-6eme de Feria : L.D. Adame à hombros, 

oreille pour ses compañeros du jour 

 

Le mexicain en coupant une oreille à chacun de ses adversaires est donc sortie en triomphe mais la faena la plus aboutie est à mettre au crédit de José Garrido tandis qu’El Fandi à reçu une oreille bienveillante….. Une corrida intéressante avec un lot sérieux, bien présenté, applaudit les 1er, 3°, 5°, avec un bon fond de race et de noblesse mais aussi de la faiblesse plus ou moins accentuée. Et qui aurait eu une meilleure répercussion avec du soleil de la chaleur et une meilleure entrée….Dernière corrida du cycle donc avec six toros d’Alcurrucen faisant dans l’ensemble bonne mesure lors de leur deux rencontres, de meilleures manières les 3° et 5°, meilleurs les 2°, 3° et 4°, ovationnés à l’arrastre…. 

-David Fandila «El Fandi» (bleu marine et or) Silence et oreille !!!! après avis 

-José Garrido (blanc et azabache) Oreille après 2 avis et salut

- Luis David Adame (bleu nuit et or) Oreille et oreille 

Pst. C. Rey, 1/6 d’arène sous un ciel gris et un vent d’hiver souvent gênant, les trois toreros faisant leur présentation à Arles. 

El Fandi banderilla surtout  le public à son 1er avant d’initier sa faena de la meilleure des manières. Un petit extraño dut à Éole et le doute vint s’immiscer entre le granadino et le Jandilla guère évident, lorgnant souvent du piton droit. Le tout conclut d’une demie efficace. Il posa les bâtonnets de meilleures manières au 4°, de bon son sur les deux rives mais un peu juste de forces. El Fandi à nouveau commença à la hauteur du potentiel de son adversaire, liant de bons enchainements avant de tomber dans l’à peu-prêt gardant une meilleure image à droite avant de tuer efficacement au 1er coup d’épée. 

Brindée à Juan Bautista, comme beaucoup de faena de cette feria pascale 2018, celle de J. Garrido débuta superbement par des derechazos clairs, les deux genoux sur le sable. Il enchaina ensuite 3 séries de la droite, 2 de la gauche allurée et lissées avant deux autres encore de la main gauche, plus affirmées et abouties avant de conclure d’une série de manoletinas et de trincheras efficaces tout autant que son épée caida. Astifino le 5° se montra tardo, hésitant à se livrer, ne venant que par à-coup et s’éteignant progressivement malgré l’insistance de l’extremeño qui conclut à nouveau efficacement. 

Varié et efficace à la cape, L.D. Adame débuta par cambiadas face à un toro juste de forces mais qui se livra totalement au toreo alluré et efficace du jeune mexicain surtout de la corne droite, allant à mas au cours de la faena, l’intérêt croissant avec les redondos avec changement de main et les manoletinas ajustées avant une superbe épée. Le sixième se montra réticent à se livrer tant aux piques que dans la muleta de Luis David qui, petit à petit lui montra le chemin du leurre avec poder et malgré le désavantage d’un vent violent pour finir par lier de très méritoires séries droitières avant de porter une estocade autant efficace que spectaculaire. 

 -5eme de Feria : Diego Ventura enflamme l’amphithéâtre arlésien

  

Quatre oreilles et un rabo pour le torero de La Puebla del Rio au faite de son art. Il sortira en triomphe avec L. Hernandez qui à coupé les deux oreilles du dernier et du mayoral de la ganaderia de San Pelayo, A. Cartagena dans un jour sans est passé par Arles sans peine ni gloire. Corrida de rejon avec six toros de San Pelayo, propriété du Niño de la Capea y familia, formant un lot homogène, lourd et massif, donnant un bon jeu d’ensemble à condition de les toréer comme le firent les deux triomphateurs de la matinée, leur compañero du jour n’y trouvant pas sa place, donnant plus dans le genre Gruss que Peralta, étant aussi toujours handicapé par son poignée droit. 

- Andy Cartagena : Silence et silence après avis 

-Diego Ventura : Deux Oreilles et deux Oreilles y rabo 

- Leonardo Hernandez : Salut et deux oreilles 

Pste. Sandra Monteils, ¾ d’entrée, temps gris et frais 

A. Cartagena eut du mal à trouver le sitio face au 1er, se faisant toucher plusieurs. Il s’en sorti mieux avec «Bandera» et sur le final sur «Pinto» mais la mise à mort refroidit le conclave. Son second toro finira aussi arrêté mais même avec le spectaculaire «Luminoso» sa prestation ne parvint pas à décoller avant de connaitre, avec le même cheval, une mise à mort assez laborieuse. 

