Dax 2019 : Reseñas : Vicente, photos www.photoslouise2z.com

 

Le sobrero de la honte

 

 -Domingo Lopez Chaves (grenadine et or) : double silence

-Pepe Moral (muleta et or) : double silence

-Adrien Salenc (ciel et or) : oreille et chaleureuse ovation de sortie

 

Le lot d’Ana Romero déçut dans son ensemble, désigual dans sa présentation et malheureusement uniforme dans son comportement : faible et sans le piquant du Santa Coloma tant attendu. Le pire venant du 5ème bis qui portait bien son nom « Ternero » : un petit toro que l’on aurait pu croire échappé des corrales d’une novillada non piquée tant ses cornes étaient discrètes et son trapio léger. Un toro qui rappela le dernier des Victorino de Mont de Marsan le mois dernier. Un toro qui fait honte à une arène de 1ère catégorie. Mais comment a-t-il pu être embarqué ? Un toro qui va faire parler de lui pendant les longues soirées d’hiver.

 

Venu en remplacement de Rafaelillo sévèrement blessé à Pampelune, Domingo Lopez Chaves ne put laisser parler sa toreria magistrale tant son premier Ana Romero était faible, et il dut se contenter de l’accompagner en douceur de la muleta ne pouvant réellement le toréer, et encore moins le forcer à quoi que ce soit sous peine de chute du bicho. Pinchazo, entière caida, descabello.  Calarboya, le plus sérieux de l’envoi, poussa lors de la première rencontre sous le fer, avant de se réserver sous la seconde. Mais DLC face à ce toro qui permettait le plus, surtout à gauche, resta un peu dessous sans forcer ni s’investir réellement. L’Ana Romero fut difficile à fixer pour le moment de vérité. Deux demies, une entière.

 

Le second toro, manso, fut bien accueilli par Pepe Moral à la cape, tous les espoirs étaient permis. Mais la mauvaise temporada 2019 de Pepe se poursuivit ici aussi, certes peu aidé par la fadeur de Catequista. Il enchaina des séries ambidextres mais toujours profilé sans aucune transmission. Entière caida. Ruleta s’affala sous le peto lors de la première rencontre avec la cavalerie et en sortit handicapé, il fut donc renvoyé aux corrales dont il venait de sortir. Ce fut donc le pauvre petit « Ternero » et ses 505 kilos d’avant son régime qui le remplaça. Ce « novillo » paraissait encore plus malingre face au grand Pepe Moral. Sous la bronca rugissante des tendidos l’andalou toréa pour lui et profita de la noblesse évidente de cet Ana Romero, mais rien ni personne ne pouvait empêcher la bronca. Pinchazo, entière.

 

Adrien Salenc qui faisait sa présentation en tant que matador de toros dans ces arènes, vêtu de son costume d’alternative fut incontestablement le matador plus en vue de la tarde. Madroño était faible et chuta souvent dans le sable. Adrien sut intelligemment profiter du fond de noblesse de son Ana Romero, débutant sa faena, brindée au public, par des statuaires de gala. Adrien s’adapta aux limites physiques de son toro, et parvint à lui servir des séries ambidextres avec classe et toreria. Engagement total à l’épée : entière. Avec l’ultime ce fut compliqué : le public avait décroché et le faible Carrillero se décomposa très vite. Adrien fut bref. Nouvel engagement sincère à l’épée : entière.

 

4/5 d’arènes Temps chaud

Deux oreilles pour Sébastien Castella

 

 -Diego Urdiales (schtroumph et or) : silence et oreille

-Sébastien Castella (lavandin de Sault et azabache, gilet or) : deux oreilles et salut

-Toñete (Marine Nationale et or) : silence et silence

 

En ce 16 août cela faisait 20 ans et 1 jour que Diego Urdiales devenait matador de toros dans ces arènes de Dax des mains de l’illustre Paco Ojeda, avec « El Cordobes » pour témoin. Pour commémorer cet anniversaire Elizabeth Bonjean, Maire de Dax et la commission taurine lui remirent en piste à l’issue du paseo une œuvre de l’artiste Lydie Arickx. Pour cet anniversaire, ce fut les toros de Jandilla que durent affronter les trois diestros du jour. Le lot correctement présenté, manqua de force mais possédait un fond de caste qui mis en déroute certain, et ne donnèrent pas envie de s’y mettre à d’autre …

 

