Les Escolar Gil, arbitres du mano à mano 

 Fernando Robleño / Alberto Aguilar 

 

Comme souvent, il serait particulièrement trompeur de juger la prestation des acteurs  de cette corrida sur le seul critère  de trophées accordés, ou bien  d'apprécier les mérites de la ganaderia sur le comportement d'un exemplaire considéré isolément. En effet il y eut de tout dans cette course, des toros de comportements très différents, des hommes diversement servis par la réussite aux aciers. Et la passation de pouvoirs que pourrait laisser présager le résultat comptable de ce mano à mano ne paraît pas aussi effective. 

Fernando Robleño entama les débats en recevant  "Confitero", un beau  cardeno veleto, par une série de véroniques bien données. Le toro eut droit à trois rations de fer prises en l'éloignant, fort logiquement, un peu plus du cheval à chaque rencontre, il n'est pas inutile de souligner ce détail dans une période où la qualité des mises en suerte semble perdre de son  importance. Le tercio de banderilles fut parfaitement exécuté, brega et pose de bâtonnets, Jesus Rmoero saluant à la demande insistante du public. Le bicho avait des qualités, Robleño en tira profit durant toute la faena, alternant les séries des deux côtés, muleta planchada et  toujours avancée au rythme de la charge de "Confitero". Le succès attendu est malheureusement terni par un échec à la mort qui intervient après un pinchazo et un bajonazo. Salut au tiers. Arrastre applaudi Le deuxième de Robleño , "Chumbero", superbe cardeno, semble offrir moins de possibilités,   il charge moins franchement sur la corne gauche. Piqué à trois reprises sans se mettre en évidence, il permettra, cependant à Miguel Martin de saluer pour sa pose de banderilles. Muleta en mains Robleño va, malgré un désarmé, peu à peu s'imposer, parvenir à tirer des séries sur la gauche et dominer son adversaire. Mais le scénario se répète, nouvel échec lors de l'estocade, effectuée sortie contraire à trois reprises, 2 pinchazos, 3/4 de lame tendida, 3 descabellos. Avis Avec son dernier, "Madrileno" un albaserrada negro, Fernado Robleño hérite d'un toro vif qui se retourne à mille à l'heure dans son  capote. Après trois pique sans intérêt, le cornu va faire douter les banderilleros qui auront bien des soucis pour accomplir leur office .Toujours aussi vif, le toro oblige le maestro à céder dans ses tentatives à droite, il prend la main gauche arrache quelques passes, améliore un minimum l'astado, arrive à lui voler une séquence à droite. Difficultés récurrentes au moment de vérité pinchazo, suivi  d'une entière caida. 

Tout autrement réussie fut l'après-midi d'Alberto Aguilar, même si son premier, "Castellano", un joli cardeno, ne lui a pas facilité les choses. Piqué seulement à deux reprises, l' astado montra dès la première tentative d'Aguilar qu'il ne supporterait pas d'être sollicité sur la corne droite, intelligemment le torero, averti et sur ses gardes, poursuivit par naturelles. A force d'insister, il parviendra, tout de même, à dérober une série de la dextre, mais il se voit rapidement contraint de conclure et tue d'une entière habile et trois descabellos. Silence. Le deuxième opposant d'Aguilar, "Camionero", un cardeno haut et armé, affiche rapidement ses qualités et suit bien le capote avant d'affronter trois fois la cavalerie  dans des rencontres où il se battra plus qu'il ne poussera. Débutée par doblones, la faena sera essentiellement composée de naturelles, pas toujours servies avec l'engagement qu'autorisait le bicho . Parachevant son ouvrage par de nouveaux doblones, il put tuer de trois quarts de lame contraire d'effet rapide. Oreille. Arrastre fêté. Mais le meilleur restait à venir avec "Sevillano", dernier toro de l'après-midi et de la féria . Cet albaserrada, le plus léger de la corrida, se montra, assurément, le plus complet. Des trois  piques on retiendra, surtout, la première véritablement poussée, il viendra de loin pour attaquer le cheval lors de la troisième, mais s'emploiera moins. Ivan Garcia, excellent durant toutes ses interventions, s'illustra une nouvelle fois bâtonnets en mains et dût saluer. Alberto Aguilar eut le geste de brinder cette ultime faena à son compagnon de cartel. Si cette faena le vit exploiter  correctement la charge de "Sevillano", les séries restèrent essentiellement droitières, données en abusant du pico et de la voix. On aurait préféré plus de sobriété et davantage d'engagement face à un animal encasté. Il conclut d'une entière en place .Oreille, synonyme de sortie à hombros (rare dans cette arène). Vuelta al ruedo pour "Sevillano».  

