Tout est bien qui finit bien.

 

 Dimanche 18 aôut. 18h00. Corrida en mano a mano.  Six toros de Pedraza de Yeltes

-Octavio Chacon (vert perroquet et or) : avis et vuelta – vuelta – oreille.

-Juan Leal (bleu ciel et or) : salut – oreille – deux oreilles.

Pdt :M.Daudé. Temps gris et menaçant. 1/2 arène. Vuelta  du premier Pedraza, Burreñito. Prix de la meilleure pique offert par la Peña  E. Oliva : Tito Sandoval qui a pique le premier. Salut de l’éleveur et du mayoral avant la sortie a hombros de Juan Leal.

 

Magnifique présentation pour ce lot de Pedraza aux  armures en pointe irréprochables. Bravoure, caste et noblesse étaient au rendez-vous, pour le plus grand plaisir des aficionados. Face à eux, un mano a mano très contrasté avec d’un côté le toreo sobre et classique d’un Chacon très en forme qui a su s’accorder avec ses trois adversaires avec des faenas de poids  mais qui a malheureusement perdu des trophées avec l’épée, de l’autre un  Juan Leal  qui semble faire fi de ce qu’il a en face pour placer coûte que coûte son toreo tremendiste, plein d’accrochages et d’approximations, en faisant l’exhibition d’un courage indéniable qui semble avoir séduit une grande partie du public biterrois.  Plus chanceux que son compagnon à la mort, c’est lui qui est sorti en triomphe avec trois oreilles tandis que Chacon devait se contenter d’un appendice. Un petit goût d’amertume à la sortie pour ceux qui défendent  certains canons de la tauromachie…

 

Le premier Pedraza s’élance du centre en chargeant allègrement et en mettant les reins sous deux bonnes piques de Tito Sandoval, citées de face, avec musique  et ovation au piquero. C’est avec la même alegria que le Pedraza va charger  de très loin dans la muleta de Chacon qui saura mettre en évidence sa noblesse encastée lors de longues et vibrantes séries droitières parfaitement liées. Une seule tanda à gauche où le toro charge plus court et avec moins d’allant pour le reprendre sur l’autre corne où il s’investit à nouveau dans la muleta en accusant une petite baisse de régime. Pour conclure une série de manoletinas pieds joints parfaitement exécutées, une demi- lame sincère mais non concluante et deux descabellos. L’oreille s’est envolée…Vuelta pour Chacon et pour le Pedraza. Il va réaliser une faena sérieuse et professionnelle   devant  le  troisième Pedraza de moindre race,  qui n’atteindra pas l’intensité de sa  première  prestation du fait d’un adversaire brave au cheval (chute à la première rencontre)  mais qui manquera ensuite  de recorrido et de fixité dans la muleta. Entière un peu tombée.  Vuelta. Le dernier brave et noble mais un peu  juste de force, est  épargné lors de deux rencontres légères. Ca va être l’accord parfait entre ce toro et Chacon qui semble toréer sur un petit nuage avec une vraie faena qui aura un début, un milieu et une fin tout en allant a mas. Un début où on laisse s’exprimer l’adversaire en le citant de loin, pour le diriger et accompagner sa charge ensuite en alternant sur les deux mains lors de séries enchaînées à la fois avec autorité  et douceur, avec pour seules fantaisies quelques changements de main et deux ou trois molinetes pour lier tout çà, une dernière tanda de derechazos très stylée et exécutée avec un plaisir évident avant de finir, avec peut-être une pointe d’ironie, sur  des dosantinas et un desplante mains nues. Une entière caidita après pinchazo ne lui permettra malheureusement de couper qu’une seule oreille.

