Nîmes : Feria des Vendanges 2019

 

 D. Luque marque l’ouverture de la feria

 

Déception ganadera avec cette corrida d’ouverture mais confirmation du potentiel supérieur de Daniel Luque qui s’imposa par un toreo poderoso autant qu’alluré, les pieds toujours rivés dans le sable… C. Diaz se montra plus à son avantage que ses adversaires tandis que L. D. Adame, qui remplaçait D. Galvan, resta bien distant

 

Six toros de Robert Margé superbement présentés mais mansos, les trois premiers se laissant faire, le 4eme avise et dangereux, le 5eme, spectaculaire aux piques fut changé en cours de faena !!!!! après s’être cassé les deux pattes avant, le dernier n’offrant aucune option. Un 5eme bis du fer d’El Torero fade mais qui permit à D. Luque d’exprimer son toreo de grand niveau. Avec pundonor, dans ces conditions, le torero de Gerena quitta l’amphithéâtre à pieds malgré deux oreilles coupées…

 

-Curro Díaz (bleu France et or) Salut et salut

-Daniel Luque (cacao et or) Oreille et oreille

-Luis David Adame (lilas et or) Salut et silence

 

Pst : Mr Tiberino, 1/3 d’arènes sous un soleil estival. Ovation pour Patilla qui piqua le 5eme Margé et pour Juan Contreras pour ses banderilles à ce même toro. Nouvelle conception du règlement taurin nîmois qui voit le palco changer un toro en cours de faena alors qu’il vient de se blesser !!!!!

 

Fuyard au possible, le 1er se laissa faire dans la muleta d’entrée efficace de C. Diaz par doblones puis par des derechazos la main basse avant de continuer sur l’autre corne mais toujours dans la querencia du toro. ½ lame et un descabello. Son second fut un manso de gala parcourant la piste dans tous les sens en présence des chevaux, se montrant vite avisé, pointant dangereusement la corne sur l’homme au 3eme muletazo. C. Diaz s’en défit d’une entière habile.

 

Après deux rencontres ou il ne s’attarda pas le second compliqua la tache des banderilleros avant que D. Luque ne le soumette dans sa querencia avec une muleta relâchée et sans céder un pousse de terrain et ce sur les deux bords avant un superbe final par luquesinas et ¾ d’épée un peu tombés. Le 5eme fut superbement reçu à a cape avant deux piques spectaculaires autant de par le Margé que par le piquero qui furent ovationnées par le public, public qui appela à saluer J. Contreras pour ses deux paires de banderilles engagées. Et alors que la faena prenait son envol, crac la main droite puis la gauche ont cédé…. On mettra cela sur le compte d’un vendredi 13 se dit vraisemblablement le président qui sortit un mouchoir vert pour conjurer le mauvais sort. Sorti un sobrero d’El Torero dans le genre ordinaire mais qui permit à Daniel Luque d’exprimer son toreo sans modération, superbe à gauche, laissant l’ayuda à mi parcours pour des naturelles de droite et un final maison… L’épée efficace entra à la troisième tentative, n’empêchant pas le palco de sortir un autre mouchoir… blanc celui là.

 

Figé au centre du ruedo le 3eme ira percuter violemment les groupes équestres, le piquero de réserve se retrouvant au sol avant de prendre une bonne ration de fer. Le Margé se laissa faire sans grand éclat face à un Luis David particulièrement prudent dans ses muletazos comme dans l’épée portée bien bas… Le mexicain n’eut guère d’option avec le dernier manseando au cheval, juste de forces qui s’écroula en début de faena avant de se réserver par la suite. Insistance inutile avant une débâcle aux épées, le toro étant descabellé après cinq pinchazos…

A Solalito la seule oreille

 

…D’une novillada matinale plombée par l’inconsistance des novillos connaissant des problèmes physiques et un manque de race qui ne permit guère aux trois novilleros de s’exprimer. Solalito coupera le seul trophée du matin face au seul utrero qui tint à peu prêt la route, El Rafi se montra volontaire tandis que F. Plaza ne put montrer grand-chose même si les éleveurs lui offrirent un novillo supplémentaire…

Sept novillos de San Sebastián (Gilles et Mathieu Vangelisti) de petites mailles les trois premiers, plus sérieux les suivants mais n’offrant quasiment aucune option, peut-être que leur présentation dans une grande arène était prématurée.

 

-Raphael Raucoule « El Rafi » (vert salade et or) Salut et vuelta

-Fernando Plaza (vinaigrette et or) silence et salut après avis !

