Une oreille chacun, avantage Thomas Joubert…

 

Mano a mano entre deux toreros arlésiens qui avait amené sommes toute, une jolie entrée sur les gradins pour ce final original qui a tenu en partie ses promesses, mais aussi à laissé entrevoir certains manquements aux fondamentaux, surtout en matière d’estocade. Et encore plus devant un lot de respect, dominé par les deux Torrestrella et le dernier de Pedraza, noble le 1er, manquant de fond le 1er de Joselito, exigeant le second. La plupart applaudis à leur entrée en piste. T. Joubert sera présent au quite avec variété sur les six toros…

- Thomas Joubert (bleu et or) Oreille, Salut après avis et Salut après avis

-Andy Younes (blanc et or gris) Silence après avis, Oreille et silence après deux avis

Sobresaliente : Jeremy Banti

Pst : S. Louis, soleil, gardians et reine d’Arles au paseillo, 1/3 d’arenes. Standing ovation pour les deux toreros avant la sortie du 1er toro, Prix à la meilleure faena : la seconde de T. Joubert, remis en piste et hommage à S. Louis pour ses 50 ans d’implication dans la Feria d’Arles…

Toros de Pedraza de Yeltes (1er et 6°), Torrestrella (3° et 4°) et La Reina (2° et 5°) tous très bien présentés, lourds et sérieux avec vuelta au 3° « Almanaque » N°60 de Torrestrella. Ovation à Oscar Bernal qui piqua le 3° toro.

Brindé à l’équipe de chirurgien des arènes de Bayonne, la première faena de T. Joubert fut tout à fait dans son corte personnel… fait de douceur, de verticalité, de créativité, le Pedraza s’y prêtant parfaitement par ses embestidas limpides sur ses deux cotés. Entière au deuxième essai. Deux batacazos ou O. Bernal se retrouve avec son cheval sur le sable, sauvé la 1ère fois par un quite providentiel de J. Chacon et une troisième pique ou le Torrestrella poussa encore… avant un joli quite d’A. Younes. T. Joubert initia son trasteo par le haut et deux trincheras de catégorie que le toro approuva… Trop intermittent dans son scenario, l’arlésien verra son toro se détacher un peu, répondre avec moins d’entrain, la 3° pique n’y étant pas non plus étrangère, on le retrouvera sur les dernières séries de la gauche avant un cafouillage avec les aciers… Fortement piqué, le 5° de La Reina, s’avérera exigeant, bondissant à droite dans la muleta de Thomas qui optera pour une longue partition gauchère qui vit en fin de parcours, le toro rompre et se laisser mieux faire à droite avant à nouveau une mise à mort en trois strophes…

Le 1er d’A. Younes de montrera noble mais manquant d’un peu de sel avec en plus pour ce La Reina, une propension a réduire ses charges. Après une longue série de cadrage, il fut occit d’une demi-lame au 2eme essai… Avec le Torrestrella, auquel T. Joubert servit un quite par Zapopinas, Andy rendit sa meilleure copie du jour, surtout sur la corne droite, noble, claire et de classe d’un autre excellent toro d’A. Domecq. L’estocade fut bien portée et une oreille tomba dans l’esporton de l’arlésien qui aurait pu en engranger deux de plus avec le très bon sixième du fer de Pedraza de Yeltes.. Mais il y avait « trop de toro » pour le jeune matador qui réussi pourtant a trouver sur trois séries l’accord presque parfait avant de poursuivre d’en l’à peu prêt et de s’éterniser avec les épées, frôlant le 3eme avis fatidique..

Prix et sortie à hombros pour D. Ventura

 

Cette corrida à cheval de la feria pascale voyait se décerner le 1er trophée Luc Jalabert au meilleur rejoneador…. Les petits-enfants de l’important taurino arlésien disparu l’an dernier, l’ont remis à Diego Ventura qui en plus de sortir a hombros a laissé deux oreilles avec le rejon de mort à son 1er. Oreille aussi pour Ruy Fernandes et Léa Vicens, qui aurait pu être doublé avec un meilleur maniement des armes.

