Sébastien Castella, maître de Lachepaillet 

 

-Antonio Ferrera (fuchsia et or) : silence et sifflets 

-Sébastien Castella (sang et or) : deux oreilles et deux oreilles 

-José Garrido (crème fouettée et azabache) : silence et salut 

Le lot de toros d’Antonio Bañuelos qui eut en charge de clôturer la temporada taurine de Bayonne sortit en piste léger de présentation mais correctement armé et de jeu desigual. 

 

Alors qu’il triomphe partout où il passe depuis son retour dans les ruedos en début d’année, Antonio Ferrera ne fut que l’ombre de lui-même en cette tarde. Face à Perdigon lourdement châtié à la pique, il expédia le second tercio sans être à son avantage. On notera une première paire à la bandera espagnole, clin d’œil aux polémiques d’il y a quelques jours à Bilbao … Sébastien Castella, très motivé, réalisa un superbe quite par tafalleras ajustées. Ferrera resta loin et profilé de son Bañuelos soso et sans transmission. ¾ de lame. 5 descabellos. Alors que l’on espérait qu’Antonio redore son blason avec son second toro, il n’en fut rien ! Il s’abstint de poser les banderilles après avoir fait lourdement châtier Enlotado sous le fer. Ferrera abrégea une faena qui n’eut guère le temps de commencer et la conclut par deux tentatives d’épée dont Rafael de Paula dans ses grandes tardes n’aurait point rougi. 

 

Il en fut tout autre avec Sébastien Castella toujours en osmose avec les arènes de Lachepaillet. Moldavo fut bien ménagé à la pique. Sébastien profita de sa noblesse et débuta sa faena par des statuaires d’anthologie qui firent rugir les tendidos et déclenchèrent aussitôt la musique. Il alterna ensuite sur les deux cornes une faena qu’il étira jusqu’à un final encimiste son toro s’étant éteint. Entière caida. Deuxième oreille présidentielle généreuse. Sébastien réceptionna Velloson par des véroniques genoux à terre : le ton était donné. Le Bañuelos s’employa lors de sa première rencontre avec José Manuel Moreno, mais fut plus discret lors de la seconde. Au tercio suivant José Francisco Borrero et Vicente Herrera Fragua furent invités à saluer pour leurs prestations palos en main (leur collègue Raphael Viotti ayant lui salué au précédent). Tout continuait de se dérouler sans accro. Sébastien entama par ses traditionnelles cambiadas al centro du plus bel effet sur le public, et déroula ensuite une faena parfaite, tel du papier à musique. Jamais un pas de trop, ou un centimètre de terrain perdu, tout fut réalisé avec une justesse et une simplicité déconcertante. Le toro eut du mal à tenir le rythme imposé par Castella et baissa d’un cran en fin de faena. Sébastien réduisit au maximum la distance, et égraina les derniers muletazos au fil des cornes de Velloson. Entière caïdita. Vuelta al ruedo pour le noble Bañuelos. 

 

Platanero finissait à peine son premier tour de piste, que la présidence avait déjà dégainé le mouchoir vert dans l’incompréhension générale… et fut remplacé par Dorado qui mit la cuadrilla de Garrido en déroute. Le Bañuelos fut brusque et violent dans la muleta de Garrido qui faute de solutions abrégea. Entière. Tembloroso après avoir cassé la pique d’Oscar Bernal s’avéra être lui aussi compliqué et tardo. Garrido pas très à l’aise, resta prudent face à un tel opposant, et ne parvint qu’en fin de faena près des planches à lui tirer deux bonnes séries. Pinchazo. Demi. 

4/5 d’arènes. Temps chaud et 2 fois trois gouttes de pluie. 

 

Textes Vicente, Photos www.photoslouise2z.com

 

Bayonne Finale des Novilladas non piquées 

 

En matinée devant une arène abondamment garnie la finale des novillas non piquées de Bayonne fut gâchée par la faiblesse et le manque de force des erales du Camino de Santiago malgré une noblesse évidente. Manuel Diosleguarde mieux servi au sorteo fut déclaré vainqueur. 