-Solal Calmet « Solalito » (lavande et or) Oreille !! et silence

 

Pst : Mr DJ Valade, 1/3 d’arenes, ciel variable. Solalito débutait en novillada piquée.

 

El Rafi ouvrit les débats avec un faible sujet enclin aux génuflexions. Deux picotazos, un joli tercio de banderilles à charge du nîmois avant une seance en jouant les infirmiers conclue d’une lame atravesada… Il ira attendre son second à porta gayola, se montra à son avantage cape en main y compris les mise en suerte pour deux legeres rencontres. Debut par cambiadas avec quelques jolis enchainements à la suite mais malgré la musique, le novillo s’eteignit peu à peu. Nouvelle estocade atravesada pour conclure…

 

Le second à beaucoup de mal à tenir debout, il prend deux semblants de piques et à l’entame du 3eme tiers, il se casse la main droite. On annonce que les ganaderos offre à Fernando Plaza un novillo supplémentaire… Même cause même effet, trop faible pour afficher un fond de noblesse d’autant qu’une vuelta de campana en cours de faena précipitera sa fin.. Une fin laborieuse avec les armes pour le madrilène. Son second aura une sortie peu orthodoxe, manseando au cheval avant de mettre la cuadrilla en difficulté aux banderilles. Par la suite il montra peu de rythme dans des charges sans fond ni classe tandis que F. Plaza essayait de construire un trasteo qui ne prit jamais. L’épée fut en place mais c’est avec le descabello qu’il balbutia…

 

Solalito s’appliqua au mieux devant un faible invalide qu’il maintint debout après deux simulacres de pique et un joli tercio de banderilles ou il fut ovationné. Muleta en main, le nîmois se montra plus à l’aise sur le piton gauche avant un final par luquesinas et une mauvaise épée (suffisante), le novillo se cassant une patte avant sur l’action… Le protegé de S. Almeras receptionna de belle manière le dernier San Sabastian du genre manso. Quite par zapopinas d’El Rafi avant que ce dernier ne soit invité par Solalito à partager les banderilles… Decasté ne se livrant pas, surtout à gauche, il n’offrit guere d’options au novillero debutant qui s’en defit de ¾ de lame…

Nîmes : M. A. Perera survole la course

 

 Même si l’on peut lui reprocher son insistance pour obtenir l’indulto du noblissime « Cazadotes », N°36 de Garcigrande. Il avait placé la barre très haute lors de sa première actuaccion, déstabilisant semble-t-il S. Castella qui cafouilla face au 4eme, le palco lui offrant une Porte des Consuls surévalué alors qu’elle était pleinement justifiée pour Miguel Angel Perera. Quant à J.M. Manzanares, certes le moins bien servit, il ne força pas outre mesure son talent…

 

Quatre toros de Garcigrande et deux de Domingo Hernández (2eme et 5eme) noble dans l’ensemble, juste de forces et de présentation standard. Vuelta au 3eme, noble mais manso, « Tornasolado », N°39 et indulto du dernier, noblissime mais à peine présenté au cheval deux fois, tous deux du fer de Garcigrande….

 

-Sébastien Castella (lavande et azabache) Oreille et deux oreilles !!! protestées

-José María Manzanares (bleu nuit et or) Oreille !! et silence

-Miguel Angel Perera (blanc et or gris) Oreille et deux oreilles symboliques

 

Pst : Mr Enjolras, qui entendit plusieurs broncas pour des décisions discutables, Lleno apparent sous un chaud soleil. Le public appela S. Castella pour une ovation à l’issue du paseillo, ovation qu’il fit partager à ses compañeros du jour

 

Le 1er de S. Castella sortit seul de la 2eme rencontre,  noble mais sans forces il offrit quelques séries droitières avant de s’éteindre après le passage à gauche, le biterrois concluant d’une entière caidita. Figé puis fuyard, le 4eme sortira vite par deux fois du peto. Le debut de faena est relevé avec des cambiadas superbement enchainées avec des changements de main et des cites de loin puis la machine se grippera quelque peu avec des enganchones qui casseront le rythme et la continuité du trasteo avant une épée tombée et un descabello… Bronca au palco pour ses deux oreilles excessives..

 

Efficace et belle entrée en matière pour Manzanares dont le D. Hernandez fuira à la 1ere rencontre s’y montrant plus intéressé aux deux autres, le piquero y laissa la puya sur le dos. Face à un toro de peu de fond et de forces l’alicantino montrera son toreo élégant mais sans plus concluant d’une belle épée portée al recibir. L’oreille fut loin de faire l’unanimité. Pas grand à proposer par le cinquième decasté et sans forces, protestant dans le leurre. Rien pour inspirer J.M. Manzanares qui n’insista pas avant de s’égarer avec les armes.

