Nîmes 5eme : Le meilleur pour Paco Ureña 

 

C'est-à-dire les ultimes séries de sa seconde faena en s’arrimant avec poder et toreria pour lier d’improbables muletazos… Le reste ne générant que peu d’intérêt à cause de toros compliqués, manquants de forces et de race, J. Adame face au meilleur du lot fut très irrégulier et superficiel, J del Alamo passant sans peine ni gloire tout en essayant de compenser le vide laissé par ses adversaires. Six toros de Fuente Ymbro superbement présentés, faisant illusion au debut avant de rechigner dans les muletas, meilleur le cinquième 

-Paco Ureña (bleu France et or) Salut et salut après 2 avis 

-Joselito Adame (purissima y oro) Silence et timide salut 

-Juan del Álamo (sangre y oro) Silence et silence après avis 

Pst J. Plantier, ¼ d’arène, temps gris et frais, salut des banderilleros Miguel Martin et Fernando Sanchez au 5°

 

Le faible 1er prit bien ses deux puyazos, mais n’eut pas le physique suffisant pour durer dans la muleta de P. Ureña qui s’appliqua, insista mais aucune émotion ne resurgit, la faena allant même a menos. Entiere caidita sin puntilla pour clore ce chapitre. Le 4°, superbement armé afficha de la présence, fit une vuelta de campana entre ses deux rencontres et se montra court mais encasté et chuta plusieurs fois. Le torero de Lorca, s’arrima pour lui tirer de bons muletazos à droite, l’autre bord étant encore plus compliqué, et parvint à la force du poignée à lier deux séries de grande valeurs, perdant un trophée avec l’épée.

 

Le 2° ira au cheval d’une forte charge et poussant bien, plus légère la seconde. J. Adame débutera par le bas, genoux ployés, mais très vite le Fuente Ymbro jouera les félins en jouant violement des cornes, aussi à droite qu’à gauche. Le mexicain abrégera avant d’en finir d’une épée entière et d’un coup de descabello. Il hérita ensuite du toro le plus abordable du lot qui prit bien ses deux piques et qui se laissa conduire à la muleta sans trop rechigner. Adame réussit quelques bonnes séquences des deux mains au milieu d’un ensemble trop irrégulier et décousu  pour prendre corps, le tout conclut de ¾ de lame coquine.

 

Le 3° avait quelques soucis avec ses antérieurs et prit deux puyas sans reliefs arrivant au dernier sans pouvoir exprimer son potentiel, avec des génuflexions toutes les quatre passes. J. del Alamo, encore marqué par sa voltereta d’Albacete, insistera mais en vain avant de conclure d’une demi-lame basse. Bondissant dans la cape, le dernier fut anodin au cheval et toréé en nocturne, pêchant par un bon manque de forces qui le fit se défendre de manière peu évidente à droite et plus violent sur l’autre corne. Del Alamo fit l’effort mais sans arriver a poser son toreo ni à faire rompre son adversaire, concluant d’une demi-lame à l’encuentro…


 Nîmes 4eme : Double sortie à hombros 

 

Si celle de Pablo Hermozo de Mendoza nous parait justifiée aux vues de nos connaissances equestres limitées, celle de Gines Marin est plus sujette à la générosité présidentielle qui lui accorda une seconde oreille de peu de potentiel, comme le fut celle octroyée à Juan Bautista, l’arlésien perdant par la suite, à l’épée, ce qui est exceptionnel, une nouvelle porte des Consuls au 5°. Deux toros de Sánchez y Sánchez pour le rejon, excellent le second primé d’une vuelta posthume et quatre de Victoriano del Río pour la lidia a pied, bien présentés mais décevant dans l’ensemble en s’éteignant en cours de faena et manquant de forces, meilleur le 5° qui tomba dans la muleta de l’arlésien 

-Pablo Hermoso de Mendoza Silence et deux oreilles 

-Juan Bautista (grenat et or) Oreille !!! et vuelta après 2 avis 

-Ginés Marín (grana y oro) Deux oreilles !!! et silence après avis 

Pst : DJ Valade, 2/3 d’entrée, temps gris et vif, sobresaliente Jeremy Banti (espuma y oro), musique pour tous….