-Manuel Diosleguarde (bleu piscine et or) : double vuelta 

-Arturo Gilio (bleu ciel et or) : salut et silence

 

 Ureña, Roi de Bayonne 

 

-Juan Bautista (picholine et or) : silence et deux oreilles 

-Paco Ureña (lucque et or) : oreille et deux oreilles après avis 

-Andres Roca Rey (cœur de bœuf et or) : silence après avis et salut après avis  

Les toros d’El Freixo du maestro El Juli faisaient leur présentation en France après une novillada piquée sortie à Captieux en 2010. Nous ne nous attendions pas à des débordements de caste et de la bravoure à revendre, mais plutôt à de bons collaborateurs, nobles à souhait (de figuras). Mais finalement sortirent en piste, six toros, costauds et aux armures commodes, aux comportements similaires : bataille sous la première pique, attirance vers les tablas, et dégonflage rapide (noble le second et manso le cinquième). Dans un tel contexte, on ne sut ce qui poussa le mayoral à tenter un salut en piste, eureusement rapidement avorté. 

 

Le premier Freixo, fut surtout intéressé au premier tiers par savoir ce qu’il y avait derrière le cheval du picador, après quoi Paco Ureña vint faire un quite par gaoneras. La charge de Malechor fut courte, sans classe ne passant pas mieux à droite ou à gauche. Juan Bautista, tel Ordonnez, abrégea rapidement misant tout sur le suivant. Entière caida. L’arlésien reçut Nitidor par des véroniques de qualité genoux à terre. Surpris par son toro lors de son brindis au public, JB entama sa faena montera en main. Rapidement le Freixo se dégonfla et fila aux planches où Juan Bautista parvint tout de même à lui tirer quelques bonnes séries ambidextres. Comme à l’accoutumée le recibir enivra les foules, et la présidence. 

 

Le péon de confiance de Paco Ureña puisa au sorteo matinal la paire la plus équilibrée : le ‘’meilleur’’ et le pire des Freixo du jour. Niñero poussa avec bravoure lors de la première rencontre et vint de loin sur la seconde sans toutefois s’employer. Ureña débuta sa faena brindée au public par des statuaires de qualité. Après avoir enchainé de valeureux déréchazos, el murciano au toreo sincère entreprit la corne gauche du sarde qui raccourcit rapidement sa charge et chercha l’homme. Le Freixo envoya valdinguer dans les airs Ureña avant de tenter de le prendre au sol. Paco sortit sonné de cette violente voltereta, mais tira avec fermeté encore quelques précieuses séries. Après un pinchazo, Ureña réalisa un estoconazo avec un engagement total et de face. Il ne sait ‘’ni dissimuler, ni mentir’’. Ninero résista à la mort et s’affaissa lentement sous les applaudissements des arènes de Lachepaillet et du maestro. Dès ses passages dans la cape d’Ureña le quinto s’avéra avisé et peu collaborateur. Lors de la première rencontre sous le fer Notificado déséquilibra Pedro Iturralde qui réalisa un impressionnant vol plané. S’ensuivirent deux rencontres de manso. Paco tout au long de sa faena fit preuve de courage et d’une immense sincérité dans son toreo face à un toro tardo et brusque qui décocha sans cesse de violents coups de tête. Le Freixo laissant planer un danger sourd s’enfuit aux tablas, où Ureña alla l’affronter sans peur et sans reproche s’exposant au fil des cornes pour d’ultimes séries. Pinchazo. Estoconazo libérateur. (mention particulière à la présidence qui lança la musique au milieu d’une faena pesante en intensité dramatique et au chef de la musique pour son choix du concerto d'aranjuez en total discordance avec ce qui se passait en piste - fort mécontentement du public). 

 

Comme les toros du Juli, Andres Roca Rey faisait sa présentation à Bayonne, le moins que l’on puisse dire c’est que lui aussi ne laissera pas un grand souvenir … Le péruvien répondit au quite de Juan Bautista et entama sa faena par des statuaires. Il enchaina par des derechazos main basse puis la faena sans transmission alla a menos. Lointaines manoletinas. Pinchazo. Bajonazo. L’ultime Freixo enchaina les tours de ruedo dès sa sortie en piste, puis alla par deux fois au cheval où il poussa avec bravoure. Liriquillo s’avéra soso dans l’étoffe du péruvien qui essaya tout de même de le faire rompre tout en gardant ses distances. Son toro baissa d’un cran, partit aux planches où le péruvien s’éternisa. Demi bajonazo. Descabello. 

3/4 d’arène, temps estival 

 

Textes Vicente, Photos www.photoslouise2z.com

 

Arturo Gilio en finale

  

En matinée, face à une faible entrée due au climat hivernal (les absents ont toujours tort) le mexicain Arturo Gilio se qualifia haut la main pour la finale du lendemain. Les quatre erales du Lartet nobles et encastés firent très forte impression en piste avec vuelta posthume au 3°.