Gerifalte, sûrement dérangé en pleine sieste, sortit en piste tout endormi, mais s’employa sous la première pique avant deux autres plus discrètes. Brindis de Diego à son père. Une fois dans l’étoffe d’Urdiales il chargea de façon désordonné et se retourna rapidement, mettant le torero de la Rioja sur le reculoir. Prudemment, il ne s’aventura pas sur la corne gauche, et conclut sa faena d’un gros engagement à l’épée. Entière caida et plate. Urdiales reçut Legendario par de classieuses véroniques à la cape, avant que le manso n’aille par deux fois au cheval et ne déborde la cuadrilla banderilles en main. Après avoir brindé au public, Diego nous gratifia d’une délicieuse entame par doblones pour mener le Jandilla au centre du ruedo. Urdiales profita de la bonne corne droite de son toro et déclencha la musique. A gauche, le passage fut bref et haché, le maestro ne s’y éternisa pas. Le toro se décomposa et la faena ira a menos. Urdiales se vit les pierres pour le placer et pris un avis avant un estoconazo qui à lui seul valait l’oreille accordée

 

Le premier Jandilla de Sébastien Castella après avoir visité le ruedo de fond en combles, sauta dans le callejon. Après un passage rapide auprès de la cavalerie et un second tercio avec des banderilles de la couleur du costume de Castella, Historico arriva au dernier tiers distrait. Sébastien brinda sa faena à l’artiste franco-colombien Diego Ramos. Violent sur les premiers cites, Sébastien régla par des derechazos son Jandilla avec persévérance et élégance. Passage peu convainquant à gauche, Sébastien termina sa faena par des muletazos avec temple et douceur. Entière efficace.  Lotero, fut manso, sortant seul et rapidement lors des rencontres sous le fer. Alors que Sébastien brindait au public, il échappa à la vigilance des peons et le chargea plein gaz au centre du ruedo. Castella réalisa alors une série de doblones montera en main. Le Jandilla avait à la fois le pied sur l’accélérateur et le frein chargeant violement ou pas. Malgré ce danger sournois, Sébastien s’évertua à construire une lidia adapté à un tel comportement, réalisant notamment en milieu de faena une cambiada qui fit sursauter les tendidos. Entière trasera. Déception visible du maestro qui, à la fin de la corrida, quitta l’arène à pieds.

 

Rufian malgré ses 515 petits kilos sortit en piste faible et après deux piques et une vuelta de campana. Il s’étala sur le sable à la sortie de la première passe de Toñete et se releva la mécanique complètement déglinguée marchant en crabe et s’affaissant régulièrement. Le jeune matador ne put qu’abréger. Entière, descabello.  Le jabonero de l’envoi subit deux cariocas de gala, qui valurent au picador de sortir sous les sifflets et les quolibets du public. Toñete brinda au public une faena qui ne décolla jamais par faute de métier et manque d’expérience face à ce Jandilla exigeant  qui resta inédit. Pinchazo, entière caida.

 

9/10 d’arènes Temps estival

En matinée devant une demi-arène et face à des erales intéressants de Miranda de Pericalvo, Cristian Parejo et Nino Julian se qualifièrent pour la finale des novilladas non piquées

-Uceda Vargas de Camas (bleu de Nazaré et or) : vuelta

-Christian Parejo de Chiclana (bleu nuit et or) : oreille

-Pablo Jaramillo de Salamanque (saumon et or) : salut après un avis

-Tristan Espigue d’Arles (bleu nuit et or) : oreille

-Nino Julian de Nîmes (blanc et argent) : deux oreilles

Oreille pour Chacon mais Luque …

 

 -Octavio Chacon (foie gras des Landes soutaché de noir et or) : salut et oreille

-Daniel Luque (bout de zan et or) : vuelta et silence

-Juan Leal (cœur de bœuf et or) : double silence

 

Compte tenu de l’Histoire qu’écrivent les Pedraza de Yeltes d’année en année dans ces arènes, de leur bonne course de Vic à Pentecôte, et des deux bons exemplaires sortis la veille à Bayonne, les toros de Luis Uranga étaient un des cartels phare de cette féria dacquoise. En y programmant devant un gladiateur des temps nouveaux, Octavio Chacon, un torero en pleine bourre et en totale sérénité, auréolé de son succès bayonnais, Daniel Luque, et un espoir à la vaillance débordante, Juan Leal, on avait là une ‘’corrida d’expectation’’.  Malheureusement l’adage se vérifia une fois encore, et c’est avec une certaine dose de déception que nous quittèrent les arènes à la fin de la course. Superbes de présentation, dans le type de la maison : haut et bien armé, sans excès de surpoids (de 540 à 595 kgs), ils manquèrent de bravoure au cheval, et de race et de fond à la faena.

 

Octavio Chacon, toujours remarquable chef de lidia, hérita d’un Pedraza d’ouverture qui poussa lors de la première et longue rencontre sous le fer, mais s’économisa sous la seconde.  Le maestro de Prado del Rey profita du fond de noblesse de Niñoso, mais sa charge était courte, à droite les muletazos s’enchainèrent bien, alors que la corne gauche resta impraticable. Octavio étira à l’excès une faena qui alla a menos. Entière. Pétition minoritaire et tentative de vuelta avortée.  Octavio s’efforça de mettre en valeur Mirante lors des deux piques en le plaçant au centre de la piste pour la seconde. Il entama tambour battant sa faena en le citant de loin, le Pedraza venant s’engouffrer dans l’étoffe en humiliant. Chacon ne rata pas le coche et profita de l’alegria de son toro pour réaliser de bonnes séries sur les deux cornes. Entière.

