Arles : Feria du Riz

 

 Tout simplement exceptionnel…

 

Même le meilleur scénariste n’aurait pu imaginer un tel scenario pour la despedida de Juan Bautista… Finir en apothéose en graciant un toro de bandera, "Ingenioso" N°19 du fer de Vegahermosa, il le méritait bien après une carrière qui l’a conduit progressivement vers les sommets et quand il y est arrivé, en pleine gloire et en pleine possession de sa tauromachie, décider d’arrêter. Chapeau Jean-Baptiste !!

Superbe partition aussi d’Enrique Ponce le témoin majestueux de ces adieux et d’Anne-Cecile, l’épouse de Juan Bautista chantant l’hymne à l’amour après la dernière vuelta triomphale de son torero accompagné de ses enfants…. Et du mayoral de Vegahermosa.

 

-Enrique Ponce (Costume goyesque marron glacé et noir) : Deux oreilles (Nuñez del Cuvillo), silence (Adolfo Martin) et deux oreilles y rabo !!! (Juan Pedro Domecq honoré d’une vuelta !!!!!)

-Jean-Baptiste Jalabert "Juan Bautista" (Costume goyesque vert et noir) Oreille (Garcigrande), deux oreilles (La Quinta honoré d’une vuelta posthume !) et deux oreilles y rabo symbolique (Vegahermosa indulté)

 

Pste : Sandra Monteils qui n’y est pas toujours allé avec le dos de la cuillère, notamment sur le 3eme toro de Ponce : corrida d’exception certes mais neuf oreilles et deux queues, deux vueltas posthumes et un indulto…..  Sobresaliente : Miguel Angel Sanchez. Corrida goyesque avec un decorum en hommage à Vincent Van Gogh, version sauce moutarde. No hay billetes annonçé depuis longtemps et un temps estival revenu peu de temps avant le paseillo.

Partition musicale assurée par Chicuelo II , les chœurs Escandihado et la soprano Muriel Tomao.

 

E. Ponce plaça la barre haute d’entrée devant un noble Nuñez del Cuvillo qui apprécia le toreo de gala que lui servit le valencian au cours d’une faena qui ira à mas sur les deux bords même si le toro baissa un peu en fin de cycle.

Devant un Garcigrande, un peu froid d’entrée et qui se blessa à la main gauche, Juan Bautista composera des séries ambidextres biens façonnées, les meilleures sur la fin, mais l’ensemble ne decollera jamais vraiment. ½ al recibir au second essai.

L’Adolfo Martin sautera d’entrée à la figure du piquero avant que Ponce ne le remette en suerte pour deux autres piques, les trois bien prises. Peu habitué à ce type de toro, qui plus est, accusa ses efforts face à la cavalerie, il mit un peu de temps avant de tirer quelques muletazos plus que méritoires et bien lissés les derniers avant une demi lame à la 2eme tentative.

Juan Bautista reçu son La Quinta avec quelques chicuelinas vibrantes et serrées avant deux piques bien prises, la seconde dans le sens long de la piste. Brindée à sa famille, la suite sera superbement construite, d’un interet croissant, surtout sur la droite, le meilleur coté du noble et doux « Secretario » qui manquait d’un peu de transmission. Final enlevé sans l’ayuda avant un recibir attendu mais avec une lame atravesada !!

Le JP Domecq ira bien deux fois au cheval mais sans être piqué avant qu’Enrique Ponce ne fasse la démonstration de sa toreria, poncinas comprises, devant un toro noble, juste de forces et de races, soso même, qu’il occira d’une superbe épée… Vuelta au toro y rabo !!!!!!!

