Arles : Des Baltasar, mais peu d’Iban 

 

Un lot de toros superbes de Baltasar Iban mais qui dans l’ensemble furent sérieux, exigeant et décevants à la fois, excepté les 1ers et 3eme, les autres manquant d’un peu de tout mais surtout de race, se réservant au dernier tiers. E. de Justo, auteur de la meilleure faena au premier et J. Leal auraient pu couper une oreille sans leurs échecs à la mort, J. del Alamo, appliqué et classique, n’eut guère d’options avec son lot. Un trophée était promis au meilleur picador, il ira à J. Fsco Peña mais aurait du rester desierto, aucun tercio de piques ne méritant réellement une récompense. Tous iront au cheval sans se faire prier mais sans s’y employer vraiment, sauf le manso sixième mais pour d’autres raisons. Aucun toro ne rompit vraiment ce qui posa des problèmes au moment des mises à mort. 

-Emilio de Justo (Bordeaux et or) Palmas après deux avis et salut 

-Jonatan Sanchez «Juan del Alamo» (blanc et or) Silence et silence après avis 

-Steven Groul «Juan Leal» (purissima y oro) Salut et silence 

Pst. R. Verbedian, Temps agreable, 1/3 d’arènes. Salut de Juan Sierra et J. M. Perez Valcarce au 4° 

E. De Justo brinda à Morenito d’Arles, son banderillero blessé, une faena d’excellente composition que lui permit l’intéressant 1er sur les deux rives mais qu’une mise à mort en quatre chapitres et une kyrielle de descabellos priva de récompenses. L’astifino quatrième se montra exigeant mais de meilleure composition à gauche, coté ou le cacereño réalisa l’essentiel de sa faena, la droite étant plus réticente à se livrer mais qui finira par se desserrer sur la fin. Pinchazo et entière caidita pour conclure. 

Devant l’intérêt du second pour le cheval, le public et le palco lui proposèrent une troisième rencontre, malgré le changement demandé par Del Alamo et ou il ira a mas. Au dernier il rechigna de plus en plus à se livrer et le salmantino en finira d’un bajonazo au 2° essai. Il débuta son second trasteo à genoux en gagnant du terrain mais le Baltasar, fade et de peu d’allant, ne lui permit pas de trouver la bonne entente et tout alla à menos. 

Juan Leal démarra par des cambiadas de espalda au centre du ruedo, enchaînant fort bien sur les deux rives en citant son adversaire de loin. Ensuite il passa à une séquence de toreo rapproché, des naturelles de faces avant des bernardinas serrées et une vilaine lame avant un tiers d’épée et un descabello qui feront s’envoler une possible oreille. Le dernier se fit attendre et s’avéra manso et agressif, étant châtié à la troisième rencontre jusqu’au centre de la piste. Vite sur la défensive il n’offrit guère d’option à l’arlésien qui passa rapidement à son toreo de cercania pour essayer d’en tirer le meilleur parti possible avant de s’égarer avec les épées… 

 Arles : Grande porte pour Juan Bautista et S. Castella 

 

Après avoir annoncé sa despedida lors de la goyesque 2019, Juan Bautista attaqua tambour battant celle de 2018, mettant d’entrée la barre haute ce qui ne gêna pas Sébastien Castella qui réalisera la faena de l’après-midi face au cinquième. Quant à Manzanares le sort lui a été plus défavorable surtout avec le sixième qui lui aurait permit si…… Succès artistique aussi pour la partition musicale dans un décor coloré et original devant les cameras de la télévision espagnole…. 

Six toros de Victoriano del Rio  bien présentés, formant aux comportements, deux lots distincts, trois toros qui permettaient, supérieur le 5°, «Cantaor» honoré d’une vuelta posthume et trois manquants de fonds et de forces. Coté bravoure, tous prirent sans se faire prier leur deux rencontres, la seconde le plus souvent pour la forme, plus appuyés aux piques les 3 derniers. Le sorteo repartit parfaitement les lots, sauf que le dernier devint handicapé moteur après un violent remate aux planches à l’entame de la faena….. 

-Jean-Baptiste Jalabert «Juan Bautista» (habit goyesque sang et or) Deux oreilles après avis et oreille après avis 

-Sébastien Castella (habit goyesque violine et or) Silence après avis et deux oreilles après deux avis 

-José Mari Manzanares (habit goyesque vert de gris et noir) Silence après avis et silence 

Pst J. Boyer, la scénographie avait été confiée à l’artiste mexicain Domingo Zapata et la musique à l’orchestre Chicuelo, à la soprano Muriel Tomao et aux chœurs Escandihado. Temps estival, plein apparent et costumes des trois toreros tagués par l’artiste dans le patio de caballos. Salut de J. Chacon et V. Herrera au 5° 

