Ganaderia Sainte Cécile 

 

En pleine Camargue entre les rizières et non loin de l’étang du Vaccarès, le mas Sainte Cécile est un domaine agricole où le mas est aménagé dans un ancien monastère datant du XVIIème siècle. En face, de l’autre coté du chemin de Sainte  Cécile, c’est la partie réservée aux toros….. depuis 2011. Une placita de tienta extérieure, une autre à l’intérieur, couverte, jouxtant la bodega aux saveurs andalouses… Et 250 ha de terres que le bétail brave se partage entre pâturages et cultures bio de riz, blé, luzerne, fourrage en alternance. 

 Des antécédents taurins pour se lancer dans cette aventure ? 

 

« Non. Je suis d'une famille issue des immigrations italienne et espagnole et c'est ma mère, italienne, qui adorait les toros. Elle m'a amené à Nîmes pour la première fois voir une corrida. Ce fut le déclic. Mais j'ai aussi rapidement compris que je ne pourrais pas être torero… Mais en tant qu'agriculteur, pourquoi ne pas devenir un jour éleveur ? La dernière corrida que j’ai vu avec elle, c’était à Nîmes, Paco Ojeda seul contre six… »

 Devenir éleveur, le dire c’est bien, le faire c’est moins évident… Une passion qu’il partage avec son épouse et qu’ils décident de vivre… 

 

« Avec Corinne, nous avons longuement parlé de ce projet. C'est en 2011 que la camada brava est arrivée au Mas de Sainte-Cécile. Mais il y avait plus d'un an déjà que nous préparions cette arrivée. Nous avons clôturé 200 hectares de terre, dont 100 exclusivement dédiés aux toros, nous avons construit l'arène de tienta et les bâtiments nécessaires à cette activité dont une qui sert d'arène couverte. Aussi tout était prêt quand les premières vaches et sementals ont débarqué. »

 Rien n’aurait pu se faire sans les liens qu’ils partageaient et qu’ils partagent encore avec Vidal Alberto Garcia Tabernero, propriétaire de la ganaderia Toros de Orive. Un élevage salmantino situé à Villares de Yeltes, sur la finca "Las Tiesas", d’origine El Torero de Salvador Domecq. Et c’est de là que sont venues les 60 bêtes qui seront la base du fer de Sainte Cécile. Aujourd’hui le cheptel a quasiment doublé avec une bonne quarantaine de vaches de ventres, les becerras à tienter, les erales et novillos qui seront combattus et trois sementales…. Et toujours en lien avec le sang d’origine… V. A. Garcia Tabernero approuve ses futurs étalons et Michel Megias partage avec lui une sorte de laboratoire génétique suivit par l’éleveur du Campo Charro. Mais il y a aussi une sélection maison….

 « Roman Perez a été l’un des tous premiers à tienter au mas, Thomas Joubert… Adrien Salenc fait aussi parti des toreros du lieu mais j’essaye de permettre à tous les jeunes de pouvoir travailler un peu avec nous… comme actuellement Andy Younes, Manolo Vanegas, El Adoureño… » 

 

Les premiers becerros lidiés mirent sur le devant de la scène le nom de la ganaderia…. A Arles, dans les arènes Francis Espejo pour la finale des Princes de l’arène en septembre 2013. Tous nobles et intéressants. Le quatrième portant le numéro 6 et nommé "Pharaon" fut primé d'un tour de piste posthume. Le dernier, portant le numéro 5 et prénommé "Plumero" fut gracié à l'issue d'une faena au de grandes qualités. En 2015 il y eu Castelnau Riviere Basse et sa « concours » en non piqué. En dernier sort un joli eral de la ganaderia Sainte-Cécile .Encasté et noble il permet à Juanito de s’exprimer pleinement. Le toro transmet car il charge en humiliant et avec énergie .Il se voit attribuer le prix au meilleur novillo après avoir été honoré d’une vuelta posthume… En 2016 deux lots seront combattus, toujours à deux ans, à Plaisance du Gers avec beaucoup de sérieux et à Bellegarde, fin aout pour le trophée Nimeño II…

 2017 restera une année de travail, d’investissement sur la bodega et quelques problemes de santé pour le ganadero camarguais…. Du passé. Aujourd’hui les « Sainte Cecile » sont annoncés pour la non-piquée d’Ales, à Soustons un lot de novillos pour une fiesta campera et un retour à Plaisance en competencia avec des erales de Turquay… Retenus dès la fin de l’hiver.. 

 

« J'ai une façon de travailler qui fait que mes erales sont prêts dès le printemps. Quand ils ont vu les lots, ils les ont immédiatement retenus. Je n'ai pas à forcer mes toros dans les dernières semaines avant la course. Ils arrivent naturellement à la présentation idéale. Mes betes bénéficient des déchets de riz et de blé qui restent. En outre, j'ai la chance d'avoir d'immenses prairies d'herbe verte. Vous savez, comme je l'ai déjà dit plusieurs fois, c'est très facile d'élever des toros mais c'est beaucoup plus compliqué d'en avoir un excellent. Alors il faut savoir rester à sa place et garder la tête froide » 

 Le futur pour l’instant reste la présentation d’une novillada piquée mais ce pas encore à l’autre du jour, dans quelques temporadas peut-être…. Le vent glacial qui souffle sur la Camargue à balayé les derniers indices de la fiesta campera d’Adrien Salenc… Le 8 avril, c’est Manuel Escribano qui sera dans le ruedo entouré de sa peña taurine… 2018 aura bien commencé sur la route du Vaccares… La bodega et ses dépendances taurines en ont profité pour se refaire une beauté toute sevillane.. (Tel. 04.90.97.08.92 michel.megias@wanadoo.fr)