Juan Bautista reçu le Vegahermosa d’une larga de rodilla après que le public ne lui envoie une standing ovation…. Puchano à cheval vit arriver un missile au bout de sa pique. Replacé à l’arrastre il revint très fort par deux fois déclenchant la musique. Juan Bautista partagea les palos avec José Maria Tejero et César Fernandez, l’arlésien coupant la coleta du 1er à la fin de la course. Et "Ingenioso" se mit à charger avec force, puissance, noblesse, classe la muleta de l’arlésien, répondant aux toques sans hésiter, même de loin sur ses deux cotés, répétant à satiété. Face à tel adversaire, Juan Bautista se grandit encore pour faire se lever le public plusieurs fois jusqu'à l’apparition du feu orange… Un indulto que nul ne contestera pour un final en apothéose… Arles ne pouvait rêver mieux pour son torero…

Oreille pour Tristan et pour le Niño de las Monjas

 

 Des trophées un peu tirer par la coleta, le premier octroyé après deux épées de gendarme même si Tristan avait réalisé la meilleure prestation de la matinée, le second après une faena décousue et mal conclue alors que le valencian s’était montré bien mieux à son 1er et que pétition il y avait eu… Peu facilité par le lot d’erales, excepté celui qui échut au tarasconnais en 5eme position, les trois becerristas ont affiché des comportements variés.

 

El Nino de las Monjas, sur et poderoso devant son 1er querencioso de catégorie qui le fit voler, fut moins bien face à son second affecté par des problèmes au train arrière, s’avérant désordonné dans les muletazos servis à mi-hauteur. Il insista même trop avant une lame tendida au 2eme essai.

 

Tristan fut plus régulier et décidé. Il reçu son 1er de deux largas de rodilla avant un echange de quite avec le mexicain. Son Jalabert se laissa faire, protestant un peu dans la muleta, s’éteignant peu à peu. Conclusion basse au 2eme essai. La meilleure partition de la matinée est à mettre à son credit. Son adversaire se ressentit un peu d’une lourde vuelta de campana ce qui ne l’empêcha pas d’infliger une voltereta à Tristan, ce qui eu pour effet de le booster un peu pour un final plus enlevé, de meilleure tenue à gauche. Les armes ensuite lui firent à nouveau defaut.

 

Quand au jeune mexicain il est apparut plutôt dépourvu, sauf à la cape ou il s’est montré à son avantage même. Muleta en main, A. Magana, face au lot le moins évident, eu du mal à s’imposer. De son 1er on retiendra une superbe épée, de son second qu’il attendit à porta gayola et dont l’œil gauche était out, provoquant des problèmes insolubles, il essaya de composer avec avant de recevoir violemment son adversaire en pleine figure en raison de ces problèmes. Conclusion difficile compréhensible

 

Six novillos issus de La Chassagne, cinq du fer des Frères Jalabert, et un, le 6eme, de celui du Laget, de peu de fond dans l’ensemble, meilleur le 5eme.

- Jordi Pérez "El Nino de las Monjas" (purissima et vieil or), Ecole Taurine de Valencia. Vuelta et oreille protestée

-Tristan Espigue "Tristan" (fushia et or), Ecole Taurine du Pays d'Arles. Salut et oreille !!

-Antonio Magana (bleu marine et or), Fondation El Juli à Arganda del Rey. Silence et silence

 

Pste S. Disset, chaud soleil et entrée modeste. Salut des banderilleros T. Ubeda et M. Monnet au 4eme et Mehdi Savalli et Miguelito au 5eme.

Pepe Moral triomphe des Palha

 

 La Feria du Riz 2019 s’est terminée sur une excellente note avec la vuelta du dernier toro de Palha "Formoso" qui avec "Genoves" a permit à Pepe Moral de sortir en triomphe des arènes avec trois oreilles dans son esporton. Le reste du lot n’a pas permit à Octavio Chacon, peu à l’aise et guère en confiance, d’en tirer le même parti tandis que l’homme du jour fut sans conteste D. Lopez Chaves qui hérita du sorteo le moins favorable avec un sens profond de la lidia et la maitrise devant ce type de toros.

 

Six toros de Palha sérieux et superbement présentés, se prêtant à des tercios de piques spectaculaires à souhait, pas tous en braves, de jeu plus variés et compliqués la plupart, sauf les deux du lot du sévillan, bien meilleurs, surtout le dernier "Formoso" N°352, crédité d’une vuelta posthume.