Le 1er Victoriano avait tendance à rester dans la zone du toril ou il affichera une bonne noblesse sur les deux bords grâce à la muleta d’un Juan Bautista sur de son fait, l’arlésien compensant en partie son manque de classe surtout à gauche. Faena parfaitement maitrisée et d’un excellent niveau soulignée par Caridad del Guadalquivir jusqu’au final ou le toro rechigna sur les derniers muletazos se montrant difficile a cadrer. Un recibir efficace aidera la 2eme oreille à tomber. Brindé à l’artiste mexicain son second toro manquera de fond, de forces et de recorrido, Juan Bautista usant de tout son savoir pour en tirer quelque chose, l’ayuda plantée dans le sable. Des muletazos efficaces un par un la plupart et une superbe estocade lui vaudront un nouveau trophée 

Le second fléchira plusieurs, ne se livrant pas dans le leurre de S. Castella qui a force d’insister parviendra à lier une superbe série droitière en fin de parcours…. No hay quinto malo dit l’adage et il s’est vérifié avec « Cantaor » le bien nommé pour cette corrida lyrique, et quelle partition. D’entrée le quite par chicuelinas avait situé le niveau et après le salut de ses banderilleros, le biterrois attaqua au centre sa faena embarquant le Victoriano pour des séries ajustées et limpides, initiées en le citant de loin superbement accompagnées par l’air de callejuela de O,  le tout allant à mas jusqu’à l’estocade portée avec engagement et décision bien qu’un peu longue d’effet… 

J.M. Manzanares ne put qu’offrir que quelques séquences de son toreo de plasticien devant son 1er toro qui lui n’avait aucune option à offrir en échange. Et comme l’alicantino s’égara les armes à la main…. Il réceptionna superbement le dernier qui afficha de belles promesses mais qu’un violent choc rendit handicapé moteur juste avant que ne debute ce qui devait etre la faena, Manzanares étant contraint d’abreger, ce qu'il fit d’une superbe épée 


 

Dax Le bail emphytéotique de Ponce avec Dax

 

 

 

-Yannis Djeniba El Adoureño (alternative et or) : salut au tiers et oreille

 

-Enrique Ponce (100% cacao et or) : deux oreilles et silence

 

-Alejandro Talavante (jais et noir) : oreille et silence

 

 

 

Quatre toros de Victoriano del Rio (dont le 5ème bis) et deux de Cortes (n°2 et 3), voici la composition de cette corrida de clôture de la temporada dacquoise 2018.

 

Ce lot bien présenté et bien noble ne transmettait pas grand chose.

 

 

 

Entrenador, le toro d'alternative d'El Adoureño, fuyard et distrait, fit tout de même preuve d'un peu de bravoure sous la seconde pique de Laurent Langlois. Après l'échange symbolique des trastos Yannis alla brinder sa faena à sa mère. Le désormais 65ème matador de toros français débuta alors une faena ambidextre profitant de la noble charge du Victoriano, le faisant passer et repasser. Malheureusement Yannis ne sut profiter pleinement des bonnes qualités de son opposant. Entière caïda. Avis.

 

Le der des ders s'employa lors des deux rencontres sous le fer avant qu'Enrique Ponce ne tente un quite pas très fair-play. Le nouveau matador brinda sa faena au public venu le soutenir. La lidia resta assez superficielle, Yannis toréant en périphérie sans grande intensité. Entière caïda. Trois descabellos. Pétition demandée par sa Peña, c'est normal elle est là pour ça. Mais oh surprise ! Tombèrent du palco un mouchoir blanc et un mouchoir bleu ! Bronca

 

 

 

Enrique Ponce, ce n'est pas nouveau, est chez lui à Dax, et ce n'est pas près de changer ! Ménagé lors du premier tercio Arandino fut envouté lors du quite par chicuelinas d'Alejandro Talavante. Muleta en main, Ponce fit un récital montrant à qui n'y croyait pas encore sa légendaire souplesse, et la qualité de ses poncinas. Enrique semblait plus préoccupé par une ou deux de ses mèches rebelles, et un sourcil récalcitrant que par la charge de son Victoriano de Rio. Cette toreria là manqua cruellement de sincérité. Entière. Deux oreilles, pourquoi deux ? Aldeano sortit affaibli de ses deux rencontres avec le peto. Enrique brinda sa faena à l'artiste peintre Loren, clin d'œil à la Picassienne de Malaga. Le maestro de Chiva administra une faena d'infirmier avec un toreo de salon tel qu'il doit en répéter le matin dans sa salle de bain quand il fait ses gammes. Pinchazo. Entière.

 

 

 

Ce dimanche à Dax, le grand Alejandro Talavante avait des allures d'un croque-mort échappé de la Famille Adams : le teint pâle, les cheveux noirs ultra gominés, la nuque longue, un gant noir à la main gauche, tout de noir vêtu, avec pour seule couleur le rouge sang de la doublure de sa chaquetilla. La faena débuta fort bien sur le piton droit, avec la main basse, enchainant des muletazos chargés de temple et d'une froide élégance. Alejandro parvint à tirer quelques belles naturelles avant que Basurilla ne s'éteignit. Entière. Son quinto flageolant fut remplacé par un lourd toro du même fer. Après un rapide tercio de (non) piques, Jinetero se mit à meugler fortement dès qu'il se mettait à charger. Talavante resta très discret et ne s'investit guère muleta en main. Défaillance aux aciers : huit pinchazos. Entière atravesada. Deux descabellos.