 

P Hermoso de Mendoza toucha un premier toro de peu d’envergures. Il s’appliqua avec maestria aux banderilles sur Januca, supérieur avec Disparate et ses changements de « pieds » et Nevado à la conclusion pour un rejon long d’effet avant deux descabellos.. Sa seconde actuaccion sera d’un niveau bien supérieur, grâce aux qualités de son adversaire, mais aussi au spectacle des sa cuadra, Berlin énorme, Donatelli et ses pirouettes avant de finir avec Ignorado, courtes, paire à deux mains et un mete y saca définitif…

 

Juan Bautista affichera sa détermination au 1er tiers, le toro allant fort au cheval mais s’y employant par à-coup, G. Marin répondant au quite de l’arlésien. Juste de forces et court malgré un petit fond de noblesse, meilleur à droite, le Victoriano glissera peu à peu vers les tablas, JB le gardant dans sa muleta avant de la lui imposer plus fermement sur la fin et de conclure d’une demi-lame à l’encuentro. Véroniques les genoux pliés pour recevoir le 5°, long à se livrer face à la cavalerie mais s’y jetant avec force et agressivité par deux fois, Alberto Sandoval frôlant le vol plané en plantant la pique dans le sable après avoir… manqué le toro. A nouveau Juan Bautista trouva d’entrée la solution de l’équation avec sa muleta poderosa et efficace pour construire une enieme faena de haute tenue, à droite au début, en alternant par la suite et en allant crescendo, mettant au final le public debout… Demi lame al recibir, un pinchazo, une demie, une épée basse et le descabello verront s’envoler les espoirs de triomphe….

 

Deux belles rencontres et un quite par gaoneras pour le 3° avec une superbe réponse de Juan Bautista par farols à Gines Marin qui brinda son trasteo à …S Casas. Un trasteo qui débuta par deux génuflexions du Victoriano qui se laissera faire mais sans allant, l’essentiel provenant de la toreria allurée et fine de l’extremeño qui lia sur les deux bords avant un final par redondos inversés et manoletinas avant une entière dans le rincon… La seconde oreille pour renchérir sur celle octroyée à JB, ne s’imposait pas non plus. Le 6° sortit avec de la présence, s’employant plus sur la seconde pique mais ses forces limitées et sa fade noblesse plomberont la faena de G. Marin, toréant avec bon gout avant de faire durer son seul plaisir devant un toro éteint qu’il pinchera 4 fois avant de le… descabeller.


Nîmes 3eme : Trois oreilles pour E. Ponce 

 

L’insatiable torero valencian a à nouveau fait étalage de son immense talent, paraissant même trop facile, surtout quand il lui sortit un adversaire comme le Nuñez del Cuvillo, qu’il en fit un toro de vuelta…. Moments importants avec Sébastien Castella face à un Fuente Ymbro de respect et avec le dernier, l’épée lui faisant perdre une bonne paire d’oreilles. Vide-grenier ganadero avec des toros de six fers différents, de tous types et de tous âges. Sortirent dans l’ordre un El Vellosino de presque 6ans, un Victoriano del Rio, un Nuñez del Cuvillo, un Fuente Ymbro, un Parladé et un Toros de Cortes, infumables les deux premiers, meilleur les 3° et 6°, decasté et compliqué le 5°, exigeant et intéressant en tout le 4° 

-Enrique Ponce (bleu piscine et or) Oreille !!!! après avis, deux oreilles après avis et silence après avis 

-Sebastián Castella (bleu ciel et or) Silence, vuelta après avis et silence après deux avis et forte ovation de despedida 

Sobresaliente : Jeremy Banti. Pst. L. Burgoa, 4/5 d’arenes, temps variable, final en nocturne, le 3° "Ganador", N° 137, de Nuñez Del Cuvillo fut primé d'une vuelta posthume. Salut de Rafael Viotti et Vicente Herrera au 4°

 

Noble mais decasté, l’âgé et feo Vellosino, trouva en face de lui un Ponce en démonstration qui lui servit une faena parfaitement ajustée, jolie, ponçée mais sans saveur sur les deux rives, conclue d’une entière caidita au 2° essai, nécessitant l’usage de l’espada a cruceta. De bonne composition face au cheval, bien qu’économisé, le Nuñez del Cuvillo s’avéra être le toro idéal pour un Enrique Ponce meilleur que jamais en cette année 2017. Avec une déconcertante facilité, le valencian le mit dans sa muleta de A jusqu’Z, donnant un intérêt croissant à son duo sur les deux bords, profitant de la noblesse pour faire partager son plaisir, et sa souplesse avant de loger une lame dans le rincon. Le Parladé afficha son manque de forces d’entrée, prit deux puyazitos anodins avant de poser des problèmes à la cuadrilla qui passa et repassa pour poser les quatre banderilles réglementaires. Peu évident et peu clair, il ne se livra pas dans le leurre du torero de Chiva qui n’en tira qu’une bonne série à gauche avant de conclure de ¾ de lame longs d’effet. A l’issue de cette faena, E. Ponce coupa la coleta au banderillero valenciano Antonio Puchol…