Andres Molinero

 Des Saltillos sérieux 

 

Pour la deuxième corrida de son trentième anniversaire, l'A.D.A.C. avait opté pour la ganaderia  historique de Saltillo qui regroupe aujourd'hui les fers de Saltillo et Moreno Silva.  De présentation sérieuse, ce lot relativement homogène au niveau  du trapio , accusa des défauts récurrents en matière d'armures : les 2 ,3 et 4 éclatant leur étui corné contre la barrière, on attribuera naturellement cette fragilité à l'usage de fundas . 

Le premier toro de l'après-midi, "Vendaval", un tio de 560 kgs , corniveleto, affronta à quatre reprises la cavalerie sans permettre à Gabin Rehabi de réitérer son succès de la veille,  Sanchez Vara, rompu à l'exercice des corridas dures, posa sans difficulté les banderilles, mais ne rencontra pas la même réussite au tercio suivant. Face à un adversaire qui l'avertit rapidement sur la corne gauche, il limita sa prestation à des séries droitières peu convaincantes et tua d'un bajonazo précédé d'un pinchazo. Silence. Le quatrième, "Bravio", 520 kgs, le plus léger de l'ensemble, ne manifesta guère la bravoure que pouvait laisser supposer son nom, il prit en effet trois piques sans beaucoup d'entrain. La séquence des banderilles fut bien plus animée, Raul Ramirez exécutant  le saut à la perche le  maestro posant lui-même les bâtonnets, et sortant in extrémis de la dernière paire "al violin". La faena se réduisit à peu, une ou deux séries à extraire de nombreux muletazos isolés  SanchezVara fut autrement  plus décidé au moment de tuer, une grande estocade engagée coucha le bicho et valut au torero la reconnaissance du public. Vuelta .

 La tarde débuta mal pour Perez Mota. A peine entré en piste, le deuxième Saltillo "Capucherito", s'abime la corne gauche sur le burladero, mais c'est en raison d'un défaut peu apparent de boiterie que la présidence le changea pour un Yonnet. Celui-ci ne s'avéra pas le collaborateur idéal, il eut tendance à se réserver dès le début de la faena, et ne tarda pas à déclencher un coup de tête imprévisible qui atteignit, heureusement sans gravité, le torero à la gorge. Perez Mota parti à l'infirmerie, le chef de lidia, Sanchez Vara, expédia le Yonnet d'une bien mauvaise épée dans le flanc. Silence Avec le cinquième,"Salador", affiché à 590 kgs, la course allait gagner en intensité, dans un premier temps, Perez Mota met à profit la charge puissante de l'animal dans une suite de véroniques  rythmées. Ce n'était que le début car dès le premier assaut le cornu renverse spectaculairement la cavalerie, le moment de panique passé, nouvelle pique qui voit le toro acculer le groupe équestre à la barrière, enfin lors de la troisième puya Oscar Bernal et sa monture passent à deux doigts d'un nouveau batacazo. Pour faire durer notre plaisir, les banderilleros se piquent au jeu et réalisent un tercio apprécié des gradins, Juan Contreras doit saluer sous l'ovation. Hélas cette prometteuse entame allait vite s'estomper, et si "Salador" sembla bien  répondre aux deux séries initiales données sur la corne droite, il se montra infréquentable du côté gauche et très rapidement s'avisa  sur les deux pitons. Obligé d'abréger, Perez Mota le tua d'un pinchazo suivi d 'une entière contraire et descabello . Silence. 

