Les Saltillo maîtres du ruedo

 

 Six toros de Saltillo

-Fernando Robleño (bleu roi et or) : avis et salut – bronca

-Javier Cortes (aubergine et or) : salut – silence

-Noe Gomez del Pilar (bleu canard et or) : 2 avis et salut – salut

Casi lleno. Soleil et vent. Président : André Roques

Les trois banderilleros de Gomez del Pilar, Ivan Aguilera, Raul Ruiz Bonilla et J Cebadera ont salué respectivement au x 3ème et 6ème toros.

Prix de la meilleure pique : ADAC : desierto CTB : desierto La Muleta (arles) : (3ème) Placido Sandoval.

Très bien présentés, mansos et/ou violents sous la  pique (22 rencontres en comptant les  8 piques du dernier manso perdido), puissants, agressifs, difficiles à leurrer et prompts à s’aviser, semant la panique notamment lors des tercios de banderillas des second, quatrième  et cinquième, les toros de Saltillo sont restés les maîtres du ruedo jusqu’au bout et ont tous été applaudis à l’arrastre. Aucun des trois toreros n’est parvenu à les dominer, Robleño n’a pas pu ou pas su, Cortés n’était pas vraiment là, surtout devant le cinquième, Gomez del Pilar, tout aussi impuissant que ses compagnons de cartel, s’est toutefois arrimé et s’est surtout attiré la sympathie du public  par la responsabilité dont il a fait preuve durant toute la tarde et par ses interventions opportunes y compris quand  il s’est substitué au chef de lidia qui avait plus ou moins abandonné son poste, démoralisé  par les sifflets qui fusaient des gradins.

Robleño fixe énergiquement son premier adversaire avec le capote et soigne la mise en suerte pour deux piques (une rectifiée et pompée, l’autre trasera) que le Saltillo prend en se défendant.  Le toro va couper méchamment les terrains au second tiers ce qui ne mettra pas en confiance le matador qui entame sa faena de muleta avec circonspection laissant l’adversaire lui prendre le dessus dans un premier temps mais s’arrimant un peu plus par la suite pour parvenir à lui tirer une série correcte sur chaque corne. 2 pinchazos et entière.  Le quatrième s’emploie avec violence sous trois mauvaises piques sévères qui valent des huées à leur auteur. Débandade aux banderillas, les peones  poursuivis par le toro les placent n’importe comment quand ils ne les jettent pas par terre avant de plonger dans le callejon. Pas de quoi se moquer comme l’ont fait certains sur les gradins, oubliant la gravité du moment. Pas franchement à l’aise et  laissant la place pour un autobus entre lui et le Saltillo qui marche la tête haute distraido en fin de passe, Robleño se fait siffler. Véxé, celui qui fut un temps le chouchou de Céret  va chercher l’épée, ce qui ne fait qu’aggraver son cas. Tiers de lame et grosse bronca. Un silence aurait été plus de mise.

Lidia désastreuse aux deux premiers tiers avec le second Saltillo qui reçoit trois mauvaises piques en essayant de prendre le cheval par devant à chaque fois ( piquero  hué) et qui sème lui aussi la panique parmi les banderilleros en fonçant sur tout ce qui bouge avec des intentions qui ne laissent guère place au doute. Jeux de flechettes et plongeons dans le callejon. Cortés arrachera quelques passes valeureuses en mode guerrier à ce violent Saltillo sans pouvoir pour autant dominer la situation et terminera rapidement dans son terrain au toril. Pinchazo et ¾ de lame. Il se fait désarmer d’entrer au capote par le cinquième très typé Saltillo qui lui vient dessus.  Le toro pousse, se défend et sort seul  respectivement de trois piques assassines et nouvelle bronca pour le piquero . Le même scénario se répète aux banderillas. Cortés restera très prudent  avec la muleta, faisant le minimum syndical  devant cet adversaire qui ne manquait pas de noblesse et méritait mieux.  2 pinchazos et entière basse.

