Grande porte pour Ponce et Juan Bautista 

 

Pour l’ultime corrida ce cette feria 2018. Et si l’on ne contestera pas le triomphe des deux maestros, la démesure des trophées distribués par le palco n’apportera rien à la fête, le contraire même, surtout ceux attribués à l’arlésien pour sa première prestation. Quand à Gines Marin il fut parmi les plus discrets qui passèrent par le Palio. Corrida lyrique annoncée pour une partition musicale (décalée) qui finalement fit regretter les traditionnels paso-dobles, particulièrement la chanteuse.  Six toros de Juan Pedro Domecq plus un sobrero de Parladé, le 6eme bis, bien commodes de tête, juste de forces avec une noblesse à manipuler avec précaution, plus vif le petit dernier, meilleur le 1er du lot de Juan Bautista. Vuelta !!!! au 2° « manijero » N°130 

-Enrique Ponce (carmin et or) Oreille et deux oreilles 

-Jean-Baptiste Jalabert "Juan Bautista" (vert bouteille et or) Deux oreilles y rabo !!!!! et salut 

-Gines Marin (cacao et or) Silence et silence après avis 

Pst : JL Requena, six picotazos.No hay billetes, soleil et un peu de vent, minute de recueillement pour Ivan Fandiño en ce triste jour anniversaire, hommage en piste à E. Ponce, arènes décorée pour une cloture qui ne tint pas finalement toutes ses promesses 

Ponce est en plus d’être un grand matador, est aussi un grand creador de toros. Face à son 1er, faible et fade sans humilier, il trouvera le juste équilibre avec la sure et fine approche de sa muleta pour y gagner une oreille après une épée sin puntilla. Très juste en forces aussi son second avec lequel il trouvera le sitio idéal sur la corne gauche, même avec pour accompagnement musical un « navet Maria ». Le final soyeux, initié par poncinas langoureuses, s’achèvera par des caresses muleteras avant un estaconazo. 

Juan Bautista avec une dérisoire facilité, conduira son 1er JuanPedro au centre du ruedo avant d’enchainer des séries de grandes amplitudes sur les deux rives, allongeant à l’extrême ses muletazos, variant les postures avec brio, le tout en allant à mas avec un léger manque de suavité pour toucher à la perfection Il pinchera son 1er recibir avant de conclure avec le même scenario, parfait cette fois. De la a accorder une vuelta posthume à un toro qui se laissa faire certes idéalement mais.. et un rabo après un pinchazo…. Il va falloir penser à créer des toros à trois oreilles pour commencer…. Juan Bautista réceptionna le 5° avec des capotazos affirmés et liés avant mise en suerte par chicuelinas marchées avant un joli quite et un bon tercio de banderilles ovationné. La faena est épurée, élégante, très bien construite mais le toro manque de rythme et l’essentiel proviendra de la douce mais efficace muleta de l’arlésien qui pinchera à nouveau avant de conclure d’un quart de lame et d’un descabello. 

Gines Marin s’affirmera par une réception élégante et variée et un quite raffiné. Sa faena débutera avec facilité mais son adversaire trop faible ne pourra être conduit qu’a mi-hauteur avant de raccourcir très vite ses charges. Entière au 3° essai. Le sixième sera changé pour boiterie et remplacé par un torito infatigable mais manquant de classe que l’extremeño gardera prudemment à distance sur ses deux rives tandis que la diva s’égosillait…. Il insista tres longuement devant un adversaire qui finit par se lasser et qu’il dut estoquer au ras des barrieres…

 Castella-Luis David Adame : Oro y sangre… 

 

L’or avec un triomphe à trois oreilles pour les deux toreros, sangre pour le mexicain qui sortira par la porte de l’infirmerie, se faisant prendre en estoquant avec engagement le dernier toro de cette corrida baptisée internationale. Sébastien Castella quittant à pieds les arènes du Palio par respect pour son infortuné compañero. Antonio Ferrera se contentant d’un tour de piste après la mort du 4º... Si les deux derniers Jandilla ont permis un final des plus enlevé entre le français et l’aztèque, le sixième n’étant pas piqué du tout, le reste du lot eu tendance à s’éteindre assez rapidement, certaines faenas étant prolongées inutilement. On restera un peu surprit par le remplissage pas complet des gradins pour cette matinale, surtout après l’énorme impact du torero biterrois lors de la dernière San Isidro madrilène. 