 

Après deux piques de manso, S. Castella alla titiller son rival de toujours sur un quite auquel M. A. Perera répondit de superbe manière por gaoneras avec ovation à la clé pour l’extremeño. D’entrée il enchaine les passes sans un mouvement, la main basse avec temple poursuivant avec des séries ambidextres voluptueuses avec changement de main, la faena allant à mas… le public conquit… 4/5 d’épée qui verront le toro fuir vers de toril, un descabello mettant fin à l’œuvre… Vu les trophées octroyés précédemment, une seule oreille était loin de marquer la différence, sans parler d’un tour de piste pour un manso. Le bonus sera pour le final avec un dernier toro noble et transmettant beaucoup après deux légers picotazos, Perera remettant le couvert avec plus de profondeur encore, toréant relâché sur les deux bords s’enroulant le toro autour d’une ceinture hors du commun, le public se levant par deux fois au cours de cette faena de haute note… l’extremeño y poussant le plaisir jusqu’à l’obtention de la grâce discutable de « Cazadotes », le palco s’égarant à nouveau en limitant à deux oreilles les récompenses après en avoir très généreusement accordé deux à Castella précédemment ???

Nîmes : Ponce et « Ferdinand* »

 

 Il est apparut en piste, balourd et pataud comme le personnage de Walt Disney, badant l’air niais les spectateurs et le président, en ayant peur de son ombre comme du moindre mouvement….. Et puis il obéit au capote du maestro de Chiva qui l’amena au cheval…. Et la, du virtuel il entra dans le monde réel, s’employant avec vigueur à la pique, avant de mettre à l’épreuve E. Ponce qui réalisera là, la faena de la matinée au prix d'un superbe effort… P. Ureña est apparut insuffisamment remis moralement de sa dernière blessure tandis que P. Aguado n’a pas trouvé matière pour faire chavirer l’amphithéâtre nîmois…

 

Sept toros de Victoriano Del Rio correctement présentés de jeu variés pas vraiment dans l‘esprit espéré pour une matinale nîmoise et manquant de fond, très faibles les trois premiers, le 3eme étant changé pour un sobrero du même fer. Des Victoriano du rio…. secos.

-Enrique Ponce (blanc et noir) Silence et oreille avec énorme ovation en fin de vuelta, accompagnée musicalement de l’hymne valencian…

-Paco Ureña (lilas et or) Vuelta après pétition et salut après avis

-Pablo Aguado (noir et or) Silence après avis et silence après avis.

 

Pst : Mr L Burgoa, le seul palco de la feria qui tint la route, ¾ d’arènes sous un chaud soleil, Ovation post-paseo pour Ponce qui la fit partager à ses deux compañeros du matin.

 

E. Ponce ne put guère espérer d’un toro noble mais trop juste de forces qui en plus fit une lourde vuelta de campana au final du tercio de banderilles. Il abrégera devant cet adepte des génuflexions d’une entière tombée. Il faudra toute la technique et le sens de la lidia du valencian pour calibrer les charges désordonnées de son second, qu’il mettra dans sa muleta, alternant droite et gauche, au prix d’un très bel effort, le Victoriano le mettant à l’épreuve jusqu’au bout et résistant longuement après une entière.

 

Le second sera superbement réceptionné par P. Ureña avant deux rencontres anonymes. Manquant de rythme et de physique, le Victoriano, de meilleur son à gauche, permettra au torero de Lorca de finir par quelques naturelles enlevées avant une lame caidita… Le 5eme tentera de chasser avec forces les groupes équestres avant de prendre querencia devant le toril ou il se livrera peu et protestant dans le leurre. P. Ureña insistera mais la mayonnaise ne prendra pas sauf sur une paire de séries droitières. Epée légèrement tombée en guise de conclusion.

 

Après avoir soulevé la cavalerie, le 3eme fut changé pour signes extérieurs de faiblesse. Son suppléant ne fut pas le genre de toro qui convienne à la tauromachie de P. Aguado loin s’en faut. Toréé à mi-hauteur il se montra violent sur chaque fin de série, réduisant peu à peu ses charges devant un sévillan très peu à l’aise comme le confirmèrent les épées… Après deux rencontres symboliques et une réception par véroniques allurées, Aguado brinda sa faena au public, l’orchestre attaqua par « la concha flamenca » mais le Victoriano resta sans fond et sans classe, offrant quelques passages à droite de meilleures sensibilités avant une mise à mort à nouveau difficile.

