Trois oreilles pour Juan Leal 

 

Six toros de Pedraza de Yeltes 

-Manuel Escribano (rouge et or): avis et salut – salut. 

-Juan Leal (lilas et or) : 2 oreilles – oreille. 

-Roman (bleu roi  et or) : oreille – avis et silence. 

Lot le plus sérieux de la Feria niveau présentation. On s’attendait cependant à un peu plus de présence au premier tiers  car, malgré deux chûtes avec  le  second et le  troisième, la plupart des toros sont allés au cheval et sont restés dans le peto sans faire preuve d’une combativité excessive sous des piques souvent dosées (13 rencontres). A la muleta, premier, second et quatrième ont manqué de force avec une charge réduite, les deux plus intéressants ont été les deux derniers qui ont fait preuve d’une noblesse vibrante, doublée d’une caste débordante pour le sixième. 

Le premier Pedraza est un toro d’estampe. Escribano le reçoit de deux largas à genou, entre lesquelles le toro  fait voler les planches. Il charge à deux reprises avec un entrain mesuré la cavalerie, poussant un peu sur une corne d’abord  pour s’endormir dans le peto ensuite. Du second tercio on retiendra le quiebro por dentro en citant assis sur l’estribo, les deux autres paires étant assez moyennes. Face à cet adversaire qui va à nouveau faire sauter les planches avant la première passe de muleta mais qui n’aura qu’une charge réduite et la langue pendante pendant tout le  combat,  Escribano nous livre une prestation laborieuse et assez terne qui n’arrivera pas à prendre son envol  et qui se termine par une mise à mort sans aucun engagement. ¼ de lame et entière basse. Il semble plus décidé avec le quatrième qu’il va recevoir à porta gayola et qu’il place au cheval par chicuelinas marchées pour une première pique sous laquelle le Pedraza s’emploie sans mettre les reins. Il rechargera du centre pour une deuxième rencontre dosée où il s’investit à nouveau sans grand poder. Après trois paires correctes, Escribano attaque au centre par une cambiada mais le toro tarde à charger et, bien que maniable ensuite, il  manquera de force et de transmission et malgré un début de faena intéressant qui laissait espérer davantage pour la suite, la faena manquera d’intensité et d’engagement. Pinchazo par le périphérique, le Pedraza se couche sans être estoqué, c’est dire la force qui l’animait ! 

Le second Pedraza  s’affirme beaucoup plus au premier tiers en chargeant et poussant la cavalerie à trois reprises, envoyant le piquero au sol sur l’impact de le seconde rencontre. Mais il prendra également beaucoup de capotazos destinés à le détourner à plusieurs reprises du réserve qui semblait l’attirer tout particulièrement.  Malheureusement, il y aura laissé une partie de ses forces, lui aussi va arriver au dernier tiers sans grande fougue dans sa charge,  langue pendante et fléchissant à  plusieurs reprises. Leal, qui entame sa faena au centre et  à genou, nous livrera ensuite quelques séquences joliment enchaînées sur les deux cornes  dans un registre classique, se contentant d’un court numero encimista au final, mais malgré ses efforts et la qualité de son travail, il lui sera difficile insuffler un peu d’alegria à sa faena. Entière tombée efficace. Une deuxième oreille tombée du ciel. Le cinquième, très en pointe mais légèrement bizco, manque un peu de fixité dans le capote, gratte et  tarde à charger avant de s’animer sous une première pique dosée. Il chargera une seconde fois en se faisant prier à nouveau et restera dans le peto sans pousser outre mesure. Au dernier tiers, nouveau temps d’hésitation  devant Leal qui l’attend au centre pour trois cambiadas très ajustées mais à partir de là, il va faire preuve d’une noblesse vibrante, faisant l’avion dans la muleta de Leal qui l’embarque dans des  séries  liées avec temple sur les deux cornes dans un mouchoir de poche. Toute la faena se déroulera d’ailleurs dans ce terrain très réduit et si le torero pour une fois, n’est pas tombé dans son travers habituel  de mettre en spectacle son courage et son aguante, on regrette cependant qu’il n’ait pas mieux mis en valeur la charge allègre et  débordante de caste de son adversaire en  lui donnant plus de distance au lieu de l’étouffer en terrain réduit. Entière basse. La bronca à la présidence pour le refus de la seconde oreille ne se justifiait pas. La vuelta a un peu surpris au vu du premier tiers mais c’est affectivement un toro qui est allé à mas ensuite et qui a dévoilé une grande caste. 