Gomez del Pilar, inédit à Céret  dut affronter en troisième lieu "Jilguera», un astado de 580kgs, qui, malgré sa faiblesse, permit à David Prados Martin de remporter le prix du meilleur piquero de la tarde, ce résultat étant essentiellement dû aux mérites du cavalier. Dans  une faena qui parut interminable, le matador ne parvint, à aucun moment, à dominer un adversaire juste de forces et réservé. Mort obtenue après un tiers de lame, une demi-lame et deux descabellos. Avis. Silence. Le sixième, "Ruiseno", un cardeno de 550 kgs , était manso, un vrai manso, il en fit la démonstration durant toute sa lidia . Frein à main serré au capote, il élira domicile au centre de la piste défiant quiconque de venir l'en sortir. Les piques seront également un grand moment, le piquero, ayant vite compris à qui il avait à faire, entreprit de l'attaquer dans n'importe quel terrain, cela sous les huées des gradins moins prompts à juger de la mansedumbre du tio. Piqué comme il se put, le manso posa, par la suite, bien des difficultés à des banderilleros totalement  paniqués. Paradoxalement Gomez de Pilar sembla retrouver son calme au moment d'affronter le fauve seul à seul, il fit front  dignement, arrachant suffisamment de passes pour parvenir à cadrer le toro et l'occire d'une épée quasi-entière et en arrière, 2 descabellos. Salut, applaudissements.  

Andres  Molinero

 Une Miurada houleuse. 

 

Six toros de Miura (610.610.620.650.650.620 kg) + 1 réserve d’Hubert Yonnet et 1 de Christophe Yonnet 

-Paulita (rouge et or) : salut – avis et silence. 

-Octavio Chacon (crème et or) : avis et salut – avis et oreille. 

-Pepe Moral (turquoise et or) : silence – silence. 

Président : F.Manent. 9/10 d’arène. Chaud et ensoleillé avec petit vent. 

Toros au trapio desigual mais surtout aux cornes affreusement éclatées ne laissant guère de doutes quant une manipulation en amont. D’où des protestations de plus en plus véhémentes sur les gradins à chaque sortie qui iront jusqu’à frôler l’émeute avec le cinquième que le Palco finira par changer après une première pique par un sobrero de Hubert Yonnet lui-même changé par un toro de Christophe Yonnet après s’être cassé une corne à sa sortie en tapant aux planches. Mansos sans classe au premier tiers, plus ou moins compliqués ensuite, le toro le plus intéressant de la tarde, sans être non plus  extraordinaire, aura été le C.Yonnet. 

Deux piques dosées plus une symbolique pour le premier Miura de petit gabarit qui reste sans s’employer au cheval. Il arrive au dernier tiers juste de force et sur la défensive dans les passes. Paulita réalise un travail intéressant, obligeant petit à petit son adversaire à humilier dans la muleta sur le piton droit  mais délaissant le gauche après avoir subi un derrote violent qui l’a désarmé. Entière concluante. Le quatrième Miura prend deux piques en protestant. Devant cet adversaire soso mais plus maniable que l’autre, Paulita , qui élude rapidement à nouveau les difficultés sur la corne gauche, réalise quelques  séries droitières de bonne facture  sans que sa faena ne parvienne  à prendre vraiment  d’envol. Mise à mort laborieuse : pinchazo, 1/3 de lame tendida, ½ caida et é descabellos. 

Octavio Chacon fixe efficacement au centre le second Miura qui ira prendre deux puyazos sans grande conviction. Avec beaucoup d’aguante et de courage et sans qu’il soit question de faire dans la dentelle, il parviendra à lier quelques derechazos de poids face à ce Miura compliqué et dangereux qui cherche l’homme, plus particulièrement à gauche. Entière caida et 2 descabellos. Pour éviter l’émeute qui se profile à la sortie du cinquième et s’intensifie jusqu’à la première rencontre où le picador perd sa pique sous l’assaut du Miura, on fait sortir un  superbe sobrero de H. Yonnet en pointes  qui, par manque de chance ou plutôt par la faute d’un peon, va s’assommer et se casser une corne en tapant au burladero. Sans y être obligé, le président choisit toutefois de sortir à nouveau le mouchoir vert, l’ambiance devenant de plus en plus houleuse sur les gradins. Sort alors le C. Yonnet, de belle prestance également qui bataille un peu dans le capote de Chacon et va se faire beaucoup prier avant de charger soudainement à trois reprises la cavalerie en prenant à défaut le piquero David Prados  et s’employant moyennement sous  trois piques, la première basse et rectifiée, les deux autres traseras qui ne me semblaient pas justifier le prix décerné par le club taurin de Bruxelles. Chacon  trouve immédiatement le sitio pour embarquer le Miura dans  trois séries de derechazos vibrants, étirés et templés, qui mettent en valeur la charge noble et allègre du Yonnet qui va pourtant assez rapidement  prendre querencia vers le toril en développant un comportement défensif avec lequel Chacon va composer en prenant des risques. Après deux accrochages sévères lors d’une série de manoletinas au ras des planches, il échappe par miracle à la cornada lors de deux entrées à matar loyales, le toro levant la tête violemment au moment de la rencontre. Entière et descabello. Il coupe la seule oreille de la tarde. 