 

-El Lauri : (bleu et or) saluts
-Dorian Canton : (vert et or) vuelta
-Arturo Gilio : (rose et or) deux oreilles
-Alvaro de Faranda : (praline et or) silence
 

 Bayonne : Ils ratèrent le coche 

 

-Andy Younes (guimauve et or) : silence après avis, silence, silence après avis 

-Adrien Salenc (bleu lagon et or) : silence après avis, salut et silence. 

Pour cette entame de la Féria de l’Atlantique 2017, les novillos aragonais de Los Maños revenaient à Bayonne après leur bonne prestation de l’an passé. Le lot de cette année, toujours bien présenté, manquant un peu de race, de poder au cheval et de chispa à la muleta, permettait le triomphe dans le cadre de ce mano a mano franco français. 

 

Joterito fut accueilli par des véroniques d’Andy Younes, et le premier des trois quites de la soirée d’Adrien Salenc. Sous le fer ce fut une pique et un picotazo comme pour ses frères par la suite. Le Maños avait un fond de noblesse mais manqua de transmission, et cela se ressentit cruellement dans la faena d’Andy qui resta très périphérique et dont on ne retiendra que deux séries de naturelles. Pinchazo. Mete y saca. Bengavino s’employa lors de sa première rencontre sous le fer et s’évertua en vain à pousser la lourde cavalerie Heyral. La seconde fois il vint de loin pour un picotazo. Andy brinda sa faena au public de Lachepaillet et l’entama par des cambiadas al centro del ruedo. Le novillo très noble, à la charge allègre, humilia bien dans l’étoffe de l’arlesien qui le cita de loin avant de raccourcir la distance. La faena ambidextre frôla l’intérêt mais on sentit que tout cela permettait beaucoup mieux. Kyrielle de pinchazos. Avis. Tiers de lame. Descabello. Vuelta posthume pour un bon novillo mais qui n’avait rien d’exceptionnel. Le quinto fut le vilain petit canard du lot. Comme ses frères d’arme, il poussa lors de la première rencontre dans le peto, et resta discret à la seconde. Andy répondit au quite d’Adrien, la seule fois de la soirée : competencia … Aviador fut tardo, réservé et rapidement attiré par les tablas. Andy Younes s’évertua à tirer en longueur sa faena, ce que n’apprécièrent guère les tendidos saisis par la froid. Ensuite l’arlesien s’en vit des pierres pour le cadrer. Re-difficultés aux aciers : cinq pinchazos. Tiers de lame après avis. Attention l’alternative est pour très bientôt.

 

Adrien Salenc accueillit son premier novillo par des véroniques allurées. Lindero, le seul negro du lot, fit une vuelta de campana entre la forte première pique trasera et le picotazo de la deuxième. Adrien brinda au ciel sa faena, et débuta en citant de loin. Le Maños vint bien, passe et repasse surtout à droite, avant d’être attiré par les planches. Pinchazo. Entière caida. Avis. Aviador le 34, après avoir poussé sous la première pique de Gabin Rehabi fit deux vueltas de campana, la seconde pique fut donc symbolique. Le novillo baissa de plusieurs crans à l’issu de ce premier tercio. L’ancien élève de la fondation d’El Juli entama sa faena les genoux ancrés dans le sable bayonnais. Il y eut un peu de tout au cours de cette faena, notamment une trinchera digne de Curro Diaz, et de bonnes naturelles, mais rapidement le novillo s’éteignit définitivement aux tablas. Pinchazo. Tiers de lame. Listillo s’avéra le plus brave au cours des deux rencontres sous la puya de Pedro Iturralde. Le public et la présidence souhaitèrent le voir une troisième fois, alors qu’Adrien préféra lui un changement de tiers. Mais dans ce contexte peu propice la troisième rencontre n’eut point lieu. Le dernier cardeno est tardo et brusque, Adrien étonnamment  abrègea. Pinchazo. Entière caida. 

Minute d’applaudissements à l’issu du paseo en hommage à Damaso Gonzalez. Salut d'Aiser Echanis et Manolo de los Reyes de la cuadrilla d’Adrien Salenc au troisième. Tiers d’arène. Temps froid après les pluies de l’après midi 

 

Textes Vicente, Photos www.photoslouise2z.com