Le troisième est le plus lourd du lot. Réception un peu électrique de Roman au capote. Le Pedraza met les reins et fait reculer le cheval lors de la première rencontre, mais tranquillement, sans donner l’impression de se donner beaucoup de peine, juste du fait de son poids. De la même façon, il renversera le groupe équestre lors de la deuxième. Bien qu’un peu faible du train avant, ce toro ne manquera pas de vivacité dans la charge et Roman mettra un certain temps à en prendre la mesure, mais il  nous gratifiera  ensuite de quelques séries  de meilleure facture et plus convaincantes,  principalement sur le piton droit. Final par luquecinas, entière pas très engagée et une oreille généreuse. Le dernier Pedraza fait une sortie fracassante,  pousse par a coups sous la première pique, désarme Roman à la mise en suerte de la seconde où il montrera plus de violence que de bravoure. Les peones ne sont pas franchement confiants pour aller poser les banderillas sur ce Pedraza violent aux armures veletas qui ne lâche pas le leurre. Quant à Roman, il sera totalement dépassé avec la muleta par ce toro  débordant de fougue et de caste  et s’avèrera impuissant à canaliser sa charge, laissant l’adversaire maître du terrain du début à la fin. Mise à mort peu glorieuse : Atravesada et deux descabellos. 

Observations : Salut de Marco Leal au 5ème

 Triomphe pour Anaïs Taillade 

 

La jeune biterroise est sortie à hombros de ses arènes après avoir coupé les deux oreilles de son adversaire, honoré lui d’une vuelta posthume, au terme d’une faena tres entretenue avec d’excellents passages à droite. 

Borja Collado realisa la meilleure prestation de la matinée, autant du coté technique qu’artistique. Le valencian laissa échapper un triomphe important en s’embrouillant avec les épées après une spectaculaire voltereta. 

Jorge Rivera hérita lui d’un manso qui gardait le pourtour et à force d’insistance, c’est là qu’il pourra lui arracher quelques séries élégantes. 

Adam Samira toucha le plus faible du lot mais doté d’une belle noblesse. L’arlesien s’entendit parfaitement avec le Margé pour construire un ensemble d’excellente tenue avant de se perdre avec les épées.. 

Quatre erales de Robert Margé, donnant un bon jeu dans l’ensemble, meilleur les 1er et 4°.
-Borja Collado : Vuelta après avis.
-Jorge Rivera : Oreille.
-Adam Samira : Silence après deux avis.
-Anaïs Taillade : Deux oreilles 

 Béziers Corrida de Rejon 

 

Toros de Fermín Bohórquez de bons comportements mais variés, meilleurs les 2°, 3° et 6° 

-Pablo Hermoso de Mendoza, oreille, deux oreilles et saluts
-Lea Vicens, oreille, oreille et deux oreilles
Pablo Hermoso de Mendoza hérita d’un 1er qui baissa vite de ton mais qui lui permit de faire etalage de sa maitrise. Il realisa sa meilleure partition face à son second, culminant avec Disparate et Principe avant de conclure avec efficacité. Il aurait tout aussi bien couper les deux oreilles du cinquième s’il n’avait faillit avec les aciers. 

 Léa Vicens confirma sa position parmi l’élite du rejoneo. Elle coupa une oreille à ses deux premiers toros, affichant maitrise et bon gout, avant de conclure par une double récompense obtenue au dernier Bohorquez après une prestation encore plus enlevée.. 

 Novillada : Tarde entretenida. 

 

Six novillos de Robert Margé 

-Andre Lagravere « El Galo » (fuschia et or) : oreille- oreille  

-Carlos Olsina (lilas et or) : salut – avis et salut. 

-Diego San Roman (mauve et or) : oreille – avis et salut. 

Président : M.Daudé.  1/5 d’arène. Temps nuageux. 

Le mexicain Diego San Roman a reçu le prix du Tastevin d’argent remis par l’Union taurine Biterroise. 

Correctement présentés bien qu’assez légers, surtout les deux premiers et quatrième, les novillos de Margé qui se sont employés inégalement au cheval, ont par contre donné du jeu  à la muleta dans l’ensemble, plus particulièrement les deux derniers  nobles et mobiles. Le cinquième, Calabrés, était le plus complet du lot et a été honoré d’une vuelta posthume. Quant aux novilleros, ils ont fait preuve d’envie, chacun avec leurs moyens, et joué la competencia, notamment lors des quites. El Galo a confirmé une certaine aisance dans les trois tiers,  le biterrois Olsina s’est montré volontaire mais juste techniquement, la surprise est venue du mexicain San Roman qui a débuté cette année en piquée et qui a séduit par  sa personnalité, son engagement, son aguante et son temple devant ses deux adversaires. 