Six toros de Borja Domecq, cinq du fer de Jandilla et un de celui de Vegahermosa, le 2º, noble dans l’ensemble, juste de tête et de forces, la plupart s’éteignant en cours de faena, meilleurs les deux derniers 

-Antonio Ferrera (bleu piscine et or) Salut et vuelta après deux avis 

-Sébastien Castella (bleu nuit et or) Oreille après avis et deux oreilles après avis 

-Luis David Adame  (eau de rose et or) Oreille et deux oreilles avec blessure 

Pst  : K Kehiha 6 piques, soleil et vent gênant surtout au 1er et à la fin du 3º. Trois quart d’arènes  

Antonio Ferrera n’est plus le "zebulon" de ses débuts, surtout après sa enieme blessure à Muro qui l’a tenu éloigné des ruedos prés de deux ans. Plus lidiador et au toreo plus arrondi, il s’imposera avec poder et allure à gauche devant le 1er auquel il fit oublier sa faiblesse, malgré un vent des plus contrariant. Il servira à son second, une longue faena le plus souvent à mi-hauteur à un toro manquant de forces et se livrant peu. Il fit arrêter la musique, puis composa de longs enchainements droite et gauche en ayant jeté l’ayuda, insistant même trop devant un Jandilla qui finit aplomado, l’épée habile et longue à placer le conduira aux deux avis !!! 

Sébastien Castella est revenu, après ses triomphes et blessures madrilènes, au faite de son art, sachant donner de l’âme à son toreo comme devant son 1er noble, mais manquant de transmission, qu’il mènera jusqu’à un final de cercania avant d’en finir d’une demie lame efficace.  Il culminera avec son second, exploitant avec toreria tout le potentiel de cet excellent Jandilla qu’il guidera des deux mains avec profondeur, douceur et finesse jusqu’à l’estocade décisive. 

La première grosse ovation de la matinée sera pour Luis David Adame pour son superbe tercio de banderilles, pleine piste face au troisième, noble, de meilleur son à gauche  mais qui se diluera sur la fin. Le mexicain ne fera pas piquer son second, laissant cru son adversaire, ce qui lui posera quelques petits soucis aux banderilles après un superbe quite par zapopinas souligné par la musique. "Pecador", à la noblesse claire sur ses deux cotés, lui permettra d’enchainer avec alegria et entrain une faena, conclue d’une lame plus qu’engagée, Luis David sortant par la porte de l’infirmerie avec deux légères trajectoires dans l’intérieur de la cuisse droite tandis que sa cuadrilla recevait les deux oreilles du toro.

 Les Valverde c’est du sérieux 

 

Et le salut de JP Odet, le mayoral à la fin de la course, vint le confirmer. Un lot solide avec quelques tercios de piques spectaculaires pour les 1er, 2° et surtout pour le 4° qui permit à J.A. Carbonell d’écouter une belle ovation et la musique pour souligner la 3° pique et surtout le prix décerné au meilleur piquero. Un 4°, « cubetisto », N°13 qui fut honoré d’un tour de piste posthume, surtout pour son comportement au cheval. Si l’on excepte le 1er et à un degré moindre le second, les Valverde sont sortis superbement armés, et plus pour le 3°, aucune corne ne s’abimant lors des coups violent donnés dans les burladeros…. Au dernier tiers, ce fut plus irrégulier avec une certaine tendance à s’éteindre avec quelques problèmes de pattes pour certain, le dernier plus « suave » et la corne gauche du 1er ont permis quelques séquences de bon toreo. Juan Leal, qui remplaçait M. Vanegas à été le grand triomphateur de l’après-midi, surtout grâce à son courage démesuré, Morenito de Aranda se mit en valeur devant le toro d’ouverture tandis que Pepe Moral n’y était pas…. 