 

*le nom a été changé pour des raisons d’anonymat

Nîmes : J. Leal sort par la Porte des Consuls

 

 Un triomphe gagné surtout lors de son 1er combat face à « Pardillo » ou il a montré l’évolution positive de son toreo avant un final tremendo à genoux qui le public debout avant une énorme estocade…. A ses cotés A. Lopez Simon est apparut bien superficiel et Gines Marin bien fade… Nouvelle enieme aberration d’une présidence nîmoise qui les multiplia au cours de cette feria… changeant un toro soit pour avoir le fourreau de sa corne gauche !!, soit plus vraisemblablement pour mansedumbre aggravée…. Ce qui nous valut 20 mn de « foire » avec l’air d’Interville en prime…. Désolant !!!

 

Sept toros de Fuente Ymbro bien presentés de comportement variés tant au cheval qu’à la muleta, meilleur le 1er, suivit des deux suivants, les autres de moins d’option…

-Alberto López Simón (purissima y oro) Salut après deux avis et silence

- Steeven Groux « Juan Leal » (argile et or) Deux oreille et oreille

-Ginés Marín (brique de oulouse et or) Oreille après avis et silence.

Pst : Mr Plantier, 1/3d’arenes sous un ciel estival. Minute de silence à la mémoire de Pierre Bats, ganadero d’Alma Serena récemment disparu.  Salut de V. Osuna et J. Arruga au 1er, de Manolo de Los Reyes au 2eme et d’Y Alvarez et J. Arruga au 4 eme

 

A. Lopez Simon hérita du meilleur de l’encierro devant lequel, au quite, J. Leal afficha sa détermination. Moins ALS par la suite qui, s’il toréa de manière allurée et verticale avant un final de cercania, ne mit pas suffisamment d’engagement malgré quelques séries plus enlevées. Final en trois épisodes ôtant tout espoir de récompenses. Il restera superficiel devant son second peu clair à droite, de meilleure compagnie à gauche mais qui se rétractera sur la fin. Conclusion par deux ¾ de lame.

 

Le second ne prit que deux simulacre de pique pour manque de forces mais permit à Juan Leal d’exprimer son toreo. Début par cambiadas citées por cartucho de pescado et suite à genoux avant de lier des séries plus posées et templées avant de parachever sa faena d’un impressionnant et osé enchainement les deux genoux en terre qui mit le public au rouge vif avant une énorme estocade en coup de canon… Il se fit violemment bousculer à la réception du 5eme qui prit correctement ses deux piques. L’arlésien opta à nouveau pour un début stoïque avec cambiadas et statuaires enchainant parfaitement sur la droite mais rapidement le Fuente Ymbro baissa de ton, peut-être un peu trop sollicité d’entrée. J. Leal choisit alors un final de proximité parfois accroché avant d’en finir d’une nouvelle estocade engagée après un pinchazo…

 

G. Marin débloqua le compteur par quelques naturelles d’école mais son adversaire manquant de forces et de pep’s ne lui permit que d’afficher son toreo classique,  élégant et stylé sur les deux bords surtout par la gauche. Entière en place pour finir. Avec le 6eme bis et après avoir estoqué finalement le titulaire récalcitrant et bronca au palco, G. Marin se retrouva avec un toro qui protestait, rechignait, pire à gauche et face auquel il eut du mal a faire passer une quelconque émotion. Il en termina d’une entière au 2eme essai


Nîmes : déception finale

 

 La cause essentiellement aux toros de Victorino Martín qui n’avaient en commun avec ceux de septembre dernier, que le nom. Ni la présentation et encore moins la caste… Pour ainsi dire rien aux piques et la même chose au dernier tiers et avec un manque évident de forces… Seule la maitrise de la lidia d’O. Chacón aura permit de voir quelques séquences non dénuées d’intérêt, R. Pinar montrant son courage face à l’avisé quinto tandis que P. Moral avait laissé le sien à Los Palacios…

-Octavio Chacón (vert rainette et or) Silence après avis et vuelta après avis

-Rubén Pinar (bleu piscine et or) Silence et salut

-José Moral Fernandez « Pepe Moral » (noir et or gris) Silence et pitos

Pst: L. Burgoa, 2/3 d’arènes sous un ciel variable. Cinq toros de Victorino et un sobrero de El Torero, 2eme bis, qui n’apporta rien à l’affaire. Salut des banderilleros Víctor Martínez et Ángel Otero au 5eme

 

Fade et trop juste de forces, s’agenouillant plusieurs fois, le 1er se laissa faire dans le leurre d’O. Chacon qui le conduit à sa guise essentiellement à droite avant de s’embrouiller grave avec l’épée. 100% droitière fut sa seconde faena devant un toro court qui l’avertit plusieurs fois et devant lequel il confirma sa maitrise avec une muleta poderosa. L’épée fut longue d’effet et nécessita l’usage du descabello.