Six toros de Los Espartales charpentés, donnant du bon jeu dans l’ensemble, meilleur le lot du chef de lidia et à un degré moindre celui de la torera nîmoise, plus compliqué celui de Ventura, surtout par manque de forces…

-Rui Fernandes : Salut et oreille

-Diego Ventura : Salut et deux oreilles

-Lea Vicens : Oreille et salut

Pst : C. Rey, guère plus d’une demi-entrée !!!, temps ensoleillé et chaud. Remise du trophée Luc Jalabert, en piste à la fin de la corrida

Face au meilleur toro de la matinée, R. Fernandes se montra à son avantage aux banderilles avec El Dourado et H. Quiebro, avec ses cites lointains et écarts pour le 1er, ses poses à l’étrier avec pirouettes pour le second. La suerte ultime fut plutôt cafouillée. Il assurera un trophée devant son second avec Artista aux grands écarts de face et de nouveau avec H Quiebro… Demi rejon et entière suffiront pour l’octroi d’un pavillon.

D. Ventura mit d’entrée la barre haute et un lio… sur Lio avec ses appels de très loin   et ses écarts de face, enchainant par les appuyés templés de Bronce, rematant sa faena avec Remate, excellant avec les courtes mais cafouillant avec le rejon final… Pour triompher, et devant le toro le moins intéressant de l’encierro, le portugais sorti la grosse artillerie… Nazari, Gitano énorme et Dolar, la perfection débridée avant de conclure avec Desplante d’une lame sans appel…

Lea Vicens se montra à son avantage surtout sur sa première actuaccion, facile même avec Betico et Bazuka, concluant au second essai. Le sixième demandait à être consentit de prêt…. La jeune nîmoise ne le fit que par moment, rendra sa partition plus irrégulière malgré Diluvio et Jazmin avant de conclure d’une bonne lame mais longue d’effet et nécessitant l’usage du verduguillo…

S. Castella vainqueur aux points….

 

Mais c’est Miguel-Angel Perera qui a réellement impacté sur cette excellente corrida de Jandilla, l’épée anéantissant tout espoir de trophées…. Quant à Chamaco, novillero vedette des années 90, il était là pour remplir les arènes, il l’a fait…. Et quand à l’adage « On ne peut être et avoir été… » le torero de Huelva n’ayant été qu’un bref matador de toros sans grand succès, il lui était impossible d’être à la hauteur d’une telle corrida… 20 ans après. Le torero biterrois, peut-être trop facile sur ce coup, gagnera ses deux oreilles quasiment sur un coup d’épée.

Quatre toros de Jandilla et deux de Vegahermosa (2° et 3°) bien présentés et d’une excellente tenue même s’ils furent économisés au cheval ou ils s’employèrent, ils affichèrent une noblesse du meilleur niveau, jamais naïve avec un peu de piment bienvenu…, de meilleure note le 4eme

 -Antonio Borrero Borrero «Chamaco» (vert de gris et or) Silence et oreille après avis, protestée et cachée…

-Sébastien Castella (lilas et or) Salut après avis et deux oreilles après avis

- Miguel Angel Perera  (blanc et or gris) Salut après deux avis et vuelta après deux avis…

Pst : J. Boyer aux décisions contestables et contestés. 4/5 d’arènes, ciel gris avec quelques gouttes. Ovation pour Chamaco à l’issue du paseillo…

Retour remarquée aussi pour Christian Romero avec deux belles paires de banderilles au 1er avant une esquisse de faena dont on ne gardera pas un grand souvenir et que Chamaco conclut d’une lame habile au 2eme essai. Le retour exceptionnel du l’andalou marquait le pas devant un grand toro quand son entourage se mit à booster Toño qui finit par se lâcher un peu sur des séries liées méritoires, se laissant même aller jusqu’à l’accrochage… Il revint en essayant de refaire du Chamaco d’antan, de novillero mais face à « justiciero » ce fut presque pathétique…

Superbe réception et échange de quite de haut vol avec M.A. Perera, la competencia était lancée. S. Castella embarqua son toro dans une faena claire et limpide réduisant peu à peu les distances pour se l’enrouler autour de la ceinture avec des changements de main opportuns… La conclusion ne fut pas au même niveau… Son second de bon son aussi était un peu plus exigeant et le biterrois se montra facile, peut être un peu trop, la faena ne parvenant pas à décoller. Il appuiera un peu plus sur la fin avant de conclure d’une lame sin puntilla. Résultat : deux oreilles !!