 

Juan Leal soigne la mise en suerte au cheval de son premier adversaire qui va pousser avec vigueur lors de la première rencontre en soulevant la cavalerie  et en refusant de sortir mais qui se montrera un peu moins motivé pour la seconde. Le ton  de la faena va être donné dès les premiers muletazos. D’emblée, l’arlésien se fait bousculer après son entame par cambiada au centre et ce sera le début d’une longue série d’avertissements, d’accrochages et de bousculades, devant lesquels il n’aura d’autre recours que de s’exposer en cherchant toujours le point limite devant les cornes et  en exhibant son aguante. Au milieu de tout ça une petite perle, trois belles naturelles enchaînées comme en apesanteur, mais c’est peu…. ¾ plate trasera. Par chance le toro tombe. Salut. Le quatrième Pedraza ne s’emploie pas franchement sous une première pique, le piquero rate la seconde et les clarines sonnent sans qu’il y ait eu de second puyazo. Et c’est reparti. Leal  cite à genou du centre le toro qui se trouve aux planches et se fait désarmer illico. Re-belote mais cette fois c’est une cambiada qu’il réalise à genou et de face qui va mettre le feu aux arènes. Vient  sur la lancée une serie droitière qui bénéficie de la charge vibrante du Pedraza, mais dès la suivante, Leal doit se replacer entre chaque passe et subit plus qu’il ne domine cette charge. Cela va se confirmer par la suite, la faena va aller a menos et devenir  une faena fourre tout de plus en plus heurtée et brouillonne, entrecoupée de cambiadas chiffonnées sur l’impact desquelles on s’interroge et de passes à genou  et qui se termine  sur une série de bernardinas très approximative. Entière concluante et forte pétition d’oreilles. Le palco résiste à raison stoïquement et refuse la seconde, ce qui lui vaudra une bronca tandis que le public encouragera Juan Leal à faire deux tours de piste. Quelle injustice pour Chacon ! Le dernier Pedraza charge et pousse for t sous une première pique, met les reins mais s’endort un peu ensuite sous la seconde. Cette fois Leal a choisi de la jouer plus classique et la première partie de sa faena laisse voir quelques jolis gestes, en tout cas plus taurins, sur les deux cornes. Malheureusement le toro baisse de régime et raccourcit sa charge et nous voilà repartis avec le registre de proximité, dosantinas  etc, ce qui n’et pas fait pour redonner un peu de gaz à l’adversaire. Mais cette fois Leal ne nous la fait pas trop longue et termine sur une entière tombée mais efficace. Le président qui a du avoir des regrets lui offre deux oreilles.

Une matinée digne d’intérêt

 

 Dimanche 18 août. 11h00. Novillada. Six novillos de Pages Mailhan

-Carlos Olsina (bleu nuit et or) : 2 oreilles – oreille.

-Diego San Roman (bleu gris et or) : 2 oreilles – oreille.

-El Rafi (bleu canard et or) : avis et vuelta – avis et silence.

Pdt : M.Daudé. Temps couvert. Petite entrée. Tastevin d’argent remis par l’Union taurine biterroise à Carlos Olsina.Vuelta du troisième novillo. Sortie a hombros de Carlos Olsina accompagné du jeune Pierre Mailhan.

 

Novillos bien présentés, un peu justes de force dans l’ensemble, s’employant moyennement sous la première pique mais épargnés à la seconde. Les trois premiers ont donné du jeu à la muleta, quatrième et cinquième et sixième étaient moins intéressants. Le troisième, le meilleur du lot, a été honoré d’une vuelta posthume. Les trois novilleros, avec leurs qualités et leurs défauts, se sont montrés volontaires et n’ont pas démérité bien qu’il faille reconnaître que la présidence a été plutôt généreuse.

 

Malgré quelques scories, faena agréable et bien construite de Carlos Olsina, débutée  au centre par une cambiada de rodillas et  plus aboutie ensuite sur la corne droite,  devant le premier novillo noble mais faible bien que peu piqué. Entière trasera concluante. Une oreille pouvait suffire. Il reçoit le quatrième d’une larga de rodillas et se montrera à son avantage avec le capote sur quelques véroniques genou ployé et sur la mise en suerte par chicuelinas pour une première rencontre lors de laquelle le novillo rentre avec force dans le peto. Nouvelle entame à genou suivies de deux ou trois bonnes séries droitières mais le novillo a tendance à rompre  pour se réfugier définitivement aux planches lorsqu’il prendra la gauche. Olsina n’en tirera plus rien. Pinchazo et entière caida efficace portée sans grand engagement. Oreille  généreuse.