Le troisième Miura s’annonce compliqué dès sa sortie, saute dans le capote, prend trois piques en manso et confirme ses mauvaises intentions au second tiers. A l’évidence pas très confiant ni vraiment désireux de partir en guerre, Pepe Moral abrège rapidement les débats en écoutant une petite bronca. Demie tendida et trois descabellos. Le dernier Miura soulève le cheval sur une corne lors de la première rencontre mais se défend dans le peto lors des deux suivantes. Il n’aura pas grand-chose à offrir au dernier tiers à un matador qui lui n’aura pas grand-chose à dire et ça se terminera par une mise à mort à la hauteur de la prestation : deux pinchazos et entière basse en prenant le périphérique. 

Observations : Une minute de silence après le paseo à la mémoire de Ivan Fandiño auquel ont brindé leur premier toro Paulita  et Chacon. Salut du banderillero de P.Moral, Juan Sierra, au troisième toro. Prix au meilleur piquero de l’ADAC : desierto 

Prix au meilleur piquero du club taurin de Bruxelles : David Prados (5ème) 

 

Lors de la tertulia qui a suivi cette corrida houleuse, le président de l’ADAC Bernard Raviglione, totalement accablé, a présenté ses excuses au public en reconnaissant que la présentation des toros était indigne de Céret et qu’ils s’étaient fait « rouler dans la farine ». Il a reconnu également qu’ils avaient remarqué que les Miura étaient plutôt astigordos mais qu’ils ne se doutaient pas, y compris au moment de la mise en chiqueros où seuls deux d’entre eux présentaient des astillas (ce qui fut d’ailleurs annoncé en début de course) que les cornes pourraient s’abimer de la sorte en tapant, ce qui laissait penser sans aucun doute qu’elles avaient été manipulées. Le président de la corrida, Francis Manent, a moins mis les formes en affirmant «  Miura se croit tout permis, il s’est foutu de Céret et de l’ADAC ». Une saisie des cornes devrait être réalisée pour établir les responsabilités. Mais en  tout état de cause, si le public a parfaitement le droit de manifester son dépit et son mécontentement devant  pareil spectacle, le comportement de certains énergumènes qui ont passé leur temps à invectiver haineusement l’ADAC lors de la course, me semble totalement déplacé. En effet, comment peut-on  croire raisonnablement  que pour fêter  leurs trente ans d’existence,  les membres de L’ADAC aient imaginé un tel scénario ? A moins qu’ils aient décidé de se faire Hara Kiri en public ? Il serait aussi intéressant de savoir ce que dit Miura de tout ça. (NR)


 L’envie folle de Maxime Solera. 

 

Six novillos de Raso de Portillo  de présentation sérieuse et irréprochable, mansos et violents à divers degrés, plus intéressants les deux derniers, très exigeants et  davantage toros que novillos au physique comme au moral. 

-Marco Palacios (bleu foncé et or) : silence – silence. 

-Daniel  Garcia Navarette (bleu roi et or) : salut – infirmerie. 

-Maxime Solera (vert bouteille et or): salut – vuelta. 

Président : A. Roques. Temps ensoleillé et chaud. ¾ d’arène. 