 

-Domingo Lopez Chaves (rose violaçé et or) Vuelta et salut au centre après avis

-Octavio Chacon (vert rainette et or) Salut et silence

-Pepe Moral (noir et or blanc) Oreille et deux oreilles

 

Pst J Garcin, demi-arène, ciel bleu avec de petits nuages, sérieuse blessure de Jésus Talavan prit par le 4eme toro aux banderilles, cornada dans la cuisse.  A l’issue du paseillo qui s’arrêta pour une minute de silence à la mémoire de  Françoise Yonnet, hommage fut rendu à Victor Mendes et à la ganaderia Palha, le torero et Joao Folque de Mendoça recevant un trophée souvenir en piste. A la fin du festejo, Fsco Romero Gonzalez, qui piqua le dernier toro, reçu le prix du meilleur picador. Pepe Moral invita le ganadero, qui invita son mayoral a partager sa vuelta triomphale au dernier… Tour de piste exubérant du ganadero dont le résultat global aurait du l’inciter à plus de modestie.

 

L’imposant 1er ira fort par de fois se frotter au piquero de turno, poussant et restant dans le peto avant de s’en prendre aux planches. Court et se livrant modérément, jamais naïvement, il se laissa un peu mieux aborder à droite par l’efficace muleta de Lopez Chaves qui conclura d’une belle épée et d’un coup de verduguillo précis. Le 4eme ira par deux fois au cheval, y restant longuement à la 1ere mais sans trop  s’employer à l’autre. Un 1er effort qu’il paiera par la suite, se montrant exigeant et court, violent même parfois mais grâce à l’efficacité du salmantino, il finira par se laisser conduire, de meilleure façon à gauche. L’épée privera DLC d’un trophée minimum indiscutablement gagné…

 

Le second ira trois fois se mesurer au picador, grattant entre chaque attaque mais poussant et restant sous le fer, superbe la 3eme rencontre. Jouant des cornes et chargeant à vitesse variable il mit O. Chacon dans une position assez inconfortable, n’insistant pas après une tentative à gauche vite avortée. Le 5eme ira a mas au cheval, par de fortes arrancadas, déséquilibrant le piquero qui le châtia sous la bronca. De peu de charge, n’humiliant guère, il commença à lorgner vers les extérieurs avant que le gaditano n’en finisse d’une lame habile.

 

Le 3eme fut plus spectaculaire que brave lors de ses trois rencontres, superbe l’ultime qui valut à J.A. Carbonell une belle ovation. Bon à droite, meilleur à gauche, il permit à Pepe Moral de composer des séries de belles factures, connectant avec le public. Le Palha baissa un peu en fin de parcours et n’aida pas l’andalou qui dut s’y reprendre à deux fois pour l’estocade. Applaudit à sa sortie, le dernier toro de la feria mit du style dans ses deux lointaines charges vers la cavalerie mais au petit trop et sans trop s’investir. Ce qu’il fit plus aux banderilles ou il mit la cuadrilla en grande difficulté. Brindé à Juan Bautista, la faena décolla de suite grâce à la noblesse encastée livrée aux séries allurées de P. Moral, allurées mais manquant de temple et de lenteur malgré l’accompagnement musical de l’Opera flamenca. Face à cet excellent toro, le sévillan put se montrer à son avantage avant de porter une superbe estocade,  "Formoso" luttant jusqu’au bout.