 

Faena volontaire de San Roman qui a débuté de façon plutôt brouillonne avec des accrochages sur le piton gauche pour aller a mas ensuite avec un meilleur sitio pour enchaîner  trois séries droitières de meilleure facture  plus limpides. Une séquence de tremendisme au final dans les cornes  et la mort au troisième essai. Nouvelle entame un peu brouillonne pour sa seconde faena, avec un final chiffonné, et au milieu, un trasteo laborieux et sans transmission devant le cinquième novillo tardo, faible et de peu de charge. Une bonne estocade pour conclure cette fois qui justifie peut-être  l’oreille accordée par le palco.

 

Le troisième Pagés-Mailhan s’anime sous la première pique jusqu’à déséquilibrer la cavalerie avant de prendre un second puyazo symbolique. El Rafi saura exploiter la noblesse de cet adversaire lors d’une faena  ambidextre variée et enchaînée sur un rythme soutenu en maniant le leurre avec aisance et élégance, sans toujours se croiser toutefois. On retiendra plus particulièrement une très longue tanda droitière enchaînée sans rompre, corps vertical et main basse, avec beaucoup de temple suivie d’une série de luquecinas à mode de conclusion. Sans aucun doute, la meilleure faena de la matinée mais tout espoir de trophée s’envole avec les aciers. Entière contraire et atravesada à la  seconde tentative de recibir et deux descabellos. Sa seconde prestation superficielle et marginale pèsera peu sur le dernier novillo qui a beaucoup moins d’allant et de race et qui finit par rompre le combat. Pinchazo et demie tombée.

Ca va  a mas !

 

 Samedi  17 août. 18h00. Corrida. Six toros de Robert Margé

-Manuel Escribano (violet et noir) : silence- 2 oreilles.

-Daniel Luque (sable or et or) : vuelta – oreille.

-Joaquin Galdos (bleu marine et or) : silence – 2 oreilles.

Président : M. Daudé. Soleil. ½ arène.

Joaquin Galdos, pris dans un embouteillage à la frontière, est arrivé à 18h20 et n’a  pas fait le paseo avec ses deux compagnons de cartel. Vuelta  du quatrième toro Atlas et du sixième Eos. Sortie a hombros de M. Escribano et J.Galdos avec Olivier Margé.

 

De réelles satisfactions à l’issue de cette corrida qui a très mal débuté mais qui est allée a mas pour donner en particulier une seconde partie aussi variée qu’intéressante et même si on a pu noter un peu de triomphalisme au final , nous ne bouderons pas notre plaisir. Le lot de toros de Margé était assez hétérogène au niveau du physique, des cornes et du comportement. Les trois derniers, de meilleure présentation, ont été aussi les plus intéressants, le quatrième pour sa belle charge encastée à la muleta, le sixième pour sa noblesse allègre, le cinquième pour une première pique spectaculaire. Par contre, le premier était totalement décasté, le second manquait de race et le troisième est resté un peu inédit. Par ailleurs, dans l’ensemble ces toros se sont un peu employés sous le fer mais surtout lors des premières rencontres.  

 

Peu d’option de triomphe pour Escribano avec un premier Margé de présentation modeste malgré ses 5 ans et 1/2 qu’il est allé attendre à Porta gayola. Tardo, distrait, le toro  affiche très vite une attirance pour les planches et rompt rapidement le combat. La faena ne s’éternise pas. ½ plate trasera et descabello. Le quatrième reçu également à Porta Gayola ne s’emploie que moyennement au premier tercio. On retiendra une troisième paire, quiebro al Violin de Manuel Escribano très motivé qui va entamer sa faena au centre par cambiada et qui  prend un puntazo et se fait déchirer le pantalon au deuxième passage très serré du Margé. Il continuera la fesse à l’air comme si rien n’était  et saura mettre ensuite à profit la charge vibrante de son adversaire pour construire une faena enlevée sur les deux cornes qui aurait méritée d’être un peu allongée pour mieux marquer son dominio sur le toro  encore fringant au moment de la mise en suerte pour la mort. Après un desplante dos au toro et une série de manoletinas,  il conclut d’une entière légèrement tombée d’effet immédiat.  Le palco sort deux mouchoirs blancs pour le torero  et un bleu pour le toro.