Avec le quite à son 1er toro, on sentit que Perera n’était pas venu pour faire de la figuration… Il cita, à genoux au centre du ruedo, « mafioso » pour deux cambiadas et des derechazos de rodillas, la suite confirmant le niveau des deux opposants, le torero imposant sa muleta épurée à un toro noble et enracé, variant la partition avant un final rapproché et une entière appuyée mais longue d’effet, nécessitant le recourt au verduguillo… Mise en suerte à nouveau par chicuelinas marchées avant un quite par tafalleras relevé et une faena brindé à Chamaco. Plus exigeant que son 1er, ce second toro de l’extremeño générera un long début de trasteo qui finira par impacter sur la fin avec l’arrivée de la musique et un Jandilla qui consentira enfin à livrer totalement à gauche avant un final ultra-serré aux chevilles. 1er avis avant de prendre l’estoque et une conclusion en trois strophes, ôtant tout espoir de récompense malgré une belle pétition…

Novillada : Des comme ça on en redemande

 

 Six novillos de six ganaderias françaises : François André (1er) - Taurelle et fils (6eme) – Malaga (5eme) – J. Giraud (3eme) - Camino de Santiago (4eme) - Le Lartet (2eme) donnant dans l’ensemble un jeu excellent et intéressant, compliqué le 1er, de meilleures tenue au cheval les 1er, 3eme, 5eme et 6eme, au dessus du lot le second noblissime avec classe et inusable et surtout le 5eme brave noble et encasté

-Tibo Garcia (violette et or) novillo de F. André : Salut après avis

-Maxime Solera (carmin et or blanc) novillo du Lartet : Oreille après avis

-Baptiste Cissé (sangre y oro) novillo de J. Giraud : Salut après avis

-Charles Pasquier « Carlos Olsina » (lavande et or) novillo de  Camino de Santiago Oreille après avis

-Raphael Raucoule « El Rafi » (violet et or) novillo de Malaga : Oreille

-Adam Samira (violet et or) qui faisait ses débuts en piquée, novillo de Taurelle : Oreille après avis

Pst : S. Hebrard. ¼ d’arenes, temps gris avec quelques gouttes de pluie. Salut du banderillero M.A. Romero au dernier, vuelta pour les novillos « Purpanito » du Lartet et « Intrepido » de Malaga. Prix au meilleur novillero : El Rafi. Meilleur novillo celui du Lartet, mais celui de Malaga le méritait surement plus….

T. Garcia recevra superbement le blanc F. André et s’arrimera sans céder devant un novillo vite court et félin, son effort voyant le novillo allonger un peu ses charges à droite… Forte ovation avec salut après une belle épée au 2eme essai

M. Solera était venu pour triompher. Porta gayola pour le Lartet devant lequel il glisse sans conséquence… Voyant les qualités du novillo gersois, il le citera de loin, l’embarquant sur de longues séries des deux bords, le fosseen, manquant surtout de suavité, mais l’essentiel était de mettre en valeur « purpanito » et ce fut très bien fait, lui, gagnant son oreille avec, une estocade sans muleta en se jetant sur les cornes avec voltereta en prime…

L’excellent Giraud permit à B. Cissé de réciter de belle manière ses gammes sur les deux rives, liant d’excellents enchainements mais en restant un peu en deçà de son adversaire. Epée arrière et descabello en guise de conclusion.

