe. J’oubliais de dire qu’il a planté par contre trois excellentes paires de banderillas. Il remet ça face au quatrième Jandilla, aux armures veletas impressionnantes mais qui avec ses presque 6 ans a autant de charge qu’un vieux retraité. Larga de rodillas, faroles, faute de toréer vraiment  Padilla se met dans les cornes au dernier tiers, multiplie les desplantes à genou, à l’endroit, à l’envers….Entière plate suivie d’un descabello.  Vuelta avec la panoplie du pirate devant des gradins en folie. 

Après une très jolie réception toute en douceur et une belle mise en suerte par chicuelinas marchées, Talavante ne pourra guère s’exprimer devant un premier  adversaire juste de force qui charge sans classe et se défend dans la passe. Quelques détails…Entière trasera au deuxième essai. Il fera l’effort un moment devant le faible et creux cinquième qui multiplie les génuflexions mais n’insistera pas très longtemps. Entière concluante. 

Roca Rey pas mieux servi avec le troisième fait son job, faena sans rythme ni relief, il n’y est pas pour grand-chose. Entière légèrement tombée et trasera. Enfin sort le dernier Jandilla qu’il ne fait pratiquement pas piquer et qui arrive au dernier tiers avec un peu plus de charge que les précédents. Un moment d’émotion quand le toro a failli le clouer contre les planches après une larga à genou. Il parvient à donner plus de relief à sa faena en exploitant la noblesse de son adversaire  avec des muletazos  de qualité sur les deux cornes et  conclut par une série de bernardinas en faisant le pendule dans le dos qui font passer quelques frissons sur les gradins. Demie concluante au deuxième essai. Oreille. 

 

Photos M. Volle, reseña N. Regardier pour Toreria 

 Mont de Marsan : la ganaderia de Casanueva remporte le prix du meilleur novillo 

 

La ganaderia de Casanueva de Guillaume et José Bats ont une nouvelle fois remporté la novillada « concours » de ce jeudi matin et va lidier un lot lors de la prochaine Madeleine. L’excellent eral sortit en première position remporta sans contestation le prix grâce à sa noblesse et sa classe dans ses embestidas, faisant l’avion dans la muleta mais qui manqua un peu de volume. ½ arène et temps chaud. 

-Victor Hernandez (bleu ciel et or) vuelta après avis 

-Lucas Miñana (noir et or) silence après avis 

-Solalito (vert sauge et or) oreille après avis 

-Yon Lamothe (blanc et or) ovation après 2 avis 

Victor Hernandez reçut l’exemplaire de Casanueva par une larga de rodillas puis des véroniques à genoux. Après un bon début à droite, liant des séries rythmées et profitant de la longue charge franche de son adversaire, il se fit désarmé à plusieurs reprises à gauche et perdit le fil de sa faena. Le novillo répéta toujours avec classe mais Victor Hernandez n’exploita pas toutes les qualités de son adversaire. 

Lucas Miñana reçut l’exemplaire de La Espera de Jean François Majesté en haranguant le public mais reçut une voltereta sans gravité. Il fut en difficulté muleta en main, accentua les postures taurines mais en oubliant de toréer sur les principes de base. Il fut long avec les armes. 

Solalito reçut avec autorité le lourd exemplaire d’Alma Serena. Il posa les banderilles avec plus ou moins de réussite. Le novillo chercha rapidement les planches. Intelligemment, il alla toréer dans sa querencia et livra des séries intéressantes avec mérite sur les deux bords. Son adversaire se décomposa de plus en plus et logea une belle épée avec engagement. Il sera très fêté lors de son tour d’honneur. 

Yon Lamothe  reçut plutôt timidement le novillo du Lartet. Il fut appliqué face à un adversaire noble mais manquant de profondeur. Le tarusate le toréa sur des terrains réduits et sécha complètement avec le descabello après avoir reçut une forte voltereta lors de l’estocade. 

Solalito remporta le prix du meilleur novillero offert par les organisateurs du Sud ouest et reçut également une muleta de la part des clubs taurins Paul Ricard. 

Vuelta à los toros pour Toreria 

 Mont de Marsan 1ere Corrida : Mano a mano. Quelle purge ! 

 

Quatre toros de Domingo Hernandez (2.4.5.6) et deux de Garcigrande + un sobrero de D.Hernandez (5bis) 

-El Juli (brique et or): sifflets – bronca – silence. 

-Juan Bautista (bleu pâle et or): oreille – salut – avis et silence. 

Des toros de petit format qui ont assuré le service minimum au premier tiers avec des secondes rencontres pour la forme, fades et faibles, le cinquième a été changé après s’être blessé  l’ ‘antérieur gauche après la pique, le dernier a perdu son sabot en début de faena. Un mano a mano annoncé comme un évènement entre un matador qui fêtait ses 20 ans d’alternative et ses débuts de novillero dans les arènes du Plumaçon et le triomphateur de la Madeleine 2017. A cette occasion, les deux matadors se sont vu d’ailleurs remettre en piste à l’issue du paseo la médaille de la ville et un trophée chacun. En guise de remerciement, monsieur Julian Lopez  a fait le minimum devant deux toros sur trois, tuant de surcroît comme un sagoin, tandis que Juan Bautista, bien mal servi au sorteo, a comme d’habitude fait le maximum  malgré la médiocrité de ses opposants. 

Faena laborieuse et sans transmission du Juli , à l’unisson d’un premier  faible et insipide qu’il doit solliciter à la voix pour le faire avancer. Il se fait siffler sur un julipie tombé en prenant sans vergogne les chemins de traverse. Le troisième toro a un peu plus d’allant, la faena de muleta est plus liée que la première mais avec une prise de risque minimum, une marge de sécurité considérable et sans se salir le costume. La façon honteuse  et indigne d’une figura dont il a tué son toro coincé contre les planches,  sans jamais s’engager, après 8 pinchazos et trois descabellos, a déclenché une belle bronca et devrait logiquement l’éloigner du ruedo montois pour un bout de temps.  Rageur devant son troisième toro noble bien que fade, il s’est enfin remué pour construire une faena de meilleure qualité mais le public l’a boudé, ne l’appelant même pas à saluer. ½ julipie et descabello. 

Juan Bautista hérite d’un premier adversaire faible, à la charge cahotique et poussive qu’il va améliorer  tout au long d’une faena variée et esthétique, avec son assurance et son aisance habituelles. Recibir au centre (tombé). Une oreille accordée sans problème. Devant le quatrième qui manque de fixité dans le capote, il entame sa faena par d’élégants doblones , contrôle la situation dès les premiers derechazos malgré un adversaire qui proteste un peu dans la passe puis l’orchestre se met à jouer « l’envie d’avoir envie » de Johnny, une musique totalement décalée par rapport à ce qui se passait en piste, un vrai sabotage qui a d’ailleurs suscité les protestations d’une partie du public. La faena se délite et tourne court. Entière légèrement tombée. Le dernier aurait pu lui permettre de briller davantage s’il n’avait perdu un sabot dès le début de la faena. Il a du opter pour la sobriété, alternant derechazos et naturelles dans un terrain réduit mais en faisant un peu trop durer. Une fois n’est pas coutume, mise à mort défectueuse. Pinchazo, ¼ de lame et 5 descabellos. 

Observations : Mathieu Guillon « El Monteño » de la cuadrilla de Juan Bautista, a salué aux banderillas du second toro. Les toros portaient tous la devise noire, en deuil du ganadero Justo Hernandez disparu il y a quelques mois. 

 

Photos M. Volle, reseña N. Regardier pour Toreria