 

Renvoyé au corral pour boiterie, le second n’en n’avait apparemment pas envie… Après de longues tentatives il accepta et Ruben Pinar se retrouva devant un sobrero d’El Torero qui n’avait pas grand-chose à offrir, et comme le Ruben ne fut pas d’un grand cru…. Mal piqué, le faible cinquième se montra très vite court et avisé, touchant même l’albaceteño au mollet qui resta sous la menace et à force d’insister, finit par lui soutirer deux séries droitières plus que méritoires. Après un ultime avertissement et peu en confiance, il tua en quatre chapitres.

 

De peu de charges, le 3eme s’arrêtait à mi parcours à droite, vif et félin à gauche comme on le vit sur une petite pincée. Pepe n’ayant pas le Moral au beau fixe, ne trouva pas de solution avant de tuer en deux fois, la 1ere à la sauvette. Le sévillan écouta une bronca pour ne pas avoir voulu voir le dernier, pas véritablement un enfant de chœur. Le Moral dans les zapatillas, Pepe abrégea en trois tentatives sous l’ire du public… Et qui le lui fit encore savoir lorsqu’il quitta les arènes….

Nîmes : Triomphale corrida de rejon

 

 Neuf oreilles et un rabo que se partagèrent Pablo Hermoso de Mendoza (3o), Lea Vivens (3°) et Guillermo Hermoso de Mendoza qui confirmait son alternative (3o + r)

Corrida de rejón triomphaliste plus que triomphale avec bon nombre de trophées surévalués. Six toros de Fermín Bohórquez noble dans l’ensemble mais manquant de forces.

-Pablo Hermoso de Mendoza : Oreille et deux oreilles

-Léa Vicens : Deux oreilles et oreille

-Guillermo Hermoso de Mendoza : Oreille et deux oreilles y rabo.

Pst: DJ Valade, 4/5 d’entrée sous un ciel variable.

Nîmes 5 : Décevant 1 à 1

 

 Une oreille pour Castella et une pour Roca Rey à l’issue d’un mano à mano qui avait généré un « No hay billetes », le 1er depuis José Tomas et qui s’est déroulé avec un « No hay toros »…. Des no toros de Juan Pedro Domecq de peu de prestance, quasiment pas piqués et surtout d’aucun fond pour permettre aux deux toreros d’exprimer leur toreo, toreros qui firent l’effort d’essayer. Le public siffla le dernier à l’arrastre mais aurait du aussi protester ceux des cinq précédents.

-Sébastien Castella (lavande et or) Vuelta après large pétition et avis avec grosse bronca au palco, oreille et silence

-Andrés Roca Rey (cacao et or) Silence, oreille après avis et silence 

Pst: M. Plantier, sobresaliente Jeremy Banti (vert anglais et azabache), temps couvert avec quelques gouttes, énorme ovation pour les deux toreros avant la sortie du 1er toro. Salut des banderilleros J. Chacon au 3eme et R. Viotti au 5eme.

C’est avec le 1er toro que l’on eu droit aux meilleurs passages de la course. Réception avec des lances « made in Castella » et une réponse par un superbe quite à la péruvienne…. Devant un noble mais fade adversaire, le biterrois réussit à lier un bel ensemble ambidextre avant un final resserré et une épée efficace…. Mystère des dessous du patio de caballos, la dépouille fut arrastré illico, bien avant que le président ne puisse évaluer si la pétition était majoritaire….. La bronca oui et le tour de piste fêté… Le 3eme, un jabonero, fut celui de plus de fond au cheval auquel les deux toreros servirent un superbe quite por colleras. Brindée à G. Jugnot, la faena débuta par une longue série à genoux avant que S. Castella n’égrène ses muletazos coulés et liés sur les deux rives, beaux, mais manquant cruellement de sel. Entière sin puntilla et là le train de mules laissa le temps au président de finaliser. Avec le 5eme, noble mais sans personnalité, il attaqua par des cambiadas centrales superbement enchainées avant que le juanpedro ne s’éteigne.

