Nîmes : déception finale

 

 La cause essentiellement aux toros de Victorino Martín qui n’avaient en commun avec ceux de septembre dernier, que le nom. Ni la présentation et encore moins la caste… Pour ainsi dire rien aux piques et la même chose au dernier tiers et avec un manque évident de forces… Seule la maitrise de la lidia d’O. Chacón aura permit de voir quelques séquences non dénuées d’intérêt, R. Pinar montrant son courage face à l’avisé quinto tandis que P. Moral avait laissé le sien à Los Palacios…

-Octavio Chacón (vert rainette et or) Silence après avis et vuelta après avis

-Rubén Pinar (bleu piscine et or) Silence et salut

-José Moral Fernandez « Pepe Moral » (noir et or gris) Silence et pitos

Pst: L. Burgoa, 2/3 d’arènes sous un ciel variable. Cinq toros de Victorino et un sobrero de El Torero, 2eme bis, qui n’apporta rien à l’affaire. Salut des banderilleros Víctor Martínez et Ángel Otero au 5eme

 

Fade et trop juste de forces, s’agenouillant plusieurs fois, le 1er se laissa faire dans le leurre d’O. Chacon qui le conduit à sa guise essentiellement à droite avant de s’embrouiller grave avec l’épée. 100% droitière fut sa seconde faena devant un toro court qui l’avertit plusieurs fois et devant lequel il confirma sa maitrise avec une muleta poderosa. L’épée fut longue d’effet et nécessita l’usage du descabello.

 

Renvoyé au corral pour boiterie, le second n’en n’avait apparemment pas envie… Après de longues tentatives il accepta et Ruben Pinar se retrouva devant un sobrero d’El Torero qui n’avait pas grand-chose à offrir, et comme le Ruben ne fut pas d’un grand cru…. Mal piqué, le faible cinquième se montra très vite court et avisé, touchant même l’albaceteño au mollet qui resta sous la menace et à force d’insister, finit par lui soutirer deux séries droitières plus que méritoires. Après un ultime avertissement et peu en confiance, il tua en quatre chapitres.

 

De peu de charges, le 3eme s’arrêtait à mi parcours à droite, vif et félin à gauche comme on le vit sur une petite pincée. Pepe n’ayant pas le Moral au beau fixe, ne trouva pas de solution avant de tuer en deux fois, la 1ere à la sauvette. Le sévillan écouta une bronca pour ne pas avoir voulu voir le dernier, pas véritablement un enfant de chœur. Le Moral dans les zapatillas, Pepe abrégea en trois tentatives sous l’ire du public… Et qui le lui fit encore savoir lorsqu’il quitta les arènes….

Nîmes : Triomphale corrida de rejon

 

 Neuf oreilles et un rabo que se partagèrent Pablo Hermoso de Mendoza (3o), Lea Vivens (3°) et Guillermo Hermoso de Mendoza qui confirmait son alternative (3o + r)

Corrida de rejón triomphaliste plus que triomphale avec bon nombre de trophées surévalués. Six toros de Fermín Bohórquez noble dans l’ensemble mais manquant de forces.

-Pablo Hermoso de Mendoza : Oreille et deux oreilles

-Léa Vicens : Deux oreilles et oreille

-Guillermo Hermoso de Mendoza : Oreille et deux oreilles y rabo.

Pst: DJ Valade, 4/5 d’entrée sous un ciel variable.

Nîmes 5 : Décevant 1 à 1

 

 Une oreille pour Castella et une pour Roca Rey à l’issue d’un mano à mano qui avait généré un « No hay billetes », le 1er depuis José Tomas et qui s’est déroulé avec un « No hay toros »…. Des no toros de Juan Pedro Domecq de peu de prestance, quasiment pas piqués et surtout d’aucun fond pour permettre aux deux toreros d’exprimer leur toreo, toreros qui firent l’effort d’essayer. Le public siffla le dernier à l’arrastre mais aurait du aussi protester ceux des cinq précédents.

-Sébastien Castella (lavande et or) Vuelta après large pétition et avis avec grosse bronca au palco, oreille et silence

-Andrés Roca Rey (cacao et or) Silence, oreille après avis et silence 

Pst: M. Plantier, sobresaliente Jeremy Banti (vert anglais et azabache), temps couvert avec quelques gouttes, énorme ovation pour les deux toreros avant la sortie du 1er toro. Salut des banderilleros J. Chacon au 3eme et R. Viotti au 5eme.