Le troisième Saltillo charge avec puissance et s’allume sous une première pique basse de Sandoval, revient avec force pour secouer et pousser le groupe équestre sans que le piquero ait pu placer sa puya mais  ne fait que se défendre lors de la dernière rencontre. Applaudissements. Contrairement aux autres, les banderilleros de Gomez del Pilar se sont montrés compétents et très efficaces et on salué aux deux toros de leur maestro qui n’étaient pourtant pas des bombons. Ce dernier attaque sa faena par une série de doblones aussi efficace qu’esthétique. Peu aidé ni  par le vent qui souffle assez fort à ce moment là ni par le genio d’un adversaire qui a très vite compris où était la bonne cible, Noe  s’arrime pourtant et l’oblige le temps de quelques courtes séries droitières mais ce ne sera pas suffisant pour le dominer totalement et il aura du mal pour le fixer à la mort et le tuer. 1/3 de lame, entière et 2 descabellos.  Le dernier freine dans le capote et cherche la sortie dès son arrivée en piste. Manso perdido et  violent,  il va obliger le picador à faire un tour de piste complet afin de pouvoir le piquer, au rasé la plupart du temps, et la huitième fois alors que les clarines venaient de sonner. Pendant ce temps, le président s’évertuait sans résultat à faire des  signes pour qu’on fasse entrer le deuxième cheval. Mais que faisaient les alguaciles ? Au dernier tiers, le Saltillo  réfléchit avant de foncer sur Gomez del Pilar qui lui présente la muleta de la main droite,  la fait voler  quand il la  lui présente de l’autre main. Le matador réfléchit lui aussi mais pas longtemps. A por espada. Entière et deux descabellos.

Le triomphe de Maxime Solera

 

 Cinq novillos de Monteviejo et un sobrero de Urcola (3ème)

-Juan Carlos Carballo (turquoise et or) : silence – salut

-Aquilino Giron (violet et or) : salut – silence

-Maxime Solera (rouge et plata) : Avis et 2 oreilles – avis et vuelta.

¾ d’arène. Sol y nubes. Président : M.Pons.

Salut des banderilleros Fernando Casanova au 3ème et  Omar Guerra au 6ème.

Prix de la meilleure pique remis par le CTB : Pepe Aguado au 3ème.

Sérieux de présentation, les novillos de cette matinée n’ont rien donné de sensationnel à la pique (17 rencontres) Bien que manquant  de force et de moteur ensuite dans l’ensemble, ils  exigeaient cependant une lidia sérieuse. Le plus intéressant à la muleta a été le noble et encasté sobrero de Urcola, remplaçant  le troisième Monteviejo qui s’était cassé une corne en tapant au burladero. Premier et quatrième étaient maniables, second, cinquième et dernier plus compliqués. Le triomphateur incontesté de cette novillada a été Maxime Solera qui a su insufflé beaucoup d’émotion et d’intensité à ses deux faenas devant des adversaires totalement  différents, se hissant nettement au dessus de ses compagnons de cartel.

Le premier Monteviejo lourd et sans jus prend mollement trois puyazos, le dernier après moult capotazos pour le mettre en suerte. Même topo au second tercio. Juan Carlos Carballo ne parviendra pas à se mettre en confiance devant cet adversaire un peu mollasson mais impressionnant de par sa taille qui ne présente pas de danger majeur. Faena marginale et inconsistante, principalement par ayudados et sans ligazon. 2 pinchazos et ¾ contraire. Le quatrième qui s’emploie par à coups lors de trois rencontres, manque aussi de moteur au dernier tiers mais se laisse faire. Débutée prudemment, la faena de Carballo ira petit à petit à mas sans qu’il réussisse toutefois à donner beaucoup d’intensité à sa prestation. Pinchazo et entière basse.

Aquilino Giron qui relevait de blessure n’a pas pu s’imposer face au lot le plus coriace de la matinée. D’abord débordé au capote par le second Monteviejo qui va prendre trois piques sans éclat, il se fait cueillir dès les premières passes de muleta et à partir de là ne pourra plus rien faire face à ce novillo qui ne voit que lui. Entière caida. Il n’aura pas plus de chance avec le cinquième qui après un refilon, se défend plus qu’il ne pousse lors de trois autres rencontres et arrive au dernier tiers parado et très avisé, en particulier sur le piton droit. Aquilino, vaillant, a voulu s’y frotter mais le bicho l’envoie  dans les airs. Arrêt des jeux. 2 pinchazos, entière.

Maxime Solera  se fait renverser lors d’une Porta Gayola par le troisième Monteviejo qui sort comme une bombe et va se fracasser une corne contre le burladero sur sa lancée. Pas impressionné pour autant, le français remet ça à la sortie du sobrero de Urcola. Un peu entortillé mais pas touché cette fois. Le novillo s’emploie très moyennement sous deux bonnes piques de P.Aguado mais va se révéler  au dernier tiers d’une noblesse vibrante  que Solera  saura mettre en valeur lors d’une faena  enthousiaste  débutée plein centre en citant de loin et conduite sur les deux cornes  avec autorité et sur un rythme soutenu. Le novillero va nous offrir une mise à mort spectaculaire. Au moment de vérité, Solera se débarrasse de sa muleta, se jette entre les cornes pour l’estocade et  enchaîne par un saut périlleux sur le dos du novillo avant de retomber sur ses pieds avec une aisance déconcertante. L’épée est trasera , il y aura encore deux descabellos mais le palco n’hésite pas à accorder deux oreilles que personne ne contestera. Il saura s’imposer également devant le dernier Monteviejo, juste de force et avisé, qu’il va toréer avec beaucoup d’entrega et de sincérité, concluant sa faena sur un recibir suivi de deux descabellos. Pas d’oreille cette fois mais une vuelta très applaudie et une sortie a hombros à Céret, ça n’arrive pas tous les jours !