Roca Rey n’insistera pas, à juste raison, devant son 1er et son 3eme adversaire soit trop faible soit creux et sans fond comme l’ultime de la course. Il reçut le 4eme d’une larga de rodilla volante enchainant par de superbes lances…. Après le simulacre de piques, il entama à genoux une faena de démonstration, jolie, mais sans surprise ni émotion, composant un beau plat dans lequel il manquait les épices… épée efficace et une oreille le péruvien.

Nîmes 4 : Sorties en triomphe pour Ureña et Aguado

 

 Par la porte des Consuls pour le murciano, présent, sincère et efficace, par celle des cuadrillas pour le sévillan, auteur d’une partition de grande classe au dernier. D. Urdiales, il est vrai le plus servit au sorteo, fut totalement absent des débats

Six toros de Victoriano del Río de présentation correcte et de jeu varié, s’employant avec vigueur, moins le 1er, sans le dernier, les secondes rencontres légères. De meilleur son les deux d’Ureña, non sans raison, compliqué ou peu evident les deux du Diego de Arnedo, de bonne tenue, sans plus le 6eme, P. Aguado ne pouvant composer au 1er sans allant et avec un vent contrariant…

-Diego Urdiales (noir et or) Silence et silence

-Paco Ureña (gris palombe et or) Oreille après avis et deux oreilles après avis

-Pablo Aguado (crème de lait et or) Silence après avis et deux oreilles

Ce dernier confirmait son alternative. Pst: L. Burgoa, demie entrée !!!!!!! Temps variable avec vent gênant par moments. Standing ovation pour les trois toreros avant la sortie du 1er toro.

Après la cérémonie de confirmation, P. Aguado eu à composer avec le vent et un toro de peu d’allant, ce qui ne lui permit que montrer quelques facettes de sa douce muleta.  Il reçut superbement le dernier de la matinée, noble et juste de fond mais qui lui fuit accéder avec classe aux lenteurs, douceurs, suavité et profondeur de son toreo aux effluves andalouses. Et Nîmes s’en enivra.

Rentrant fort à la 1ere pique, le second s’avéra peu clair d’entrée et mis le doute dans les trastos d’Urdiales, contrarié aussi par Eole, laissant le Victoriano s’aviser de plus en plus… Il resta aussi bien en deça de son second, certes court et aux reparties pas toujours franches, ne le sollicitant que du bout de sa muleta.

Restant longtemps en s’employant lors de sa 1ere rencontre avec la cavalerie, le 3eme fit une entame peu nette et malgré le vent, Ureña de la gauche d’abord, capta la noblesse de l’astado avant de monter d’un ton en passant à droite, se livrant sur des séries droitières de hautes notes avant un final varié sur les deux bords et sans faux plis. Entière tombée au 2eme essai.

Après s’être employé un bon moment dans le peto, le 5eme s’avéra coureur et gambadeur après les six statuaires de marbre, opinant même du chef des deux cotés… Et à nouveau, malgré le vent, il réussi à lui imposer une muleta précise et efficace, lui montrant le bon chemin avec toreria et poder, surtout sur le piton droit, se réservant l’autre pour un final bien calé juste avant une entière caidita efficace

Nîmes 3 : A. Ferrera et D. de Miranda par la grande porte…

 

 …Après 3h45 d’une corrida fleuve, le public déconnectant dans sa majorité bien avant la fin. Deux fois deux oreilles sur les deux premiers toros, on semblait parti sur un rythme soutenu, la suite fut moins prolifique. D. de Miranda laissa une superbe impression face au toro de sa confirmation, A. Ferrera eu deux facettes, Roman afficha de la détermination tandis que Toñete rendit copie blanche

Six toros de Jandilla, dont le 5eme bis et trois du fer de Vegahermosa, même casa (3°, 4° et 7°) bien présentés et donnant un jeu varié et divers, se laissant généralement faire au dernier tiers après avoir fait chacun deux fois leur devoir à la pique.

-Antonio Ferrera (bleu marine et or) Deux oreilles ! et silence après deux avis

-Román Collado Gouinguenet « Román » (sangre y oro) Salut après avis et oreille après deux avis

- David Pérez Sánchez « David de Miranda » (bleu marine et or) Deux oreilles et silence (confirmation d’alternative)

- Antonio Catalán Palazón « Toñete ». (lavande et or) Silence et silence

Pst: M. Tiberino, ¾ d’arenes sous un chaud soleil

D. de Mirande sut tirer tout le potentiel de l’excellent premier avec un toreo raffiné et superbement lié, de meilleur son à droite. Il avait ouvert avec quatre gaoneras immobiles, confirmé avec quatre statuaires immobiles et enchainé avec une faena ajustée qui alla a mas et conclut d’une belle épée après s’être violement et longuement fait accroché sur bernardinas serrées, sur lesquelles il reviendra avec le frisson de l’émotion en plus. Son second ne lui permit pas d’augmenter son capital trophée malgré une détermination de tous les instants. Cambiadas et manoletinas serrées et entre temps, un 7eme toro court et qui proteste.