 

Après etre allé au quite sur le 1er toro de Ponce, S. Castella confirma son envie en realiant un quit par chicuelinas ajustées à son Victoriano del Rio entre deux picotazos. Tardo, soso, il ne transmit rien dansla muleta pourtant allurée du biterrois qui une premiere fois s’égara avec l’épée. Toro sérieux et bien armé, le Fuente Ymbro alla deux fois au cheval par de belles arrancadas mais sans suite. Brindée à Ponce, la faena débuta par une dizaine de passes, les pieds rivés au sol, avant que «zorrero» n’affiche ses exigences et un certain manque de forces mais en transmettant. Peu à peu S. Castella se le mit dans la muleta avec beaucoup d’aguante avant un final intense dans un toreo de cercania osé et ajusté qui fit monter l’intérêt…. L’épée une nouvelle fois ne fut pas au rendez-vous. Le « Toro de Cortes » desarçonna le piquero de turno qui échappa de peu à la cornada lors de la seconde rencontre. Ponce vint au quite avec finesse avant que sept cambiadas enchainées n’ouvre la faena et que suivent deux superbes séries de la droite, le toro s’avérant excellent par sa noblesse et sa classe. Le biterrois le laissa récupérer entre les séries avant de lier des muletazos, la main basse sur les deux rives, de meilleur son à droite, faisant même un peu trop durer sa partition et avant de sécher à nouveau les armes à la main. 

S. Castella quittera l’amphithéâtre sous une tres forte ovation et E. Ponce par la porte des Consuls accompagné de l’hymne valencian…


 Nîmes 2eme: Juan Bautista, Consul de Nîmes  

 

L’arlésien, voguant sur les sommets, s’est offert sa 13° portes des Consuls, porte qu’il franchira en compagnie d’Andy Younes le jour de son alternative, bien que les deux sorties triomphales n’aient pas la même teneur. Quant à A. Talavante, certes le plus servit de cet encierro disparate, il n’afficha pas non plus une grande envie de se meler à la ceremonie entre les deux toreros d’Arles. Alternative reussie donc pour A. Younes, dont le parrain, Juan Bautista, remplaçait A. Ferrera qui remplaçait J.M. Manzanares. 

Quatre toros de Núñez del Cuvillo, un de Victoriano del Rio (2°) et un de Garcigrande (5°) de tous type, de tous âges, meilleur le 1er , «Gavilan» N°66, le toro de la cérémonie, de bonne composition les 4° et 5°, manso le 3°, de prêt de 6 ans… 

-Juan Bautista (vert anglais et or) Oreille et deux oreilles après avis 

-Alejandro Talavante (réglisse et noir) Bronca et silence 

-Andy Younes (eau de rose et or) Oreille après avis et deux oreilles !! 

Pst C. Enjolras, ½ arène sous le soleil 

Ovation pour Andy Younes avant la sortie de son toro d’alternative qu’il brinda à ses parents, un joli Nuñez del Cuvillo, qu’il réceptionnera fort joliment avant un quite de même saveur entre deux picotazos. Début de faena superbe avec des séries droitières de belles factures, qu’apprécia « Gavilan », le toro idéal pour cet événement. Le passage à gauche se fit dans de bonnes conditions mais avec moins d’empaque avant un final à gusto, l’arlésien profitant au mieux des possibilités de son adversaire, se faisant accrocher sans mal dans le final avant de clore d’une lame caidita au 2° essai. Le dernier, poussa fort à la 1ere rencontre avant une seconde plus légère, affichant sa caste aux banderilles en surprenant M. de Los Reyes puis Abraham Neiro qui passa sous le toro. Superbe entame par cambiadas suivie de series droitières marquées par beaucoup de gana face à un adversaire noble mais assez court et enracé, la suite baissant de ton par le manque de métier compréhensible du neo-matador de toros. La mise à mort en s’engageant, ce qui lui valut une voltereta, sera plus efficace qu’orthodoxe, le public lui obtenant une double récompense !!!