 

Très belle réception au capote par Daniel Luque du second toro qui charge de loin à deux reprises la cavalerie en s’employant sous le fer mais qui va se mettre le cul aux planches à plusieurs reprises lors du second tercio. La faena de muleta sera très longue à démarrer. Luque, averti à deux ou trois reprises sur la gauche tâtonne un long moment, testant les deux cornes avec circonspection, pour finalement aller se placer aux planches  dans le terrain du Margé où il parviendra  à lui tirer quelques derechazos de poids avant de finir dans les cornes. Peu engagé à la mort, pinchazo et entière concluante. Le président résiste à la pression  d’une partie du public qui réclame une oreille. Luque se contentera d’une vuelta chaleureusement fêtée.  Le cinquième va se mettre rapidement aux planches lui aussi. Luque semble moins motivé avec le capote pas plus qu’il ne se démène pour la mise en suerte au cheval. Et c’est là que le Margé va surprendre en s’animant sous une première pique trasera et en poussant la cavalerie sur un quart d’arène. Il est vrai que le cheval semblait plus l’accompagner que le freiner dans sa course. D’ailleurs il tardera à charger une seconde fois et  sortira facilement du peto. Diminué certainement par l’effort fourni, le toro arrive au dernier tiers sans grande charge. Luque  réalisera une faena en terrain réduit avec beaucoup de style et avec  les gestes les plus beaux de la tarde mais devant un adversaire de plus en plus arrêté, avant de terminer par une démonstration d’aguante dans les cornes pour donner un peu de frissons aux émotifs. Signature maison par luquecinas et desplante mains nues. Pas plus engagé à la mort il tue cette fois du premier coup et reçoit une oreille.

 

Le troisième Margé pas très franc du collier dans le capote, prend deux piques sans éclat et déborde Joaquin Galdos dès les premiers muletazos. Visiblement peu à l’aise le garçon s’avère impuissant à allonger le bras  et à finir une passe devant cet adversaire qui charge court et se retourne vite. Il abdique très rapidement  et conclut de deux lames peu glorieuses. Metisaca et bajonazo. Il saura tirer parti par contre des qualités du  dernier Margé, un toro de belle prestance qui pousse par à coups sous une longue première pique et charge de loin une seconde fois en s’employant moyennement. Au dernier tiers, le toro va charger avec beaucoup de classe et d’alégria dans la muleta du péruvien qui va lui servir une faena enlevée en le citant de loin pour de vibrantes  séries ambidextres parfaitement enchaînées sans précipitation ni temps morts. Entière concluante et deux oreilles qui lui permettront de sortir à hombros avec Escribano tandis que le toro sera lui récompensé d’une vuelta posthume.

Samedi 17 août à 11h00 Quatre erales de Robert Margé

 

-Borja Escudero (rouge sang et azabache) : Oreille
- Jordi Perez "Niño de la Monja" (bleu ciel et vieil or) : Deux oreilles après avis
-Gualtiero Lopez (bleu électrique et or) : Vuelta après deux avis
-Lenny Martin (grenadine et or) : qui débutait en NSP, silence après avis

Le prix du Triomphateur de la matinée fut logiquement attribué à "Niño de la Monja" par le peña Monteblanco et l'Union des clubs taurins Paul Ricard.

Borja Escudero de l'école taurine du Pays d’Arles s’est fait applaudir d’entrée pour la finesse de ses capotazos avant une faena parsemée de gestes artistiquement marqués par sa planta torera

Le Niño de la Monja montra de l’aisance au capote et une application à la muleta, qu’il manie harmonieusement sur des séries courtes et variées sur les deux cornes

Gualtiero López de l'école taurine de Béziers-Méditerranée se fit prendre à la cape par deux fois, ce qui sembla le déstabiliser quelque peu pour la suite. Il se fit encore violemment bousculer au dernier tiers qu’il conclut dans l’a peu prés.

Lenny Martin de l'école taurine de Béziers-Méditerranée n’a faisait ses débuts en non piquée. Face à un eral manquant d’allant il arrivera à l’améliorer sur la fin avant de pécher avec la ferraille.