Une oreille chacun, avantage Thomas Joubert…

 

Mano a mano entre deux toreros arlésiens qui avait amené sommes toute, une jolie entrée sur les gradins pour ce final original qui a tenu en partie ses promesses, mais aussi à laissé entrevoir certains manquements aux fondamentaux, surtout en matière d’estocade. Et encore plus devant un lot de respect, dominé par les deux Torrestrella et le dernier de Pedraza, noble le 1er, manquant de fond le 1er de Joselito, exigeant le second. La plupart applaudis à leur entrée en piste. T. Joubert sera présent au quite avec variété sur les six toros…

- Thomas Joubert (bleu et or) Oreille, Salut après avis et Salut après avis

-Andy Younes (blanc et or gris) Silence après avis, Oreille et silence après deux avis

Sobresaliente : Jeremy Banti

Pst : S. Louis, soleil, gardians et reine d’Arles au paseillo, 1/3 d’arenes. Standing ovation pour les deux toreros avant la sortie du 1er toro, Prix à la meilleure faena : la seconde de T. Joubert, remis en piste et hommage à S. Louis pour ses 50 ans d’implication dans la Feria d’Arles…

Toros de Pedraza de Yeltes (1er et 6°), Torrestrella (3° et 4°) et La Reina (2° et 5°) tous très bien présentés, lourds et sérieux avec vuelta au 3° « Almanaque » N°60 de Torrestrella. Ovation à Oscar Bernal qui piqua le 3° toro.

Brindé à l’équipe de chirurgien des arènes de Bayonne, la première faena de T. Joubert fut tout à fait dans son corte personnel… fait de douceur, de verticalité, de créativité, le Pedraza s’y prêtant parfaitement par ses embestidas limpides sur ses deux cotés. Entière au deuxième essai. Deux batacazos ou O. Bernal se retrouve avec son cheval sur le sable, sauvé la 1ère fois par un quite providentiel de J. Chacon et une troisième pique ou le Torrestrella poussa encore… avant un joli quite d’A. Younes. T. Joubert initia son trasteo par le haut et deux trincheras de catégorie que le toro approuva… Trop intermittent dans son scenario, l’arlésien verra son toro se détacher un peu, répondre avec moins d’entrain, la 3° pique n’y étant pas non plus étrangère, on le retrouvera sur les dernières séries de la gauche avant un cafouillage avec les aciers… Fortement piqué, le 5° de La Reina, s’avérera exigeant, bondissant à droite dans la muleta de Thomas qui optera pour une longue partition gauchère qui vit en fin de parcours, le toro rompre et se laisser mieux faire à droite avant à nouveau une mise à mort en trois strophes…

Le 1er d’A. Younes de montrera noble mais manquant d’un peu de sel avec en plus pour ce La Reina, une propension a réduire ses charges. Après une longue série de cadrage, il fut occit d’une demi-lame au 2eme essai… Avec le Torrestrella, auquel T. Joubert servit un quite par Zapopinas, Andy rendit sa meilleure copie du jour, surtout sur la corne droite, noble, claire et de classe d’un autre excellent toro d’A. Domecq. L’estocade fut bien portée et une oreille tomba dans l’esporton de l’arlésien qui aurait pu en engranger deux de plus avec le très bon sixième du fer de Pedraza de Yeltes.. Mais il y avait « trop de toro » pour le jeune matador qui réussi pourtant a trouver sur trois séries l’accord presque parfait avant de poursuivre d’en l’à peu prêt et de s’éterniser avec les épées, frôlant le 3eme avis fatidique..

Prix et sortie à hombros pour D. Ventura

 

Cette corrida à cheval de la feria pascale voyait se décerner le 1er trophée Luc Jalabert au meilleur rejoneador…. Les petits-enfants de l’important taurino arlésien disparu l’an dernier, l’ont remis à Diego Ventura qui en plus de sortir a hombros a laissé deux oreilles avec le rejon de mort à son 1er. Oreille aussi pour Ruy Fernandes et Léa Vicens, qui aurait pu être doublé avec un meilleur maniement des armes.