C’est avec le 1er toro que l’on eu droit aux meilleurs passages de la course. Réception avec des lances « made in Castella » et une réponse par un superbe quite à la péruvienne…. Devant un noble mais fade adversaire, le biterrois réussit à lier un bel ensemble ambidextre avant un final resserré et une épée efficace…. Mystère des dessous du patio de caballos, la dépouille fut arrastré illico, bien avant que le président ne puisse évaluer si la pétition était majoritaire….. La bronca oui et le tour de piste fêté… Le 3eme, un jabonero, fut celui de plus de fond au cheval auquel les deux toreros servirent un superbe quite por colleras. Brindée à G. Jugnot, la faena débuta par une longue série à genoux avant que S. Castella n’égrène ses muletazos coulés et liés sur les deux rives, beaux, mais manquant cruellement de sel. Entière sin puntilla et là le train de mules laissa le temps au président de finaliser. Avec le 5eme, noble mais sans personnalité, il attaqua par des cambiadas centrales superbement enchainées avant que le juanpedro ne s’éteigne.

Roca Rey n’insistera pas, à juste raison, devant son 1er et son 3eme adversaire soit trop faible soit creux et sans fond comme l’ultime de la course. Il reçut le 4eme d’une larga de rodilla volante enchainant par de superbes lances…. Après le simulacre de piques, il entama à genoux une faena de démonstration, jolie, mais sans surprise ni émotion, composant un beau plat dans lequel il manquait les épices… épée efficace et une oreille le péruvien.

Nîmes 4 : Sorties en triomphe pour Ureña et Aguado

 

 Par la porte des Consuls pour le murciano, présent, sincère et efficace, par celle des cuadrillas pour le sévillan, auteur d’une partition de grande classe au dernier. D. Urdiales, il est vrai le plus servit au sorteo, fut totalement absent des débats

Six toros de Victoriano del Río de présentation correcte et de jeu varié, s’employant avec vigueur, moins le 1er, sans le dernier, les secondes rencontres légères. De meilleur son les deux d’Ureña, non sans raison, compliqué ou peu evident les deux du Diego de Arnedo, de bonne tenue, sans plus le 6eme, P. Aguado ne pouvant composer au 1er sans allant et avec un vent contrariant…

-Diego Urdiales (noir et or) Silence et silence

-Paco Ureña (gris palombe et or) Oreille après avis et deux oreilles après avis

-Pablo Aguado (crème de lait et or) Silence après avis et deux oreilles

Ce dernier confirmait son alternative. Pst: L. Burgoa, demie entrée !!!!!!! Temps variable avec vent gênant par moments. Standing ovation pour les trois toreros avant la sortie du 1er toro.

Après la cérémonie de confirmation, P. Aguado eu à composer avec le vent et un toro de peu d’allant, ce qui ne lui permit que montrer quelques facettes de sa douce muleta.  Il reçut superbement le dernier de la matinée, noble et juste de fond mais qui lui fuit accéder avec classe aux lenteurs, douceurs, suavité et profondeur de son toreo aux effluves andalouses. Et Nîmes s’en enivra.

Rentrant fort à la 1ere pique, le second s’avéra peu clair d’entrée et mis le doute dans les trastos d’Urdiales, contrarié aussi par Eole, laissant le Victoriano s’aviser de plus en plus… Il resta aussi bien en deça de son second, certes court et aux reparties pas toujours franches, ne le sollicitant que du bout de sa muleta.

Restant longtemps en s’employant lors de sa 1ere rencontre avec la cavalerie, le 3eme fit une entame peu nette et malgré le vent, Ureña de la gauche d’abord, capta la noblesse de l’astado avant de monter d’un ton en passant à droite, se livrant sur des séries droitières de hautes notes avant un final varié sur les deux bords et sans faux plis. Entière tombée au 2eme essai.

Après s’être employé un bon moment dans le peto, le 5eme s’avéra coureur et gambadeur après les six statuaires de marbre, opinant même du chef des deux cotés… Et à nouveau, malgré le vent, il réussi à lui imposer une muleta précise et efficace, lui montrant le bon chemin avec toreria et poder, surtout sur le piton droit, se réservant l’autre pour un final bien calé juste avant une entière caidita efficace

Nîmes 3 : A. Ferrera et D. de Miranda par la grande porte…

 

 …Après 3h45 d’une corrida fleuve, le public déconnectant dans sa majorité bien avant la fin. Deux fois deux oreilles sur les deux premiers toros, on semblait parti sur un rythme soutenu, la suite fut moins prolifique. D. de Miranda laissa une superbe impression face au toro de sa confirmation, A. Ferrera eu deux facettes, Roman afficha de la détermination tandis que Toñete rendit copie blanche

Six toros de Jandilla, dont le 5eme bis et trois du fer de Vegahermosa, même casa (3°, 4° et 7°) bien présentés et donnant un jeu varié et divers, se laissant généralement faire au dernier tiers après avoir fait chacun deux fois leur devoir à la pique.