 

Juan Bautista toucha en premier un toro juste de forces qui ne se livrera guere dans sa muleta, beuglant à tue-tête et s’agenouillant quelques fois. JB lui imposera son toreo, sur les deux rives et en le faisant aller à mas avant un final rapproché, conclut d’une entiere caidita au volapié. Il conduira le 4° au centre par chicuelinas marchées, comme il le mettra en suerte pour deux rencontres sans reliefs. Il cédera au public pour poser les bâtonnets, ce qu’il fera approximativement. Superbe début de faena à genoux devant un toro sans classe et aux retours félins. Il se le mettra dans la muleta avec poder et toreria pour une démonstration de toreo qui ira à mas jusqu’aux luquesinas finales, l’épée portée parfaitement al recibir lui ouvrira une nouvelle porte des Consuls.

 

Talavante héritera en 1er d’un viejo manso qui ne l’inspirera pas du tout, abrégeant, si l’on peut dire, d’une kyrielle de pinchazos en prenant le perif… Il brinda au public le 5°, un Garcigrande volumineux mais de peu de tête, qui fit voler les planches d’entrée en guise de réconciliation. Manso de peu de fond et sans classe il ne permit pas à l’extremeño de se racheter après avoir tenté de lier quelques muletazos ou le toro jouait de la corne. Final par lame tendida


 Nîmes 1ere : Oreille pour Jésus Enrique Colombo 

 

Le vénézuélien confirmera ses excellentes dispositions, impactant sur le public malgré une seule oreille dans son esporton. Jorge Isiegas a lui aussi laissé une bonne impression tandis que Tibo Garcia a perdu une possible oreille avec l’épée face au dernier, son premier s’avérant très complique et peu net. Six novillos de José Cruz joliment présentés mais de comportement plus varié, noble mais baissant d’intérêt les deux premiers et le dernier, manso et très problématique le 3°, tardo et exigeant le 4°, encasté et violent le 5°. Tous accomplissant honorablement leur devoir au cheval, la seconde pique tres souvent pour la forme 

-Jesús Enrique Colombo (bleu et or) Salut après 2 avis et oreille après 2 avis 

-Jorge Isiegas (fushia et or) Salut après avis et silence après avis 

-Tibo García (purissima et or) Silence et silence après 2 avis 

Pst Mr Tiberino, ¼ d’arènes, temps gris se bonifiant en cours de festejo mais température fraiche et final en nocturne. Minute d’applaudissement lors du paseillo à la mémoire des toreros disparus, I. Fandiño, Damaso Gonzalez….

 

Superbe et variée réception du 1er, un novillo bien roulé qui fera rouler le groupe équestre avant une seconde pique light. Excellent début de faena avec un Colombo qui la joue facile et élégant avec une belle maturité sur des séries droitières limpides et liées avant que le José Cruz, juste en forces, ne baisse de ton en passant par la gauche. Le vénézuélien parvenant à lui offrir encore quelques enchainements poderosos et allurés avant de s’égarer avec l’épée. Deux piques prises avec décision, la 1ere à sa seule initiative, le quatrième mettra en déroute la cuadrilla aux banderilles, avant de s’averer tardo et exigeant face à la muleta, une muleta qu’il prendra avec conviction et liant, si elle reste ferme sous ses yeux. C’est ce que réalisera avec efficacité J.E. Colombo sur des séries intenses, s’y imposant aussi sur la corne gauche. Manoletinas serrées avant une estocade d’école mais longue d’effet, le novillo se relevant deux fois en longeant les barrières.

 

Jolie réception pour le second qui prendra bien deux piques assez appuyées avant de débuter avec noblesse la faena, permettant à J. Isiegas d’exprimer un toreo bien pensé et élégant, essentiellement à droite. Comme le 1er, le novillo baissera d’intensité et ce sera l’aragonais qui animera le final avec variété avant de conclure en 2 temps. Le 5° mettra à l’épreuve le protégé d’Alberto Aguilar par sa caste agressive avec une pointe de violence. J. Isiegas s’arrimera et parviendra à garder le cap avec vaillance et vocalises, se faisant bousculer à la seconde épée avant de sécher avec le descabello.

 

Fuyard d’entrée le 3° ira chasser la cavalerie avec véhémence tout en laissant apercevoir des réactions peu claires dans la cape de T. Garcia, un comportement qui se confirmera au dernier tiers, peut-être dut à un problème de vision. Le nîmois parviendra à lier quelques séries méritoires de la droite mais toujours à la merci d’un extraño avant de s’égarer les armes à la main. Combattu en nocturne, le sixième, d’excellentes conditions, permettra à Tibo Garcia d’exprimer son toreo surtout sur d’excellentes séries droitières avant que le novillo ne baisse de ton et qu’hélas, une nouvelle fois l’épée ne soit pas au rendez-vous…..