A. Ferrera reçut de belle manière son premier, juste de forces et qu’il dut toréer avec douceur, de plus de tenue à gauche. Verticalité, douceur et allure pour un extremeño relâché avec toreria et concluant d’un recibir efficace, laissant le toro tomber seul, à la Espla. Son second bis fut offert à P. Ureña après s’être montrer au cheval. Il avait un fond de noblesse que le manque de forces masqua, obligeant Ferrera à un belle effort pour animer sa faena et parvenir à lier des series méritoires, meilleures à droite, allant jusqu’au bout du toro. L’épée nécessita l’usage du descabello avec lequel il connut une déroute.

Roman put étaler son toreo et son enthousiasme face à l’excellent 3eme particulièrement sur la corne droite avant un final par poncinas valencianas et manoletinas et une tentative de recibir avec voltereta et une seconde lame qui finit très bas…. Il initia sa seconde faenas de six statuaires statiques avant de lier de bons enchainements droitiers avant de passer sur l’autre rive et de continuer avec plus d’entrega que de fond, son adversaire manquant de transmission. Il ira chercher une oreille protestée par un final encimista et une superbe lame.

On pensait que le 4eme faisait un coup de sang avant qu’il ne se remette totalement mais sans proposer une bonne reparti à Toñete qui aligna des séries de belles factures mais aucune connexion avec les tendidos. Rien ne put décoller et seule la superbe épée fit réagir le public. Il ne fut guère mieux servi avec le dernier qu’il brinda à A Ferrera, et avec la nuit et la longueur du festejo, il aurait eu beaucoup de mal à intéresser le public…. Et il passa dans l’anonymat sans trop s’étendre. On lui en sera gré.

Nîmes 2 : La 59eme Cape d’Or pour El Rafi

 

 Un trophée qui, si le règlement énoncé avant la course avait été suivi par le jury, aurait du être déclaré desierto.

Six novillos de Pagès-Mailhan, juste de présentation, excepté le dernier, distrait pour la plupart avec un fond de noblesse souvent anodine, prenant bien leur deux piques, plus intensément les 3eme et 6eme, légères celles des 4eme et 5eme.

-Francisco de Manuel (argile et or) Vuelta et silence

-Diego San Román (purissima et or) Oreille et salut

-Raphael Raucoule « El Rafi » (gris et or) Deux oreilles et silence après avis

 Pst: M. Angelras. ¼ d’arenes sous le soleil avec vent à partir du 3eme

F. de Manuel parvint à fixer le 1er grâce à une muleta poderosa qui l’emmena par des cites ajustés dans des séries élégantes et efficaces, donnant de la distance avant un final par bernardinas et une entière sin puntilla au 2eme essai. Son second montra moins d’allant à la muleta au cours d’une faena débutée les deux genoux en terre et passa en mode défensif sur la fin, n’offrant guère d’option au madrilène.

D. San Roman débuta ses deux trasteos par doblones enchainant avec envie et alegria. Son premier démarra fort bien surtout à gauche grâce aux embestidas du novillo mais la suite fut un peu moins nette, se diluant quelque peu avant de revenir sur de meilleures bases et de conclure de belle façon après des manoletinas à genoux. Son second humiliait peu, se montrant réservé à l’entame et grâce à sa volonté il arriva a lui imposer des séries droitières bien construites avant une nouvelle épée placée et efficace.

El Rafi se montra d’entrée à son avantage à la cape y comprit au quite. Il attaqua par des cambiadas serrées avant de lier quelques bonnes series droitières puis gauchères avec les conseils de P. Varin. Appliqué mais manquant de lenteur il fit croitre l’intérêt du final pour un public tout acquis à sa cause avec des luquesinas liées avant une entière portée a l’encuentro efficace. Son second trophée fut plutôt tendance locale. Face au dernier il réussit à construire une faena structurée, de meilleure repartie à droite et toujours avec envie et application. Mais cette fois l’épée fut loin d’être de la partie

Nîmes 1 : Oreille pour T. Dufau à un toro de vuelta

 

Le landais se montrera le plus affuté lors de cette corrida d’ouverture, débuté par un “aguacero” qui refroidit quelque peu le conclave. T. Joubert et A. Younes, malgré leur envie et leurs bonnes intentions, n’y auront pas changé le cours de leurs carrières….