Ca  s’améliore…

 

 Vendredi 16 août. 18h00. Corrida mixte.  Deux toros de Fermin Bohorquez pour le rejon  Quatre toros de Jandilla pour la lidia à pieds

-Lea Vicens : oreille – 2 oreilles.

-Emilio de Justo (bleu marine et or) : oreille – avis et salut.

-Pablo Aguado (aubergine et or) : oreille – silence.

Sobresaliente : Jérémy Banti

Président : M.Daudé. Soleil avec un peu de vent. ¾ d’arène.

Sans être d’un très grand niveau,  cette corrida a tout de même plus entretenue que celle de la veille, ce qui n’était pas compliqué ! Les amateurs de rejoneo dont je ne fais pas partie, ont pu se régaler avec Lea Vicens qui est sortie en triomphe avec trois oreilles. Les amateurs de tauromachie à pied ont pu apprécier, surtout sur les deux premiers toros, les styles différents du castillan Emilio de Justo et de l’andalou Pablo Aguado qui ont coupé une oreille chacun. Les toros de Jandilla, de présentation modeste surtout au niveau des armures, se sont un peu employés sous les premières piques mais sont sortis seuls facilement des secondes. Maniables les deux premiers justes de force et assez vite éteints, sans grande  option le troisième et plus compliqué  le dernier.

 

Le premier Jandilla fait un extraño d’emblée dans le capote d’Emilio de Justo qui le déstabilise un peu mais s’avère  ensuite maniable à la muleta, permettant au maestro de construire une faena  sobre et de belle facture classique qui malheureusement n’a pu monter en intensité à cause du manque de force et de transmission de l’adversaire. Il tue d’une entière fulgurante et coupe une oreille. Le troisième Jandilla semble tout vouloir casser en sortant du toril. Il remate avec force dans les burladeros, rentre avec fougue dans le capote d’Emilio de Justo  qui l’amènera au cheval par chicuelinas marchées pour deux piques sans éclat. Malheureusement, ce toro va se réserver rapidement au dernier tiers  et la faena du castillan, volontaire mais aussi laborieuse n’arrivera pas à decoller. Pinchazo et entière.

 

Pablo Aguado reçoit le second Jandilla par une série de véroniques soyeuses avec accrochage final toutefois. Ce toro déséquilibre le groupe équestre en poussant sur une corne mais sort facilement de la seconde rencontre. Muleta en main, l’andalou va toréer avec une grande sérénité tout en développant une très belle gestuelle devant le Jandilla au recorrido limité qui a tendance à envoyer la corne en fin de passe. Il va petit à petit améliorer sa charge en maniant le leurre avec beaucoup de douceur et l’on retiendra plus particulièrement ses naturelles templées dessinées au ralenti. Il a l’intelligence d’arrêter sa faena avant que le toro ne puisse plus avancer. Entière engagée mais un peu trasera. Oreille. Le dernier qui est un poil plus armé proteste violemment dans la muleta. Cette fois, l’esthétique n’est pas de mise. Désarmé dans un premier temps, Aguado parvient à s’imposer sur le piton gauche mais ne se risquera pas beaucoup sur le droit plus compliqué. Demie lame et descabello.

Béziers Vendredi 16 août à 11h00. Quatre erales de Robert Margé, offrant tous de la noblesse. Supérieur le premier primé d’une vuelta posthume.

 -Lucas Miñana (noir et or blanc) : Deux oreilles
-Anaïs Taillade (violette et or) : Deux oreilles après avis
-Javier Camps (bleu nuit et or) : Vuelta
-Fabien Castellani (grenadine et or) : Oreille

Le prix du Triomphateur de la matinée a été décerné à Anais qui reçut  le trophée de l'Union des Clubs Taurins Paul Ricard et une muleta par le CTPR "Badamoscas" de Florensac.

 

Lucas Miñana, de l'école taurine de Béziers-Méditerranée, debuta sa faena à genoux avant de se relâcher, notamment sur plusieurs de derechazos bien conçus. Son adversaire noble et répétant sans cesse, lui permit de s’exprimer pleinement.