Six toros du Curé de Valverde, propriété de Jean Luc Couturier 

- Jesús Martínez Barrios "Morenito de Aranda" (nazareño y oro) Oreille et silence 

- José Moral Fernández "Pepe Moral" (plomb et or) Silence après avis et silence avec pitos et deux avis 

-Steeven Groux "Juan Leal" (purissima y oro) Deux oreilles et oreille 

Pst : C Roche 14 piques  Prix au meilleur torero decerné à Juan Leal. Plein apparent sous un ciel voilé. 

Deux piques en s’élançant de loin et en s’y employant, le 1er offrit deux superbes séries de naturelles à Morenito de Aranda qui dut composer avec un toro qui fléchit plusieurs fois mettant un bemol à son bon comportement à droite. Son second, gratifié un peu généreusement d’un tour de piste posthume, ira trois fois au cheval de façon plus spectaculaire que brave, et se livra de bonne manière à droite en tout début de faena, avant de vite réduire ses charges, la gauche étant moins évidente. 

Trois superbes piques pour le second en augmentant les distances qui valurent une belle ovation, mais au dernier tiers il sera vite éteint, d’autant que Pepe Moral resta dans l’anonymat. Le cinquième fut le moins intéressant du lot, ne s’employant jamais ni au cheval ni à la muleta et le sévillan ne se réconcilia pas avec le public du Palio, d’autant qu’il connut un nouvel échec à l’épée et un autre fracaso avec le descabello. 

Impressionnant de pitons, le 3° le fut moins au cheval et Juan Leal ira l’attendre de deux cambiadas serrées au centre du ruedo, restant insensible à la menace des deux aigus, y allant avec un courage autant démesuré que l’armure du Valverde aux intentions pas toujours claires. On pourra néanmoins regretter qu’il n’affine pas toreo car il en a les moyens et le fait voir par moment. Epée en s’engageant. Le dernier sera plus anodin face à la cavalerie et l’arlésien entamera sa faena en le citant de loin, à genoux pour lier une superbe série de derechazos. Noble mais gené par des handicaps des deux trains, il contraint plus Juan Leal à toréer dans le berceau, ce qu’il fit comme un funambule sur le fil… du rasoir.


 Tout est bien qui finit bien ou presque,,, 

 

...Avec la vuelta al ruedo de J.M. Raymond le ganadero de Virgen Maria en compagnie de Vincent Perez qui venait de couper la première oreille pour ses débuts en novillada piquée... Avec surtout la sortie en triomphe des deux autres toreros, Adrienc Salenc et Cristian Perez qui afficha une envie débordante de novillero, de maletilla même, mort de faim ou presque pour triompher à tout prix....Le point le plus positf de la matinée fut le lot de Virgen Maria avec cinq excellents novillos qui permirent aux trois piétons d’exprimer leur toreo avec leur moyen, même parfois très limité. Le 6eme bis, "Mochuelo" Nº 7 étant même honoré d’une vuelta posthume. 

-Adrien Salenc (bleu cobalt et or) Deux oreilles et oreille 

-Cristian Perez (bleu nuit et or) Oreille et deux oreilles aprés avis 

-Vincent Perez (violette et or) qui débutait avec picadors  Salut après avis et oreille 

Pst : O. Yvon, 7 piques,  Saluts des banderilleros aux 1er et 6º, 1/4 d’arènes sous un chaud soleil. C. Perez recevra le prix des Aficionados istreens, prix contesté par une partie du public. 

Deux oreilles pour A. Salenc au léger novillo d’ouverture, un partenaire idéal pour réciter et dérouler ses gammes avec facilité et décontraction. Ce que fit le nîmois, au dessus  du lot. Avec son second, de moins d’allant par manque de forces, il ira au bout de sa faena sur les deux rives, insistant même un peu trop ce qui lui valut accrocs et desarmé en fin de parcours, tuant efficacement les deux fois. 