Les Fraile : retour et déception.

 

 Cinq toros de Juan Luis Fraile  et un sobrero de Peñajara (2ème)

-Javier Castaño (bleu marine et or) : silence – silence

-Ivan Vicente (rose, noir et or) : sifflets – silence

-Joselillo (rouge vermillon et or) : avis et salut – silence

4/5 arène. Président : M.Sicet.  Temps ensoleillé et chaud avec petite bise.

Prix de 200 euros remis par le Club Taurin de Bruxelles à la meilleure pique : J.M Vicente au 2ème et  Placido Sandoval au 3ème.

Salut du banderillero José Rus Alvarez au second.

Beaucoup de déception pour ce retour des Fraile. Par la présentation d’abord avec un lot desigual dont deux exemplaires de petit gabarit, premier et sixième, ce dernier étant fortement protesté à sa sortie pour un cruel manque de trapio. Au niveau du comportement, premier et cinquième se sont révélés quasiment invalides, le second  qui présentait un coup de corne très visible a du être changé à sa sortie par un sobrero de Peñajara. A part le sixième qui a duré un peu plus longtemps, ces toros ont manqué de charge au dernier tiers et se sont vite mis en mode défensif dans la muleta. Le meilleur moment de la tarde restera assurément  le tercio de varas spectaculaire du troisième avec Placido Sandoval aux commandes du cheval. 15 rencontres au total.

Castaño n’insiste pas plus qu’il ne faut devant le premier Fraile anodin sous deux piques sans éclat qui a beaucoup de mal à rester debout et proteste dans la muleta. Entière en place concluante. Le quatrième sort comme une bombe du toril et se tanque au centre avant de foncer avec une fougue sauvage dans le capote de Castaño. IL rentrera fort à trois reprises dans le peto sans beaucoup s’employer. Ce Fraile va s’aviser rapidement au dernier tiers. D’abord sur ses gardes, Castaño fera quelques efforts pour lui tirer des passes sur les deux bords sans réussir à s’imposer.  Peu engagé à la mort, il se fera huer pour avoir pris le descabello sans avoir vraiment mis d’estocade après trois échecs avec l’épée.

Le Peñajara qui remplace le second Fraile blessé s’abîme une corne dès sa sortie en tapant au burladero.Ivan Vicente qui a réalisé une jolie réception en le fixant au centre , aura du mal par contre à le mettre en suerte pour la première pique laissant son peon aux manœuvres. Le bicho prend trois bonnes piques avec plus de violence que de bravoure, violence qui va se confirmer dès que Vicente lui présentera la muleta. Ce dernier, affichant son impuissance, s’en débarrassera rapidement après un désarmé et un sauve qui peut en sautant dans le callejon. ¾ basse.

Le cinquième est le plus beau du lot. Il s’endort un peu dans le peto lors de la première rencontre et sort de la seconde avec la pique plantée dans le dos ! Dans le doute et sur le recul dans un premier temps avec la muleta devant ce Fraile qui s’affale à plusieurs reprises sur le sable, Vicente finit par comprendre qu’il ne présente pas de danger majeur et  se lance dans une faena d’infirmier sans grand intérêt  sous les « olé » ironiques de quelques spectateurs. ¾ de lame.

Le troisième Fraile se tanque au centre et réfléchit beaucoup avant de s’engouffrer dans les capotazos vibrants de Joselillo. Il fonce sur le piquero pas encore en place avant d’être placé de plus en plus loin pour trois autres rencontres spectaculaires, réfléchissant longtemps avant de charger  avec  beaucoup de puissance et de violence sur le cheval parfaitement maîtrisé par Sandoval qui sera chaleureusement applaudi  à sa sortie. Joselillo parviendra tout juste à tirer quelques derechazos  méritants mais sans pouvoir lier devant cet adversaire qui va très vite s’arrêter, l’obligeant à écourter sa faena. Pinchazo et entière caida. Le sixième dont la présentation est indigne de Céret est protesté violemment sur les gradins. Visiblement déstabilisé par l’ambiance qui règne dans l’arène, Joselillo a du mal à se concentrer devant cet adversaire pourtant  maniable. Sa faena, électrique et  peu construite finira en queue de poisson. Pinchazo et entière.

 

Reseñas y fotos (N. Regardier-Michel Volle)