Le lot de toros d’El Torero bien présenté et de robes variées se montrera brave dans l’ensemble et avec de la noblesse, supérieur le second, « Pargo » N°15, honoré d’un tour de piste posthume, plus complique le 4eme, s’éteignant le 5eme, le 1er qui resta une éternité au cheval, y laissa une partie de son potentiel.

-Thomas Joubert (bleu EDF et or) Salut après avis et silence après avis

-Thomas Dufau (bleu ciel et or) Oreille et salut

-Andy Younes (blanc et or) Salut et silence

Pst: M. Angelras, ¼ d’arènes, orage juste avant le paseo, temps gris et frisquet avec vent, une minute d’applaudissement pour « Dudule » qui fit longtemps partie de la cuadra Heyral.

 

Le toro d’ouverture restera très longtemps sous le peto et T. Joubert frôlera la corne en glissant pour essayer de l’y en sortir et après une vuelta de campana il y retournera avec forces…. Début de faena avec quiétude et douceur de la part de l’arlésien qui récitera la meilleure partie de sa partition à gauche mais face à un toro qui avait trop donné au 1er tiers. Après des manoletinas serrées, une demi-lame et deux descabellos lui ôteront l’espoir d’un trophée. Le 4eme fera tomber la cavalerie à la 1ere rencontre et y reviendra avec intention encore deux fois avant de se montrer compliqué aux banderilles. T. Joubert aura du mal à trouver la bonne carburation à droite, composant des enchainements mieux structurés à gauche mais dans un ensemble irrégulier. ½ lame caida et une débâcle au descabello en guise de conclusion.

 

Deux largas de rodilla pour accueillir l’excellent second qui ira à mas au cheval en deux rencontres et qui fut brindé à R. Ripart, le joueur du Nîmes Olympique. Passes cambiadas au centre et T. Dufau enchaina les cites de loin pour embarquer son excellent adversaire dans des séries très bien construite. Tout aussi engagé à gauche, il mit parfois un peu le landais en difficulté mais sans le faire rompre. Final droitier enlevé avec redondos et changement de main avant une entière sin puntilla… Le 5eme poussa sur les deux piques qu’il prit, la seconde applaudit… T. Dufau débuta sa faena à genoux, le citant de 20 m avant d’enchainer deux belles séries. La gauche s’avérant plus compliqué d’autant que le « El Torero » avait baissé de ton et malgré les efforts du torero pour animer la faena, tout alla a menos avant une nouvelle superbe épée…

 

Le 3eme prit correctement ses deux puyas, faisant tomber sur un « croc en jambe » le groupe équestre à la 1ere. A. Younes débuta sa faena par derechazos les deux genoux en terre avant de lier de bonnes séries mais sans la fluidité nécessaire pour donner de la transmission à la noblesse déjà un peu fade de son adversaire. L’ensemble ne décollera pas mais l’épée elle lui vaudra une belle ovation. L’arlésien se montra décidé et varié en réceptionnant le dernier toro qui poussa fort en deux rencontres… Cambiadas centrales avant à nouveaux de bons enchainement mais comme à son premier tout peu à peu se dilua et là il eu beaucoup plus de mal à loger l’épée libératrice..


Cartels de Nîmes….

 

 Vendredi 7 juin à 18h00, six toros d’El Torero pour Thomas Joubert, Thomas Dufau et Andy Younes.

- Samedi 8 juin à 11h30, novillada de la Cape d’or : six novillos de Pagès-Mailhan pour Francisco de Manuel, Diego San Román et El Rafi.

-Samedi 8 juin à 18h00), six toros de Jandilla pour Antonio Ferrera, Roman, David de Miranda et Toñete.

-Dimanche 9 juin à 11h30, six toros de Victoriano del Río pour Diego Urdiales, Paco Ureña et Pablo Aguado, qui confirmera son alternative.

-Dimanche 9 juin à 18h00), six toros de Juan Pedro Domecq pour Sébastien Castella et Andrés Roca Rey, en mano a mano. 

-Lundi 10 juin à 11h30, corrida de rejón : six toros de Fermín Bohórquez pour Pablo Hermoso de Mendoza, Léa Vicens et Guillermo Hermoso de Mendoza, qui confirmera son alternative.

-Lundi 10 juin à 17h30, six toros de Victorino Martín pour Octavio Chacón, Rubén Pinar et Pepe Moral.