Six toros de Los Espartales charpentés, donnant du bon jeu dans l’ensemble, meilleur le lot du chef de lidia et à un degré moindre celui de la torera nîmoise, plus compliqué celui de Ventura, surtout par manque de forces…

-Rui Fernandes : Salut et oreille

-Diego Ventura : Salut et deux oreilles

-Lea Vicens : Oreille et salut

Pst : C. Rey, guère plus d’une demi-entrée !!!, temps ensoleillé et chaud. Remise du trophée Luc Jalabert, en piste à la fin de la corrida

Face au meilleur toro de la matinée, R. Fernandes se montra à son avantage aux banderilles avec El Dourado et H. Quiebro, avec ses cites lointains et écarts pour le 1er, ses poses à l’étrier avec pirouettes pour le second. La suerte ultime fut plutôt cafouillée. Il assurera un trophée devant son second avec Artista aux grands écarts de face et de nouveau avec H Quiebro… Demi rejon et entière suffiront pour l’octroi d’un pavillon.

D. Ventura mit d’entrée la barre haute et un lio… sur Lio avec ses appels de très loin   et ses écarts de face, enchainant par les appuyés templés de Bronce, rematant sa faena avec Remate, excellant avec les courtes mais cafouillant avec le rejon final… Pour triompher, et devant le toro le moins intéressant de l’encierro, le portugais sorti la grosse artillerie… Nazari, Gitano énorme et Dolar, la perfection débridée avant de conclure avec Desplante d’une lame sans appel…

Lea Vicens se montra à son avantage surtout sur sa première actuaccion, facile même avec Betico et Bazuka, concluant au second essai. Le sixième demandait à être consentit de prêt…. La jeune nîmoise ne le fit que par moment, rendra sa partition plus irrégulière malgré Diluvio et Jazmin avant de conclure d’une bonne lame mais longue d’effet et nécessitant l’usage du verduguillo…

S. Castella vainqueur aux points….

 

Mais c’est Miguel-Angel Perera qui a réellement impacté sur cette excellente corrida de Jandilla, l’épée anéantissant tout espoir de trophées…. Quant à Chamaco, novillero vedette des années 90, il était là pour remplir les arènes, il l’a fait…. Et quand à l’adage « On ne peut être et avoir été… » le torero de Huelva n’ayant été qu’un bref matador de toros sans grand succès, il lui était impossible d’être à la hauteur d’une telle corrida… 20 ans après. Le torero biterrois, peut-être trop facile sur ce coup, gagnera ses deux oreilles quasiment sur un coup d’épée.

Quatre toros de Jandilla et deux de Vegahermosa (2° et 3°) bien présentés et d’une excellente tenue même s’ils furent économisés au cheval ou ils s’employèrent, ils affichèrent une noblesse du meilleur niveau, jamais naïve avec un peu de piment bienvenu…, de meilleure note le 4eme

 -Antonio Borrero Borrero «Chamaco» (vert de gris et or) Silence et oreille après avis, protestée et cachée…

-Sébastien Castella (lilas et or) Salut après avis et deux oreilles après avis

- Miguel Angel Perera  (blanc et or gris) Salut après deux avis et vuelta après deux avis…

Pst : J. Boyer aux décisions contestables et contestés. 4/5 d’arènes, ciel gris avec quelques gouttes. Ovation pour Chamaco à l’issue du paseillo…

Retour remarquée aussi pour Christian Romero avec deux belles paires de banderilles au 1er avant une esquisse de faena dont on ne gardera pas un grand souvenir et que Chamaco conclut d’une lame habile au 2eme essai. Le retour exceptionnel du l’andalou marquait le pas devant un grand toro quand son entourage se mit à booster Toño qui finit par se lâcher un peu sur des séries liées méritoires, se laissant même aller jusqu’à l’accrochage… Il revint en essayant de refaire du Chamaco d’antan, de novillero mais face à « justiciero » ce fut presque pathétique…

Superbe réception et échange de quite de haut vol avec M.A. Perera, la competencia était lancée. S. Castella embarqua son toro dans une faena claire et limpide réduisant peu à peu les distances pour se l’enrouler autour de la ceinture avec des changements de main opportuns… La conclusion ne fut pas au même niveau… Son second de bon son aussi était un peu plus exigeant et le biterrois se montra facile, peut être un peu trop, la faena ne parvenant pas à décoller. Il appuiera un peu plus sur la fin avant de conclure d’une lame sin puntilla. Résultat : deux oreilles !!