C. Olsina, sûr de son fait, débuta sa faena les deux genoux en terre pour un long enchainement, il s’adapta fort bien d’un noble « Camino de Santiago » auquel il manqua un peu de moteur pour transmettre plus, le biterrois se montrant parfois trop sûr ce qui lui valut quelques accrochages sans effets sur des séries de bernardinas. Epée portée en s’engageant avec nouvel accrochage mais aidant aussi à l’octroi d’une oreille

El Rafi hérita du novillo de la matinée, un important novillo du fer de Malaga, physiquement et mentalement et devant lequel il a franchit un palier… Chicuelinas marchées pour les mises en suerte en écoutant bien les conseils de P. Varin. Muleta en main, il partagea avec son adversaire, des séries vibrantes et liées marquées par la caste du pupille de la maison Callet qui répondit jusqu’au bout, de meilleure sonorité à gauche… L’estocade mit un bémol à l’ensemble..

Passé après et en débutant à ce stade, n’était pas chose aisée, d’autant que physiquement, comme le précédent, il y avait plus de toro que de novillo dans le Taurelle, une première aussi pour l’éleveur de Saint Just. Et les deux ont été à la hauteur des attentes même s’il manqua un peu d’humiliation dans la noblesse du novillo. L’arlésien fit bien les choses en profitant des qualités de son adversaire, rallongeant peut être un peu trop et se pénalisant avec une épée peu orthodoxe qui ne le priva pas d’une oreille.

Trois oreilles pour Manzanares…

 

 … Et une pour Alvaro Lorenzo qui toucha le lot le moins disposé, Morante nous offrit de bons fragments de sa toreria avec deux adversaires trop châtié à la pique. Les deux meilleurs de l’encierro furent pour l’alicantino, qui en profita pleinement, même la veille de sa corrida de Sevilla. Comme quoi. 

 Quatre toros de Garcigrande et deux de Domingo Hernandez (1er et 2°) s’employant au cheval avec forces sauf le 5eme, le dernier désarçonnant spectaculairement par deux fois le piquero de turno avant d’envoyer le cheval à terre. Un ensemble correctement et diversement présenté qui donna des jeux divers au dernier tiers.

-Morante de La Puebla (neige fleurie et réglisse) Silence après avis et silence

-José Mari Manzanares (bleu nuit et or) Oreille après avis et deux oreilles après avis

-Alvaro Lorenzo (roue et or) Oreille et salut après avis

Pst : Ph Kugener, ciel menaçant et vent léger, trois quart d’entrée.

Trois véroniques et une demie maison après un désarmé malvenu et avant deux fortes piques… le 1er toro de Morante ne put exprimer son potentiel par la suite par manque de forces…. Une entame très raffinée et puis petit à petit « Azucarero » rechigna puis se défendit jusqu’à une mise à mort des plus laborieuse. Son second picador partit sous une forte bronca pour ses deux châtiments sévères tandis que la lidia fut des plus chaotiques, ce dont le toro se ressentit par la suite. Malgré ce, le début de faena par le bas et les deux séries droitières qui suivirent fut aux essences sévillanes. A gauche ce fut bien moins évident d’autant que le Garcigrande avait mit les freins… inexorablement.

Paco Maria fut ovationné pour ses piques à l’excellent second qui confirma toutes ses qualités jusqu’au bout. Noble et encasté, « Treinta y neuve » permis à Manzanares d’exprimer son toreo autant ajusté qu’esthétique lors d’une faena ambidextre qui manqua d’un final plus en douceur et d’une épée mieux portée…. Le 5eme sortira trois fois très vite du cheval et fit plusieurs génuflexions sur les premiers muletazos… L’alicantino voyant son fond de noblesse, le mettra en confiance le laissant récupérer peu à peu avant d’en tirer tout le potentiel, les deux allant a mas, le toro en oubliant ses genoux et Manzanares déroulant sa tauromachie jusqu’au recibir d’école…

Le 3eme avait des charges peu franches avec un zeste de violence. A. Lorenzo s’arrima pour ne rien céder à un adversaire qui réduisait assez vite ses charges… Il alla chercher son oreille par un final encimista et des bernardinas des plus serrées avant ¾ de lame suffisante.  Avec forces le dernier fit voler la cavalerie par deux fois, le lancier ayant manqué sa cible. Il prit ses deux piques avec le piquero de réserve avant de se montrer des moins coopératifs au dernier tiers, le toledano lui arrachant les passes à la force du poignet…