Anaïs, également de l'école taurine de Béziers-Méditerranée, se fit applaudir à la cape avant de bâtir une faena courageuse et enlevée parsemée de gestes harmonieux face à un noble becerro, culminant sur une série de naturelles.

Javier Camps de l'école taurine de Valencia, afficha de bonnes manières au cours d'un trasteo de bonne composition mais mal conclut à l’épée.

Fabien Castellani de l’Ecole Taurine du Pays d’Arles se montra decidé au capote avant de proposer une faena qui ne manqua pas d'allure

Y’a-t-il un toro bravo dans l’arène ?

 

 Jeudi 15 août. 18h00. Corrida de la Méditerranée.  Six toros de Nuñez  del  Cuvillo

-Sébastien Castella  (mauve et or) : avis et silence – avis et oreille.

-Miguel Angel Perera (rouge et or) : 2 avis et silence – silence.

Toñete (rose layette et or) : avis et silence – avis et silence.

 Président : M.Daudé. Soleil et vent. 4/5 d’arène.  Scénographie de Loren

 

Inégaux de présentation, les Nuñez del Cuvillo décastés, sans race ni bravoure, faibles et totalement insipides, étaient indignes de porter le nom de toros bravos. Des toros dégénérés tout juste bons à rendre la corrida injustifiable et indéfendable. Ajoutez à ça des toreros qui n’ont aucune vergogne à allonger des faenas qui n’en finissent plus de nous ennuyer devant des toros qui n’avancent pas avec des comportements quelquefois déplacés et la coupe est pleine ! Et j’oubliais d’évoquer les simulacres de premiers tiers  la plupart limités à des piqûres indolores.

 

Inutile de s’appesantir sur la première faena de Castella devant un Nuñez manso, distrait, insipide et mollasson. Il a fait le job, c’est bien, mais était-il nécessaire de pavaner au final en faisant le pendule devant un toro moribond et de lui caresser la corne ? Entière tombée peu engagée. Le 4ème n’annonce rien de bon à sa sortie. Craintif, il gratte, trottine, s’arrête, regarde, freine dans le capote et s’enfuit au galop dès qu’il sent la piqûre de la première puya. Nonobstant, Castella qui a du déceler des qualités cachées chez son opposant, le brinde au public. Et effectivement  il va réussir à donner une certaine intensité à sa faena en embarquant dans sa muleta le Nuñez qui se laisse faire sur quelques bonnes séries droitières après une entame par cambiadas au centre. Hélas le toro ne va pas durer et baisse de ton dès qu‘il prend la gauche pour finir quasiment arrêté. Faute de pouvoir toréer l’adversaire, le biterrois va toréer le public avec un long numéro de proximité devant un toro tellement plombé qu’il doit lui taper sur le cul pour le faire bouger ! Après une entière longue d’effet, il se plante au centre et jette sa muleta pour pouvoir applaudir le Nuñez qui tarde à tomber. On croît rêver !!!! Très satisfait de son toro et de sa prestation, il manifestera ostensiblement son mécontentement  de ne recevoir qu’une seule oreille du palco en jetant cette dernière avant d’entamer sa vuelta. La  classe…..

 

Perera  n’a pas forcé son talent devant le second Nuñez, le seul à avoir un peu d’allant dans sa charge. Quelques bons passages à droite mais une faena marginale, très inégale et qui a manqué de ligazon. Aucun engagement avec l’épée. Pinchazo, entière tombée et descabello. Le cinquième est un manso de catégorie. Lidia défaillante et absence de  Perera au premier tiers et une faena  fastidieuse  qui s’éternise aux tablas devant un toro qui s’échappe de la muleta dès qu’il aperçoit un bout de planche. Entière basse efficace.

 

Toñete n’a guère été convaincant devant le troisième faible et sans transmission qu’il a eu du mal à sortir des tablas. Faena marginale, décousue et souvent accrochée conclue d’une demie plate et trasera  qui a suffi à faire coucher le toro ! L’ennui sera à son comble avec le dernier  tardo et sans charge auquel il s’entête sans grand succès d’arracher des passes. ¾ trasera et 3 descabellos.