-Antonio Ferrera (bleu marine et or) Deux oreilles ! et silence après deux avis

-Román Collado Gouinguenet « Román » (sangre y oro) Salut après avis et oreille après deux avis

- David Pérez Sánchez « David de Miranda » (bleu marine et or) Deux oreilles et silence (confirmation d’alternative)

- Antonio Catalán Palazón « Toñete ». (lavande et or) Silence et silence

Pst: M. Tiberino, ¾ d’arenes sous un chaud soleil

D. de Mirande sut tirer tout le potentiel de l’excellent premier avec un toreo raffiné et superbement lié, de meilleur son à droite. Il avait ouvert avec quatre gaoneras immobiles, confirmé avec quatre statuaires immobiles et enchainé avec une faena ajustée qui alla a mas et conclut d’une belle épée après s’être violement et longuement fait accroché sur bernardinas serrées, sur lesquelles il reviendra avec le frisson de l’émotion en plus. Son second ne lui permit pas d’augmenter son capital trophée malgré une détermination de tous les instants. Cambiadas et manoletinas serrées et entre temps, un 7eme toro court et qui proteste.

A. Ferrera reçut de belle manière son premier, juste de forces et qu’il dut toréer avec douceur, de plus de tenue à gauche. Verticalité, douceur et allure pour un extremeño relâché avec toreria et concluant d’un recibir efficace, laissant le toro tomber seul, à la Espla. Son second bis fut offert à P. Ureña après s’être montrer au cheval. Il avait un fond de noblesse que le manque de forces masqua, obligeant Ferrera à un belle effort pour animer sa faena et parvenir à lier des series méritoires, meilleures à droite, allant jusqu’au bout du toro. L’épée nécessita l’usage du descabello avec lequel il connut une déroute.

Roman put étaler son toreo et son enthousiasme face à l’excellent 3eme particulièrement sur la corne droite avant un final par poncinas valencianas et manoletinas et une tentative de recibir avec voltereta et une seconde lame qui finit très bas…. Il initia sa seconde faenas de six statuaires statiques avant de lier de bons enchainements droitiers avant de passer sur l’autre rive et de continuer avec plus d’entrega que de fond, son adversaire manquant de transmission. Il ira chercher une oreille protestée par un final encimista et une superbe lame.

On pensait que le 4eme faisait un coup de sang avant qu’il ne se remette totalement mais sans proposer une bonne reparti à Toñete qui aligna des séries de belles factures mais aucune connexion avec les tendidos. Rien ne put décoller et seule la superbe épée fit réagir le public. Il ne fut guère mieux servi avec le dernier qu’il brinda à A Ferrera, et avec la nuit et la longueur du festejo, il aurait eu beaucoup de mal à intéresser le public…. Et il passa dans l’anonymat sans trop s’étendre. On lui en sera gré.

Nîmes 2 : La 59eme Cape d’Or pour El Rafi

 

 Un trophée qui, si le règlement énoncé avant la course avait été suivi par le jury, aurait du être déclaré desierto.

Six novillos de Pagès-Mailhan, juste de présentation, excepté le dernier, distrait pour la plupart avec un fond de noblesse souvent anodine, prenant bien leur deux piques, plus intensément les 3eme et 6eme, légères celles des 4eme et 5eme.

-Francisco de Manuel (argile et or) Vuelta et silence

-Diego San Román (purissima et or) Oreille et salut

-Raphael Raucoule « El Rafi » (gris et or) Deux oreilles et silence après avis

 Pst: M. Angelras. ¼ d’arenes sous le soleil avec vent à partir du 3eme

F. de Manuel parvint à fixer le 1er grâce à une muleta poderosa qui l’emmena par des cites ajustés dans des séries élégantes et efficaces, donnant de la distance avant un final par bernardinas et une entière sin puntilla au 2eme essai. Son second montra moins d’allant à la muleta au cours d’une faena débutée les deux genoux en terre et passa en mode défensif sur la fin, n’offrant guère d’option au madrilène.

D. San Roman débuta ses deux trasteos par doblones enchainant avec envie et alegria. Son premier démarra fort bien surtout à gauche grâce aux embestidas du novillo mais la suite fut un peu moins nette, se diluant quelque peu avant de revenir sur de meilleures bases et de conclure de belle façon après des manoletinas à genoux. Son second humiliait peu, se montrant réservé à l’entame et grâce à sa volonté il arriva a lui imposer des séries droitières bien construites avant une nouvelle épée placée et efficace.

El Rafi se montra d’entrée à son avantage à la cape y comprit au quite. Il attaqua par des cambiadas serrées avant de lier quelques bonnes series droitières puis gauchères avec les conseils de P. Varin. Appliqué mais manquant de lenteur il fit croitre l’intérêt du final pour un public tout acquis à sa cause avec des luquesinas liées avant une entière portée a l’encuentro efficace. Son second trophée fut plutôt tendance locale. Face au dernier il réussit à construire une faena structurée, de meilleure repartie à droite et toujours avec envie et application. Mais cette fois l’épée fut loin d’être de la partie

Nîmes 1 : Oreille pour T. Dufau à un toro de vuelta

 

Le landais se montrera le plus affuté lors de cette corrida d’ouverture, débuté par un “aguacero” qui refroidit quelque peu le conclave. T. Joubert et A. Younes, malgré leur envie et leurs bonnes intentions, n’y auront pas changé le cours de leurs carrières….