Daniel Luque fut invité à saluer avant la sortie en piste de son premier toro en honneur de sa bonne prestation bayonnaise lors de son seul contre 6. Son Pedraza fit illusion lors du premier tiers. Dani débuta sa faena par une série de doblones qui fit démarrer la musique, mais le maestro la fit taire aussitôt. Le toro fut court de charge, mais Luque le guida dans sa muleta avec fermeté et profondeur. Un pinchazo, une entière caida, et un puntillero en indélicatesse lui coutèrent les trophées. Deux avis.

Le quinto, sans toucher les étoiles, fut le plus ‘’Pedraza’’ au premier tiers : sur la première rencontre il fila directement sur la cavalerie et renversa la pièce montée. Mira-Bajo vint ensuite à trois reprises, dont les deux dernières du milieu de la piste avec une certaine alegria. Le picador José Manuel Perez Garcia salua après son actuation et regagna ses pénates en musique. Daniel brinda sa faena à David, le responsable des corales. Comme c’était à craindre le Pedraza laissa toutes ses forces dans la bataille du premier tiers et arriva vidé dans l’étoffe de Luque qui l’avait bien mis en valeur. Le maestro de Gerena abrégea une faena qui ne décolla pas. Pinchazo, bajonazo.

 

Juan Leal fut peu chanceux au sorteo, Porteño, le plus faible de l’envoi, ne permit pas grand-chose même si Juan s’évertua à le faire passer avant un final trémendiste. Deux pinchazos, entière. L’ultime déborda Juan capote en main, il prit en suite deux piques sans s’employer sous  le fer. Début de faena par cambiadas au centre du ruedo, après de bonnes séries de naturelles, le Pedraza coupa le moteur et Juan retomba dans ses travers du toreo kamikaze qui lui valut les sifflets du public. Demi lame, entière. Deux avis.

Les banderilleros Raul Caricol, Marco Leal et Manolo de Los Reyes furent invités à saluer. No hay billetes Temps agréable.

Dax 1ere : Matinée de figuras …

 

 -Enrique Ponce (ciel de Provence et or) : silence et oreille

-José Maria Manzanares (sang et or) : silence et oreille

-Cayetano (bleu France et or) : double silence

 

Cette matinée de toros ne restera pas dans les anales, à part peut être pour le retour dans les ruedos de l’hexagone d’Enrique Ponce après sa blessure et de la Cavalerie Bonijol après sa mise en quarantaine. En effet, comme malheureusement trop souvent dans les courses de figuras, le lot de toros étaient plus que juste de présentation, à la corpulence légère et aux armures commodes, décastés et manquant de force. Toros de Victoriano del Rio et de Toro de Cortes (2ème).    Enrique Ponce fut invité par son public de Dax à venir saluer à l’issue du paseo, c’est qu’entre ces deux là l’histoire est déjà longue.

 

Breviata sortit faible, il fut ménagé lors des deux rencontres règlementaires, et la présidence abrégea le second tercio au bout de 3 banderilles. Gêné par le vent, et en raison de l’absence totale d’opposition, Enrique empila les séries sans conviction. Trois pinchazos, entière caida.  Le 4ème fut rapidement remplacé par un sobrero du même fer. Avec Marginado, le roi Enri se rappela aux bons souvenirs de ses fans à qui il brinda sa faena. Il leur montra qu’il n’avait rien perdu de sa souplesse légendaire et débuta sa faena par des séries de doblones genou à terre. Sans toutefois trop forcer, mais avec son toreo précieux, il enchaina en musique les séries ambidextres jusqu’aux poncinas de la casa. Entière caida

 

Après deux mauvais premiers tercios, José Maria Manzanares entreprit Dulce au cours d’une faena longue et insipide. J2M le toréa sur le voyage avec sa grande voile qui lui sert de muleta. Bajonazo.  Face à Casero, le plus léger de l’envoi 510 kgs, José Maria profita de sa charge en le toréant avec fermeté et autorité, ce dernier répondant au moindre toque, et déclencha la musique. Après avoir tenté plusieurs fois le recibir, J2M conclut d’une entière caida hémorragique et efficace.

 

Drosero et ses 545 kilos, fut sûrement le toro le plus intéressant au premier tercio, en s’employant lors des deux ratios de fer, plus longues que de raison. Après le quite d’Enrique Ponce, Cayetano brinda sa faena au public, mais le Victoriano était tardo, et passa plus de temps à gratter le sable, qu’à charger la muleta. Deux pinchazos, entière.  Avec l’ultime, manso, circulez y a rien à voir, Cayetano ne fera aucun effort. Pinchazo, entière.

 

Saluts des banderilleros Jocho et Jaime Padilla au quatrième Casi lleno