Avec le quite à son 1er toro, on sentit que Perera n’était pas venu pour faire de la figuration… Il cita, à genoux au centre du ruedo, « mafioso » pour deux cambiadas et des derechazos de rodillas, la suite confirmant le niveau des deux opposants, le torero imposant sa muleta épurée à un toro noble et enracé, variant la partition avant un final rapproché et une entière appuyée mais longue d’effet, nécessitant le recourt au verduguillo… Mise en suerte à nouveau par chicuelinas marchées avant un quite par tafalleras relevé et une faena brindé à Chamaco. Plus exigeant que son 1er, ce second toro de l’extremeño générera un long début de trasteo qui finira par impacter sur la fin avec l’arrivée de la musique et un Jandilla qui consentira enfin à livrer totalement à gauche avant un final ultra-serré aux chevilles. 1er avis avant de prendre l’estoque et une conclusion en trois strophes, ôtant tout espoir de récompense malgré une belle pétition…

Novillada : Des comme ça on en redemande

 

 Six novillos de six ganaderias françaises : François André (1er) - Taurelle et fils (6eme) – Malaga (5eme) – J. Giraud (3eme) - Camino de Santiago (4eme) - Le Lartet (2eme) donnant dans l’ensemble un jeu excellent et intéressant, compliqué le 1er, de meilleures tenue au cheval les 1er, 3eme, 5eme et 6eme, au dessus du lot le second noblissime avec classe et inusable et surtout le 5eme brave noble et encasté

-Tibo Garcia (violette et or) novillo de F. André : Salut après avis

-Maxime Solera (carmin et or blanc) novillo du Lartet : Oreille après avis

-Baptiste Cissé (sangre y oro) novillo de J. Giraud : Salut après avis

-Charles Pasquier « Carlos Olsina » (lavande et or) novillo de  Camino de Santiago Oreille après avis

-Raphael Raucoule « El Rafi » (violet et or) novillo de Malaga : Oreille

-Adam Samira (violet et or) qui faisait ses débuts en piquée, novillo de Taurelle : Oreille après avis

Pst : S. Hebrard. ¼ d’arenes, temps gris avec quelques gouttes de pluie. Salut du banderillero M.A. Romero au dernier, vuelta pour les novillos « Purpanito » du Lartet et « Intrepido » de Malaga. Prix au meilleur novillero : El Rafi. Meilleur novillo celui du Lartet, mais celui de Malaga le méritait surement plus….

T. Garcia recevra superbement le blanc F. André et s’arrimera sans céder devant un novillo vite court et félin, son effort voyant le novillo allonger un peu ses charges à droite… Forte ovation avec salut après une belle épée au 2eme essai

M. Solera était venu pour triompher. Porta gayola pour le Lartet devant lequel il glisse sans conséquence… Voyant les qualités du novillo gersois, il le citera de loin, l’embarquant sur de longues séries des deux bords, le fosseen, manquant surtout de suavité, mais l’essentiel était de mettre en valeur « purpanito » et ce fut très bien fait, lui, gagnant son oreille avec, une estocade sans muleta en se jetant sur les cornes avec voltereta en prime…

L’excellent Giraud permit à B. Cissé de réciter de belle manière ses gammes sur les deux rives, liant d’excellents enchainements mais en restant un peu en deçà de son adversaire. Epée arrière et descabello en guise de conclusion.

C. Olsina, sûr de son fait, débuta sa faena les deux genoux en terre pour un long enchainement, il s’adapta fort bien d’un noble « Camino de Santiago » auquel il manqua un peu de moteur pour transmettre plus, le biterrois se montrant parfois trop sûr ce qui lui valut quelques accrochages sans effets sur des séries de bernardinas. Epée portée en s’engageant avec nouvel accrochage mais aidant aussi à l’octroi d’une oreille

El Rafi hérita du novillo de la matinée, un important novillo du fer de Malaga, physiquement et mentalement et devant lequel il a franchit un palier… Chicuelinas marchées pour les mises en suerte en écoutant bien les conseils de P. Varin. Muleta en main, il partagea avec son adversaire, des séries vibrantes et liées marquées par la caste du pupille de la maison Callet qui répondit jusqu’au bout, de meilleure sonorité à gauche… L’estocade mit un bémol à l’ensemble..