D. Ventura comprit vite son 1er San Pelayo et avec un «Nazari» extraordinaire de toreria et de temple, il mit le feu aux arènes, continuant avec «Importante» et ses pirouettes à tête du toro avant de remater le tout avec un «Remate» pour les courtes et un rejon sin puntilla. Le portugais fit encore monter un peu plus l’ambiance au 5°, faisant se lever le public avec «Fino» et surtout un énorme «Nazari» avant de clouer une grande paire à deux mains sans brides avec son cheval vedette  «Dolar», le final se répétant avec la même équipe et la même efficacité…. 

L. Hernandez fit monter progressivement l’intérêt de ses deux actuacciones avec ses deux chevaux vedettes, «Sol» pour templer comme une muleta et «Chaluppe», ce dernier aux banderilles courtes et pour la suerte suprême. Face au 3° toro, juste de forces, il brillera avec les cabrades de «Chaluppe» avec de finir avec la suerte du téléphone à laquelle il ajouta l’agenda… La mise à mort plus approximative lui ôta tout espoir de trophée. Il en coupera deux au dernier, la seconde un peu plus light, grâce à un excellent adversaire et une faena, sur ses deux chevaux de proue, qui alla à mas avec précision et efficacité, tout comme le rejon final. 

 -4eme de Feria : A. Younes gracie «Lastimoso» et sort en triomphe avec M.A. Perera 

 

Un indulto contesté tout autant que contestable comme tous ou presque le sont pour ce sixième Jandilla à l’issue d’une corrida fort intéressante qui culmina avec les excellents 1er et dernier, permettant aux trois toreros de briller dans leur registre, l’arlésien ayant le grand mérite de mettre plus qu’en valeur Lastimoso N°80, passant après un grand Perera face au toro d’ouverture et un Gines Marin très affuté comme on le vit face au cinquième. Seconde corrida de la feria avec six toros de Jandilla, bien présentés, de comportement varié mais avec un fond de race et de noblesse, faisant quasiment tous bonne figure face à la cavalerie, moins évident le 3°, manso le 5°, nobles mais faibles les 4° et 5°. La sortie à hombros du mayoral ne s’imposait pas vraiment, le salut après la mort du dernier aurait suffit. 

- Miguel Angel Perera (cacao et or) Deux oreilles et salut après avis 

-Gines Marin (tabac et or) Vuelta !! et oreille après avis 

-Andy Younes (blanc et or) Salut après avis et deux oreilles symboliques 

Pst. G. Mas. Demie entrée sous le soleil, frisquet sur la fin. Salut de J. Ambel pour ses banderilles au 4° 

Comme tout le lot, le 1er erra un peu face aux capes avant de se trouver face à la cavalerie pour exprimer un fond de bravoure. Deux légères pour celui-ci avant que Perera ne l’engouffre dans sa muleta, la main basse pour lier des séries de plus en plus importantes même si la gauche fut un ton en dessous. L’extremeño conclura par une séquence de funambulisme sur les cornes avant une entière caida. Deux jolies piques pour le 4° et un quite immobile et long por tafalleras mais la noblesse du Jandilla eut plus de mal à s’exprimer par manque de forces, Perera faisant croitre l’intérêt par un final de cercania avant une demi lagartija.

 Le second avait tendance à parcourir la piste dans tous les sens, faisant une forte vuelta de campana entres ses deux piques engagées. G. Marin ne sut pas trop comment le retenir d’autant qu’à gauche il tricotait à la sortie de la passe. Lui aussi ira a mas sur la fin sur une superbe série droitière et des manoletinas serrées avant une conclusion tendida y trasera. Le 5° rentrera fort deux fois dans le groupe équestre pour en sortir aussitôt. Il affichera un très bon fond de race et de noblesse que son manque de forces atténuera. L’extremeño l’embarquera avec efficacité, variété et élégance faisant croitre l’intérêt jusqu’au final par le gauche avant de porter une entière suffisante un peu longue d’effet après un recibir pinché. 

Le 3° fit son devoir au cheval mais juste de forces il s’avérera peu évident pour A. Younes peu à l’aise, mieux en ne l’obligeant pas et se faisant même fortement accrocher en voulant forcer le succès. Il conclura d’une superbe épée. Des les premiers capotazos, le dernier fit l’avion sur les deux bords, poussant et soulevant la cavalerie en deux rencontres, plus légère la seconde…. Muleta en main Andy Younes se trouva devant un grand toro aux charges longues et limpides, buvant le leurre avec classe. Tout jeune matador de toros il l’aura l’énorme mérite de mettre en évidence toutes ses qualités, avec bon gout et élégance, le Jandilla répétant sans se lasser jusqu’à l’apparition, assez rapide, du mouchoir orange…. Choix contesté par une bonne  partie du public, l’arlésien accompagnant M.A.Perera à hombros avec le mayoral. 