Bien reçu au capote par El Galo, le premier novillo prend deux puyas sans s’investir. Le novillero pose lui-même les banderillas avec une certaine alegria mais à corne passée. Devant ce novillo noble et mobile, il enchaînera quelques  séries de derechazos  de belle facture mais sans beaucoup peser sur son adversaire, son travail sera moins lié et plus heurté sur le piton gauche, et il conclura sa faena au toril où le novillo est allé se réfugier par une série de manoletinas ajustées et un bon coup d’épée qui lui permet de couper une première oreille. Il se montre très à son avantage avec le capote face au quatrième avec un répertoire aussi solide que varié, on retiendra les magnifiques lopecinas de son quite au novillo après deux rencontres sans relief. Après un tercio de banderillas inégal, il brinde à Marie Sara le novillo qui va sauter dans le callejon et provoquer un jolie panique. Au dernier tiers, ce dernier  s’avère maniable mais manque un peu de jus, El Galo aura du mal à allonger sa charge, se retrouvant parfois en perte de terrain en fin de série, il essaiera de maintenir l’intérêt au final avec quelques passes d’adornos et confirme à nouveau ses talents de tueur avec une estocade réussie. 

Le second novillo prend deux mauvaises piques dans l’épaule en chargeant à deux reprises, poussant le cheval jusqu‘aux tablas lors de la première rencontre. Il arrive au dernier tiers avec peu de charge et  donne des coups de tête dans la passe. Averti à plusieurs reprises et en difficulté pour trouver le sitio, Olsina s’accroche et livrera pour finir quelques séquences droitières plus fluides et de meilleure qualité. Entière tombée après deux pinchazos. Le cinquième novillo affiche sa caste dès son entrée en piste en débordant rapidement le biterrois qui l’a reçu d’une larga de rodillas. Il charge et s’emploie bravement au cheval à deux reprises. Devant ce novillo noble et exigeant, Olsina torée avec application et  après un début un peu brouillon, il parvient à construire une faena tout à fait honnête, plus liée que la précédente mais  il restera en dessous du novillo dont il aurait pu davantage  mettre en valeur et exploiter  la belle charge encastée en donnant plus de distance. Entière insuffisante et deux descabellos. Il devra se contenter d’un salut après la vuelta de Calabrés

San Roman reçoit le troisième novillo de belle prestance en l’amenant au centre par une série de véroniques genou ployé très esthétique. Trois rencontres au cheval, dont une au réserve et seulement la première pique poussée et une tendance à tirer aux planches au second tiers. D’emblée, le mexicain fixe l’attention du public  en attaquant sa faena au centre par trois ou quatre séries de naturelles  d’un classicisme exemplaire, main basse et tirant le bras avec un temple surprenant. Malheureusement dès qu’il changera de main, le novillo va s’échapper aux tablas. Averti et désarmé sur la série suivante, le novillero finit la faena dans le terrain du novillo qui n’a plus guère de charge et se met littéralement dans les cornes pour lui arracher les passes sans pratiquement bouger et avec un aguante spectaculaire qui rappelle celui de notre compatriote Juan Leal. L’épée concluante  est en place et portée avec beaucoup de sincérité. Le président n’accordera pas la deuxième oreille fortement réclamée par le public.  A son avantage à nouveau avec le capote devant le dernier qui charge volontiers la cavalerie mais sort assez facilement du peto, il débute sa faena de muleta au centre mais  à genou cette fois en faisant venir le bicho de loin, et dessine  avec beaucoup d’aisance et de temple quelques séries sur les deux bords d’une grande qualité esthétique. Victime d’une voltereta sur un derechazo, il reviendra pour braver le novillo mais n’insistera pas cette fois dans ce registre tremendiste. 2 pinchazos malgré une entrée à matar sincère et entière légèrement tombée.  A revoir absolument.

 Les adieux de Padilla à Béziers 

 

Six toros de Nuñez  del  Cuvillo 

-Juan José Padilla (châtaigne et or): oreille – oreille. 

-Antonio Ferrera (fushia et or) : oreille – salut. 

-Juan Bautista (bleu ciel et or) : oreille – oreille. 

Président : M.Daudé. ¾ d’arène. Ciel voilé à couvert. 

Toros corrects de présentation, ne s’employant guère au cheval, nobles et maniables au dernier tiers mais sans piquant et de peu d’endurance dans l’ensemble. 