Passé après et en débutant à ce stade, n’était pas chose aisée, d’autant que physiquement, comme le précédent, il y avait plus de toro que de novillo dans le Taurelle, une première aussi pour l’éleveur de Saint Just. Et les deux ont été à la hauteur des attentes même s’il manqua un peu d’humiliation dans la noblesse du novillo. L’arlésien fit bien les choses en profitant des qualités de son adversaire, rallongeant peut être un peu trop et se pénalisant avec une épée peu orthodoxe qui ne le priva pas d’une oreille.

Trois oreilles pour Manzanares…

 

 … Et une pour Alvaro Lorenzo qui toucha le lot le moins disposé, Morante nous offrit de bons fragments de sa toreria avec deux adversaires trop châtié à la pique. Les deux meilleurs de l’encierro furent pour l’alicantino, qui en profita pleinement, même la veille de sa corrida de Sevilla. Comme quoi. 

 Quatre toros de Garcigrande et deux de Domingo Hernandez (1er et 2°) s’employant au cheval avec forces sauf le 5eme, le dernier désarçonnant spectaculairement par deux fois le piquero de turno avant d’envoyer le cheval à terre. Un ensemble correctement et diversement présenté qui donna des jeux divers au dernier tiers.

-Morante de La Puebla (neige fleurie et réglisse) Silence après avis et silence

-José Mari Manzanares (bleu nuit et or) Oreille après avis et deux oreilles après avis

-Alvaro Lorenzo (roue et or) Oreille et salut après avis

Pst : Ph Kugener, ciel menaçant et vent léger, trois quart d’entrée.

Trois véroniques et une demie maison après un désarmé malvenu et avant deux fortes piques… le 1er toro de Morante ne put exprimer son potentiel par la suite par manque de forces…. Une entame très raffinée et puis petit à petit « Azucarero » rechigna puis se défendit jusqu’à une mise à mort des plus laborieuse. Son second picador partit sous une forte bronca pour ses deux châtiments sévères tandis que la lidia fut des plus chaotiques, ce dont le toro se ressentit par la suite. Malgré ce, le début de faena par le bas et les deux séries droitières qui suivirent fut aux essences sévillanes. A gauche ce fut bien moins évident d’autant que le Garcigrande avait mit les freins… inexorablement.

Paco Maria fut ovationné pour ses piques à l’excellent second qui confirma toutes ses qualités jusqu’au bout. Noble et encasté, « Treinta y neuve » permis à Manzanares d’exprimer son toreo autant ajusté qu’esthétique lors d’une faena ambidextre qui manqua d’un final plus en douceur et d’une épée mieux portée…. Le 5eme sortira trois fois très vite du cheval et fit plusieurs génuflexions sur les premiers muletazos… L’alicantino voyant son fond de noblesse, le mettra en confiance le laissant récupérer peu à peu avant d’en tirer tout le potentiel, les deux allant a mas, le toro en oubliant ses genoux et Manzanares déroulant sa tauromachie jusqu’au recibir d’école…

Le 3eme avait des charges peu franches avec un zeste de violence. A. Lorenzo s’arrima pour ne rien céder à un adversaire qui réduisait assez vite ses charges… Il alla chercher son oreille par un final encimista et des bernardinas des plus serrées avant ¾ de lame suffisante.  Avec forces le dernier fit voler la cavalerie par deux fois, le lancier ayant manqué sa cible. Il prit ses deux piques avec le piquero de réserve avant de se montrer des moins coopératifs au dernier tiers, le toledano lui arrachant les passes à la force du poignet…