Si C. Perez a cafouillé sa première actuaccion par son envie débordante qui le désunira plus qui ne l’aidera, se jetant même sur son novillo pour l’estoquer, il réussira son pari avec son second qu’il recevra à genoux à la cape et à la muleta, liant quelques series de meilleure conception, quasiment toutes droitières, mettant son cœur en avant jusqu’à subir une forte voltereta avec léger KO et revenant pour estoquer avec décision et efficacité... Deux oreilles et des larmes de bonheur... 

C’aurait put être une fête complète avec les débuts du local Vincent Perez mais son inexpérience et une difficulté à s’engager, tant à la muleta qu’à l’épée, limiteront sa présentation à une oreille de bienveillance au dernier novillo, un sobrero de catégorie, le titulaire s’étant cassé une corne lors d’une vuelta de campana. Il fut tout autant transparent face à son 1er qu’il avait brindé à son père, ancien raseteur.


 Ouverture en Ureña majeur 

 

Qui coupe les deux oreilles du sixième toro et sort à hombros avec E. Ponce qui avait obtenu les mêmes récompenses devant le 4° mais dans un autre registre. C. Diaz perdra lui une oreille au second avant de toucher le toro le plus compliqué de l’encierro. Corrida fort intéressante dans l’ensemble et qui aurait prit une autre dimension avec un petit peu plus forces coté bétail, les trois toreros sachant eux parfaitement les comprendre. Six  toros d’Adolfo Martin de belle présentation dans l’ensemble, le second protesté pour son armure, ils firent correctement leur devoir au cheval, s’employant plus ou moins à la 1ere rencontre. Si l’on excepte le 1er, fade et amorphe et le 5° compliqué comme peuvent l’être ceux de cet encaste, les autre se laissèrent toréer en étant correctement sollicités, seul le dernier, le meilleur du lot, applaudit à l’arrastre, enchainera dans des séries sur les deux cornes. 

-Enrique Ponce (blanc et or) Silence et deux oreilles après avis 

-Curro Diaz (purissima y oro) Salut et silence 

-Paco Ureña (lavande et or) Salut et deux oreilles 

Pst : J. Teissire, 10 piques, une seule pour les deux toros d’Ureña. Minute de silence à la mémoire de L. Jalabert et A. Granier. Ovation pour E. Ponce à l’issue du paseillo qu’il fit partager à ses compañeros. Soleil. Plein apparent.  

Pas grand-chose à retenir de la première apparition de Ponce, si ce n’est quelques gestes esthétiques, «Sevillano» ne s’intéressant guère à la muleta du valencian. Il ne laissera pas passer l’opportunité que lui offrait son second pour nous offrir une superbe démonstration de son toreo, allant à mas sur le piton gauche y comprit avec des poncinas finales de haut de gamme. L’épée caida nécessitera l’usage du descabello. Corrida du geste comme celui de Ponce qui fit celui d’inviter à toréer à sa place le spectateur qui lui demanda de se croiser… 

C. Diaz hérita en 1er d’un toro protesté pour son armure mais qui répondra aux sollicitations de sa muleta, pas toujours avec franchise coté droit. La corne gauche par contre lui permettra d’exprimer son toreo épuré et parfumé par des muletazos limpides. Dommage qu’il n’est pas plus insisté sur ce coté, revenant à droite toujours de belle manière avant de tuer en deux essais. Peu d’option de triomphe avec le 5°, court et félin à gauche et vite avisé à droite. 

P. Ureña s’entendit fort bien avec le 3°, très typé « adolfo » et aux charges plus épicés, lui offrant sur les deux pitons des passes templées et limpides dans le terrain du toro. L’épée fut plus approximative et de plus le puntillero fit durer, laissant s’envoler l’espoir d’une oreille. Le lorquino ne laissera pas passer le potentiel de « Malagueño », bravito et noble, chargeant avec douceur alors qu’à la cape il n’était pas apparut si évident. Début de faena par le bas tres dominateur avant d’enchainer de superbes séries allurées, la main basse, efficaces et engagées, le tout allant à mas avant ¾ de lame sin puntilla.