Padilla faisait ses adieux à Béziers et par là-même à la France après avoir toréé le matin à Dax. Le public, plus nombreux que pour le duo de vedettes de la veille, était visiblement venu pour  l’occasion et pour applaudir et fêter le pirate quoiqu’il se passe dans la piste. Padilla a donc surfé toute l’après-midi sur le capital de sympathie populaire accumulé tout au long de sa carrière grâce à sa tauromachie particulière et à son histoire personnelle, sans avoir à faire beaucoup d’efforts pour déclencher applaudissements et pétitions d’oreilles. Premières oreilles exigées par le public que le palco ne put qu’accorder à deux reprises. Par contre il resta strict sur le règlement et refusa la deuxième oreille réclamée à corps et à cris au quatrième toro, déclenchant une bronca majuscule injustifiée. Certainement fatigué par sa prestation matinale à Dax et par le voyage jusqu’à Béziers, Padilla s’est beaucoup  économisé lors de sa première faena devant un Nuñez sans jus et assez fade, très discret au cheval, laissant ses peones   à la manœuvre durant les deux premiers tiers,  assurant le service minimum avec la muleta sur le piton droit, se contentant de quelques ayudados sur le gauche et terminant par des adornos divers. Entière basse efficace. Oreille parce que c’est lui. Devant le quatrième sans charge et qui s’éteint rapidement, il n’y aura pas de faena à proprement parler, Padilla puisant très rapidement  dans son registre pueblerino  pour faire du spectacle à défaut de pouvoir toréer, ce dont il aurait eu tort de se priver, vu les réactions enthousiastes d’un public tout acquis à sa cause. Entière concluante. Bronca pour le refus de la deuxième oreille. 

Ferrera reçoit son premier adversaire par une jolie série de véroniques templées rématées d’une demie. Bien mis en suerte au cheval, le toro ne s’emploie pas outre mesure mais le  picador est  toutefois éjecté de sa monture  après que sa pique se soit brisée lors de la première rencontre. Au dernier tiers, le Nuñez s’avère noble et maniable bien que juste de force, Ferrera dans un registre sobre et classique va réaliser des enchaînements agréables sur les deux pitons, cédant cependant trop souvent à la facilité en abusant du pico et en toréant de façon très marginale, ce qui ôtera sa mal d’intensité à sa prestation. Ne s’engage pas à la mort. Pinchazo et entière. Oreille. Après un début de faena  hésitant  devant le faible cinquième très discret lui aussi au cheval, Ferrera réussira, malgré  le  manque de charge de son opposant, à tirer quelques séries droitières méritoires sans être transcendantes. . Entière basse sans engagement. 

Juan Bautista  a encore montré son professionnalisme devant deux adversaires sans grandes qualités. Il  réalise une faena honorable face au troisième Nuñez dont il parvient grâce à sa technique à exploiter la noblesse fade sur la corne droite principalement, le bicho se livrant moins facilement dans la muleta sur l’autre bord et  a en outre le mérite de savoir s’arrêter quand le toro n’a plus de charge contrairement aux toreros de la veille. Recibir au deuxième essai.  Dans un tout autre registre, il a su s’adapter à la situation devant le manso sixième qui fuit le capote et sort distrait des passes de muleta en allant dans son terrain près des tablas où se déroulera  finalement la plus grande partie d’une faena enchaînée sur les deux cornes sur un rythme soutenu qu’il conclura d’un recibir foudroyant. 

Observations. A l’issue de la corrida, les maestros et leur cuadrilla sont sortis tous ensemble en piste  pour applaudir chaleureusement Padilla  qui a choisi de sortir à pied entre ses deux compagnons de cartel  sous  les applaudissements émouvants de toute une arène debout pour lui faire ses adieux, ce qui valait toutes les oreilles du monde.

 Béziers : J.A. Valencia et C. Jaomes à hombros 

 

Première non piquée matinale avec quatre erales donnant un bon jeu d’ensemble de Robert Margé
L.Miñana : Oreille 

- J.A.Valencia : Deux oreilles 

- Y.Lamothe : Oreille 

 - C.Jaomes : Deux oreilles après avis 

Lucas Miñana attendra le 1er à porta gayola et à l’issue d’une faena de bonne tenue, il coupera la première oreille de la matinée. 

Changement de ton avec José Antonio Valencia, présent et sûr aux trois tiers, brillant à la cape et aux banderilles, plaçant la barre haute avec la muleta, surtout sur la corne droite, l’autre rive étant plus compliquée. Conclusion par une épée al recibir. 