Tardo, distrait et manso , le premier novillo  va trois fois au cheval sans grand enthousiasme, en se faisant beaucoup prier et en faisant sonner les étriers. Devant cet adversaire qui serre dans la passe, charge court et n’humilie pas, Marco Palacios tâtonne en alternance sur les deux cornes sans convaincre et rend copie blanche. Deux pinchazos et demie trasera sans s’engager. Il se fait désarmer au capote par le quatrième plus massif et très agressif à sa sortie qui rentrera avec force et violence dans le peto sans s’y investir pour trois lourdes et mauvaises piques qui valent des huées au picador. Le novillo réfléchit avant d’embestir et lui vient dessus dès les premiers derechazos. Il semble passer un peu mieux à gauche, mais Palacios, en manque de recours et de confiance, est trop sur le recul pour pouvoir s’imposer. Il se fait désarmer rapidement et la messe est dite. Tiers de lame et descabello. 

A l’aise avec le capote, Navarrete canalise bien la charge nerveuse du second Raso de Portillo qui va prendre deux piques sévères( qui vaudront une bronca  à leur auteur) en poussant lors de la première rencontre uniquement. Devant ce novillo maniable mais qui a une fâcheuse tendance à freiner dans la passe, Navarrete fait l’effort et soigne le geste et si sa faena manque un peu de construction et de dominio, il parvient tout de même à lier quelques bonnes séries droitières qui s’avèreront les meilleures de la matinée. 3 pinchazos et entière concluante. Le cinquième arbore des armures impressionnantes. Il pousse un peu sous une première pique mais se défend lors des deux suivantes. Navarrete attaque sa faena par une bonne série de doblones mais par manque de sitio et d’engagement  va très vite laisser l’avantage au novillo qui l’oblige à se replacer après chaque passe. Il se fait prendre en deux temps et de façon spectaculaire alors qu’il tournait le dos à son adversaire pour regarder le public mais s’en sort miraculeusement indemne. Ivan Garcia, en civil dans le callejon, a été un des premiers à réagir et à sauter en piste pour lui faire un quite. Navarrete a fini à l’infirmerie et c’est Palacios qui a du tuer le novillo. Pinchazo, ¾ caida et deux descabellos. 

Le français Maxime Solera va recevoir  à Porta Gayola le troisième novillo dont il aura du mal à maîtriser la fougue avec le capote. Après trois rencontres avec la cavalerie prises en trottinant et sans pousser, le Raso de Portillo donne des signes de faiblesse dès les premiers muletazos . Courageux mais sans grand recours, Solera aguante et  se met en danger devant ce novillo qui se défend avec une certaine violence dans les passes. Entière et quatre descabellos. Il remet ça devant le toril pour recevoir le magnifique  sixième qui le bouscule sans mal au passage en emportant son capote. Gabin va encore une fois mettre le tercio de varas à l’honneur  et c’est bien lui qui  mettra en valeur  par sa mise en scène personnelle et en quatre rencontres magistrales ce novillo tardo à embestir  qui va  batailler avec plus de violence que de réelle bravoure dans le peto  de ce cavalier hors pair, secondé il est vrai par un cheval lui aussi extraordinaire. Sous les applaudisements du public, Gabin salue en ôtant sa montera qu’il tend vers le ciel tandis que Solera vient le remercier d’une chaleureuse poignée de main.  Au dernier tiers, face à cet adversaire noble, puissant mais très exigeant, Solera va se jouer la vie et tenter de pallier à son manque de technique par un engagement maximal  devant les cornes. Lui-même étant gaucher, c’est sur la corne gauche du Raso de Portillo qu’il va réaliser la plus grande partie de sa faena, avec un aguante et un cœur extraordinaires. Pris de façon spectaculaire mais sans mal vers la fin, il se relève pour donner encore deux passes. Un vilain bajonazo vient malheureusement  mettre fin  à cette prestation porteuse d’émotions qui lui vaudra de faire une vuelta très fêtée. Vuelta accordée également au novillo par le palco. 

Observations : Salut de Fernando Sanchez au premier novillo pour une excellente paire de banderillas. Vuelta du sixième novillo, « Universal », N°33 né en février 2014. Salut du mayoral à l’issue de la course. 

Gabin est revenu à pied avec son cheval pour le faire applaudir avant de recevoir les prix  du meilleur piquero  attribué par le club taurin de Bruxelles et par l’ADAC. (N.R)

 

Textes Nadine Regardier et André Roques, Photos Michel Volle et www.photoslouise2z.com