Le lot de toros d’El Torero bien présenté et de robes variées se montrera brave dans l’ensemble et avec de la noblesse, supérieur le second, « Pargo » N°15, honoré d’un tour de piste posthume, plus complique le 4eme, s’éteignant le 5eme, le 1er qui resta une éternité au cheval, y laissa une partie de son potentiel.

-Thomas Joubert (bleu EDF et or) Salut après avis et silence après avis

-Thomas Dufau (bleu ciel et or) Oreille et salut

-Andy Younes (blanc et or) Salut et silence

Pst: M. Angelras, ¼ d’arènes, orage juste avant le paseo, temps gris et frisquet avec vent, une minute d’applaudissement pour « Dudule » qui fit longtemps partie de la cuadra Heyral.

 

Le toro d’ouverture restera très longtemps sous le peto et T. Joubert frôlera la corne en glissant pour essayer de l’y en sortir et après une vuelta de campana il y retournera avec forces…. Début de faena avec quiétude et douceur de la part de l’arlésien qui récitera la meilleure partie de sa partition à gauche mais face à un toro qui avait trop donné au 1er tiers. Après des manoletinas serrées, une demi-lame et deux descabellos lui ôteront l’espoir d’un trophée. Le 4eme fera tomber la cavalerie à la 1ere rencontre et y reviendra avec intention encore deux fois avant de se montrer compliqué aux banderilles. T. Joubert aura du mal à trouver la bonne carburation à droite, composant des enchainements mieux structurés à gauche mais dans un ensemble irrégulier. ½ lame caida et une débâcle au descabello en guise de conclusion.

 

Deux largas de rodilla pour accueillir l’excellent second qui ira à mas au cheval en deux rencontres et qui fut brindé à R. Ripart, le joueur du Nîmes Olympique. Passes cambiadas au centre et T. Dufau enchaina les cites de loin pour embarquer son excellent adversaire dans des séries très bien construite. Tout aussi engagé à gauche, il mit parfois un peu le landais en difficulté mais sans le faire rompre. Final droitier enlevé avec redondos et changement de main avant une entière sin puntilla… Le 5eme poussa sur les deux piques qu’il prit, la seconde applaudit… T. Dufau débuta sa faena à genoux, le citant de 20 m avant d’enchainer deux belles séries. La gauche s’avérant plus compliqué d’autant que le « El Torero » avait baissé de ton et malgré les efforts du torero pour animer la faena, tout alla a menos avant une nouvelle superbe épée…

 

Le 3eme prit correctement ses deux puyas, faisant tomber sur un « croc en jambe » le groupe équestre à la 1ere. A. Younes débuta sa faena par derechazos les deux genoux en terre avant de lier de bonnes séries mais sans la fluidité nécessaire pour donner de la transmission à la noblesse déjà un peu fade de son adversaire. L’ensemble ne décollera pas mais l’épée elle lui vaudra une belle ovation. L’arlésien se montra décidé et varié en réceptionnant le dernier toro qui poussa fort en deux rencontres… Cambiadas centrales avant à nouveaux de bons enchainement mais comme à son premier tout peu à peu se dilua et là il eu beaucoup plus de mal à loger l’épée libératrice..


Cartels de Nîmes….

 

 Vendredi 7 juin à 18h00, six toros d’El Torero pour Thomas Joubert, Thomas Dufau et Andy Younes.

- Samedi 8 juin à 11h30, novillada de la Cape d’or : six novillos de Pagès-Mailhan pour Francisco de Manuel, Diego San Román et El Rafi.

-Samedi 8 juin à 18h00), six toros de Jandilla pour Antonio Ferrera, Roman, David de Miranda et Toñete.

-Dimanche 9 juin à 11h30, six toros de Victoriano del Río pour Diego Urdiales, Paco Ureña et Pablo Aguado, qui confirmera son alternative.

-Dimanche 9 juin à 18h00), six toros de Juan Pedro Domecq pour Sébastien Castella et Andrés Roca Rey, en mano a mano. 

-Lundi 10 juin à 11h30, corrida de rejón : six toros de Fermín Bohórquez pour Pablo Hermoso de Mendoza, Léa Vicens et Guillermo Hermoso de Mendoza, qui confirmera son alternative.

-Lundi 10 juin à 17h30, six toros de Victorino Martín pour Octavio Chacón, Rubén Pinar et Pepe Moral.