 -3eme de Feria : Oreille et trophée pour A. Salenc 

 

Le prix du meilleur novillo pour celui de Malaga (P.H. Callet) à l’issue d’une novillada plutôt décevante autant du coté des novillos que du coté des toreros, Adrien Salenc s’en tirant le mieux mais sans vraiment convaincre le seul novillo méritant fut celui de Malaga mais qui, hormis aux piques est resté quasiment inédit et qui fut pourtant honoré d’une vuelta posthume ?? Novillada piquée, hommage à l’aficion française avec une affiche 100% tricolore. Des novillos de six ganaderias françaises Jalabert (Laget) 3°, Concha y Sierra 1er, Bruno Blohorn 6°, Los Galos (Marie Sara) 2°, Malaga (Callet) 5° et Pages-Mailhan, 4° formant un lot forcement desigual de morphologie mais tous sérieusement présentés mais aux comportements bien moins intéressants. Et trois jeunes novilleros qui laisseront le public sur leur fin, notamment El Adoureño dont c’était la 1ere novillada piquée en France et El Rafi dont c’était la 1ere tout court. 

- Adrien Salenc (bleu pétrole et or) Oreille ! après avis et vuelta contestée après avis 

-Yannis Djeniba «El Adoureño» (rouge et or) Salut et silence avec quelques sifflets 

-Raphael Raucoule «El Rafi» (bleu France et or) qui débutait avec picadors, Salut après avis et silence après avis. 

Pst. P. Maragnon, soleil enfin printanier, belle entrée coté public avec remise de prix en piste à l’issue du festejo, « Mudo » de la ganaderia de Callet, meilleur novillo pour la CTEM d’Arles et Adrien Salenc, meilleur novillero pour la Jeunesse du Pays d’Arles 

Adrien Salenc hérita en 1er d’un joli jabonero de Concha y Sierra qui afficha de bons principes mais bien trop faible pour les exploiter. Le nîmois le toréa avec application à mi-hauteur sur les deux cornes, essayant d’animer son trasteo, finissant par des manoletinas serrées avant une belle épée au second envoi. Son Pages-Mailhan manquait de fond, haut, n’humiliant presque pas et s’arrêtant dans les muletazos. A. Salenc fit l’effort et insista pour en tirer du positif mais sans pouvoir peser sur son comportement, finissant d’un quart de lame et d’un descabello, la pétition peñista ne fit pas tomber cette fois l’oreille du palco. 

El Adoureño était attendu pour sa 1ere novillada sur le sol français et il est apparut bien vert et plutôt plueblerino. Il eut a composer avec un « Los Galos » de bonnes dispositions mais avec une fâcheuse tendance à chercher les tablas. Il ne sut pas le retenir au cours d’une faena décousue conclue d’une lame efficace. Mal piquée et pourtant brave, face à une cuadrilla plus que limitée, la mauvaise lidia du « Callet » n’arrangea pas les choses pour le garçon. Une 3° rencontre dans les canons aurait été la bienvenue mais le palco, sous l’ire populaire préféra abréger. Chargeant avec alegria il mit vite en difficulté le jeune landais qui se mit en danger, exposant ses jambes au regard du novillo, surtout à droite et après une tentative sur l’autre rive, il choisit d’abréger d’une épée basse. 

Le Laget, flojito et soso fut bien reçu de cape et correctement banderillé par El Rafi. Malgré l’application du nîmois la faena ne décolla jamais par le manque de transmission du novillo d’autant qu’il allongea inutilement son travail. Pas de possibilité de sauver les meubles pour le débutant avec un Blohorn tardo et sans fond, ne lui permettant guère de briller qu’aux banderilles, là encore le nîmois fit trainer les choses en vain… 

 -2eme de Feria : 4 oreilles pour Juan Bautista sur son nuage 

 

Vu les circonstances exceptionnelles de sa participation à cette corrida, 24h à peine après l’enterrement de son père, on aurait pu imaginer un peu de « languitude et de blues » dans son toreo… Ce fut tout l’inverse avec une force incommensurable, thérapeutique peut-être même, qui le mit sur un nuage et lui permit de triompher totalement dans un contexte émotionnel particulier. Il faut aussi bien avouer qu’il hérita des deux seuls toros qui avaient quelques choses à offrir…. El Juli, étrangement absent et Roca Rey ne pouvant guère espérer de leurs adversaires. Première corrida du cycle donc, avec six toros justes de forces de la ganaderia d’El Freixo, propriété d’El Juli, sans grande présence, physique et morale, faisant un peu illusion devant la cavalerie avant de s’éteindre progressivement, d’un peu plus de tenue le lot de l’arlésien… La plupart sifflés à l’arrastre. 