Yon Lamothe profitera des qualités de son opposant pour composer une faena de bonne notation sur les deux cornes, mais manquant d’un peu de fond 

Clémente Jaomes, devant son public, afficha son envie et de bons principes, gagnant le droit de sortir en triomphe, après avoir invité Lucas Minaña pour une série alternative entre les deux becerristas biterrois en fin de trasteo. 

Le prix du Triomphateur fut décerné à José Antonio Valencia.

 Béziers : Mano a mano. Y’en a marre !!! 

 

Six toros de Garcigrande 

Enrique Ponce (gris clair et or) : silence – avis et oreille – avis et silence. 

Sébastien Castella (framboise et or) : avis et silence – 2 avis et silence – avis et silence. 

Sobresaliente : Jérémy Banti 2/3 d’arène. Président : M.Daudé. Temps chaud et petite brise maritime. 

Y’en a marre de ces mano a mano sans réelle competencia ! Y’en a marre de ces toros sans caste, sans transmission et qui s’éteignent, toros dits de « garantie » qui en fait n’ont d’autre garantie que de générer l’ennui sur les gradins. Y’en a marre de ces tercios de varas bâclés et de ces  piques dans le dos.  Y’en a marre de ces figuras, peut-être  fatiguées par leur marathon estival, en mal d’inspiration et  en mal d’envie et  y’en a marre de ces mises à mort sans engagement.  Y’en a marre aussi  de ces faenas qui s’éternisent devant des toros arrêtés quand tout  a été dit. 

A l’arrivée, un bilan bien maigre pour ce mano a mano qui ouvrait la feria biterroise. Une petite oreille pour Ponce, trois silences pour Castella, pas mal d’avis (6 en tout !) et beaucoup d’ennui…. 

Peu de matière à briller évidemment pour Ponce avec ce premier Garcigrande efflanqué, tardo  et sans caste qui proteste dans le leurre. Désarmé lors d’une mise en suerte approximative au premier tiers pour deux rencontres sans intérêt, bousculé ensuite sur un derechazo,  le maestro valencian fait le boulot  sans grande  conviction ni engagement, nous gratifie de quelques jolis gestes par ci par là et tue d’un vilain bajonazo.  Pasito atras systématique avec le capote face au troisième Garcigrande plutôt manso qu’il envoie à trois reprises au cheval. Cet adversaire ressemble beaucoup au premier mais cette fois, après un début de faena sur la réserve, Ponce va s’investir davantage et réussira à rectifier et à allonger la charge du Garcigrande sur quelques bonnes séries de derechazos. Il sera par contre beaucoup moins convaincant sur le piton gauche plus récalcitrant et aura un peu de mal à le fixer pour la mort. Entière habile et une oreille pour une faena  pas totalement aboutie. Pas grand-chose à dire de sa dernière faena sinon qu’elle s’est éternisée sans raison devant un Garcigrande faible et poussif qui s’est plombé rapidement. Pinchazo et entière dans le rincon. 

Castella reçoit par une classique série de véroniques le second Garcigrande qui semble avoir un peu plus d’allant et qui prend deux  petites piques sans histoire. A noter son quite  par chicuelinas car excepté de celui du sobresaliente Jérémy Banti au 5ème,  ce sera le seul de ce mano a mano où le moins qu’on puisse dire, c’est que les deux maestros  n’ont pas rivalisé de motivation ni d’inspiration pour aller faire des quites que ce soit à leurs propres toros ou à ceux du compagnon de cartel. L’entame par doblones suaves, genou à terre, pour amener le bicho au centre est prometteuse et  suivie d’ailleurs  de quelques jolies passes sur les deux cornes mais le Garcigrande s’avère rapidement malcommode en protestant dans la muleta. Castella fera l’effort mais aura du mal à se confier totalement, la faena ira a menos et finira surtout mal avec la mise à mort. Pinchazo, entière trasera et trois descabellos. Avec le quatrième,  Il débute au tiers et à genou  avant d’enchaîner quelques bonnes séries droitières au centre en citant de loin. Le travail est beaucoup moins lié à gauche, il se fait accrocher et désarmer à deux reprises,  le toro s’éteint, il n’y a plus rien à dire mais Sébastien s’entête, écoutant un avis avant même de prendre l’épée. La mise à mort est à nouveau défectueuse. Metisaca, entière sans s’engager et descabello. Il reçoit  de 2 cambiadas au centre le dernier Garcigrande, le pire des six, qui s’éteint très vite et devant lequel Castella nous joue la scène vue et revue du pendule dans les cornes, terminant sur un geste peu glorieux en jetant sa muleta  avant de se pencher sur le toro plombé.  Autre mise à mort déplorable. Pinchazo, 1/3 de lame plate et 3 descabellos.