-Julian Lopez «El Juli» (gris et or) Silence et silence 

-Jean-Baptiste Jalabert «Juan Bautista»(purissima y oro) Deux oreilles et deux oreilles 

-Andres Roca Rey (gris souris et or blanc) Silence et silence 

Pst. J. Garcin, plein apparent, vent en rafales et temps menaçant, froid sur la fin, une minute de silence au paseillo à la mémoire de Luc Jalabert, ovation pour Juan Bautista avant la sortie du 1er toro 

El Juli brinda à Juan Bautista sa 1ere faena qui, malgré sa technique, ne put decoller face au vent et devant un adversaire court et sans options. Mise à mort en trois temps. Ce fut quasiment le même scenario avec le 4°, le madrilène n’insistant pas et en terminant d’une entière. 

Des les premiers capotazos on sentit toute la détermination de Juan Bautista y comprit son quite por delanteras avant l’ovation pour A. Sandoval et son tercio de piques. Brindée à son père, sa faena prendra corps peu à peu, à l’abri du vent, inventant un toro, allant a mas dans un registre à la Paco Ojeda,  prononcé avant un volapié d’école… Deux largas de rodilla, des véroniques à genoux, le ton était donné. Et devant un adversaire avare malgré un fond de noblesse, il bâtit à nouveau un trasteo dominateur, en état de grâce par moment ou rien ne semblait pouvoir lui arriver si ce ne fut un pinchazo lors du recibir. Il fit partager son triomphe à ses deux enfants dans un moment d’intense émotion… 

A Roca Rey est passé par Arles sans peine ni gloire, peu aidé il est vrai par ses opposants mais avec un certain ressenti de na pas avoir tout essayé pour vaincre l’adversité climatique et ganadera… Et Séville à l’horizon. 

 -1er de Feria : Sortie en triomphe pour J.A. Valencia 

 

Un triomphe obtenu par le jeune vénézuélien de l’Ecole Taurine d’Arles pour avoir, sans discussion, coupé les deux oreilles de l’excellent second becerro, N°109, honoré lui un peu généreusement d’une vuelta posthume. A. Samira obtiendra lui l’oreille de son excellent 1er tandis que le biterrois L. Minaña s’avérera le moins puesto du cartel, bien qu’étant le plus ancien. Novillada matinale dans le cadre des 30 ans de l’Ecole Taurine d’Arles avec six becerros bien présentés de la ganaderia des Jalabert, sortant avec une devise noire, trois de bien meilleures notes ceux du fer de Jalabert Frères et trois moins évidents et bien plus faibles de celui du Laget (1e, 5° et 6°). 

-Lucas Minaña (ET de Béziers), Noir et or : Silence et silence après avis 

-José Antonio Valencia (ET d’Arles), Bleu et or : Deux oreilles et salut 

-Adam Samira (ET d’Arles), Turquoise et or : Oreille et silence 

Pst. M. Chaulier. Soleil, entrée bien trop familiale. 

L. Minaña ira attendre son 1er becerro à porta gayola avant de vite s’apercevoir qu’il était court et peu évident. Il eut du mal à prendre la direction des opérations et a trouver le sitio, concluant aussi assez approximativement. Le 4° s’avéra excellent d’entrée et permit au jeune biterrois de dessiner quelques séquences allurées au cours d’une faena irrégulière et manquant d’un fil conducteur. 

Jolie réception et bel échange de quite avec son coéquipier de J.A. Valencia qui  trouva de suite le bon tempo. Susto surprenant au 1er muletazo avant que cet excellent Jalabert s’offre sur les deux bords et allant à mas tout comme le novillero qui finit par des enchainements relâchés avec profondeur avant de conclure avec efficacité. Changement de musique avec le 5°, faible et handicapé du train arrière, même si le sud-américain essaya de compenser cet handicap, banderillant lui-même son Laget, le toréant «en su aire» avec suavité… la sauce ne put prendre et la conclusion fut plus aléatoire. 

Devant l’excellent 3°, A. Samira dessina de jolies séries des deux mains avec un tracé harmonieux mais souvent ses enchainements furent plus moyennement rematés. Il conclura d’une entière trasera au deuxième essai. Il aurait bien aimé accompagner son compañero à hombros mais son second becerro, noble au fond, mais beaucoup trop faible, ne le lui permit pas. Il dut le toréer avec des pincettes pour réussir à lier quelques jolies séquences gauchères. L’épée lui ôtant tout espoir de récompenses.