 

 

 

3/4 d'arènes temps estival Les banderilleros Jaime Padilla au 2ème et Mario Campillo au dernier saluèrent.

 

 

Dax : La bonbonnière de José Cruz 

 

 

 

-Baptiste Cissé (framboise et or) : une oreille et une oreille 

 

-Dorian Canton (marine et or) : double salut au tiers 

 

-Jean Baptiste Molas (ivoire et azabache) : salut au tiers et une oreille

 

 

 

Habitué des novilladas matinales dacquoises, c'est un bon lot de José Cruz qui foula le ruedo encore une fois. Sérieux de présentation, bien armés et au comportement idéal pour les matadors en devenir. De la noblesse dans leur charge, mais pas de la sosseria, on leur regrettera un zeste de bravoure à la place d'une certaine violence lors des 13 rencontres sous le fer. Les six novillos furent applaudis à l'arrastre, José Cruz Irribaren fut invité à saluer en piste à l'issue de la novillada, et son mayoral sortit à hombros.

 

 

 

Peu convainquant le week end précédent à Bayonne, Baptiste Cissé eut à cœur de se montrer sous un meilleur jour. Le novillero capote en main accueillit le premier Cruz genoux au sol, avant que ce dernier ne s'employa sous le fer lors de la seconde pique. Baptiste débuta sa faena par des cambiadas al centro del ruedo et réalisa une faena essentiellement constituée de derechazos et un final par circulaires. Recibir : entière caïda. Descabello. Le quatrième Cruz ne fut pas très clair lors de sa sortie en piste, semant la pagaille et obligeant Cissé à sauter dans le callejon pour éviter un accrochage. Un bon tercio de piques remit les choses dans l'ordre. Baptiste réalisa sa lidia avec sérénité et quiétude alternant sur les deux bords. Final par manoletinas qui pesa sur le public. Bel engagement lors de l'entrée a matar. Entière. Deux descabellos.

 

 

 

Le premier novillo de Dorian Canton était le plus acidulé de la bonbonnière : un novillo manso con casta face auquel le jeune Dorian ne se démonta pas. Il le cita de loin avec fermeté et sincérité, malheureusement la faena ira a menos. Nouveau final par manoletinas, peut être de trop, qui finit de dérégler son novillo et fut difficile à fixer pour le moment suprême. Pinchazo. Demie caïda.

 

Son second novillo fut celui qui exprima le plus sa bravoure sous le fer, il en sortit surement trop affaibli pour que Dorian puisse construire une faena intéressante, même si le jeune novillero fit preuve de vaillance et de toreria dans ses muletazos. Deux pinchazos. Entière.

 

 

 

Sacré challenge relevé haut la main par Jean Baptiste Molas que de débuter en novillada piqué dans sa ville natale et dans ces arènes où le nom de Molas a écrit une grande page des arènes dacquoises. Le troisième José Cruz fut certainement le plus faible dès sa sortie du toril, un début de vuelta de campana et mauvais tercio de piques n'arrangèrent surement  pas les choses. JBM fit preuve d'une incroyable assurance et d'une douceur dans la muleta qui s'allièrent parfaitement au novillo et impressionnèrent le public. Erreur de débutant, ou soif de toréer, la faena s'éternisa plus que nécessaire. 3/4 de lame en avant. Trois descabellos. Avis. Son dernier novillo fit lui aussi une vuelta de campana. La lidia fut assez brouillonne, alternant de bons muletazos con temple et des séries à l'élégance exacerbée. Entière caïda.

 

 

 

Quelques gouttes de pluie avant le paseo. Demi-arènes. Les banderilleros El Santo et Miguelito au premier et Marc Antoine Romero au sixième novillo saluèrent.

 

 Dax : Décevante Victorinade 

 

-Curro Diaz (sang et or) : silence et bronca
-Emilio de Justo (marine et or) : double oreille
-José Garrido (tagada et or) : double silence  

Le lot de Victorino Martin qui ouvrait cette Féria de Toros y Salsa 2018 était majestueusement présenté, astifino, de 505 à 575 kilos. Malheureusement le ramage ne fut pas à la hauteur de leurs plumages. Quatre sur six étaient nobles (1, 2, 3, et 6), limites soso les deux premiers. Dans l’ensemble ils manquèrent de force, et de gaz, seul les 4 et 5 se rappelèrent vaguement aux lointains souvenirs des ‘’alimañas’’ du sorcier de Galapagar, dont les pupilles furent combattus avec une devise noire. Aucun des six ne fit preuve de bravoure au cours du déroulement du tercio de piques, aucun des six piqueros non plus ne fit son travail proprement et dans les règles de l’art. 

Curro Diaz après une délicate réception à la pique, et un rapide premier tiers, Venderache arrive tardo au tercio de muleta. Le maestro de Linares s’efforça de tirer quelques séries ambidextres à son Victorino, plus commode à gauche. Les détails d’orfèvrerie sont rares, la joaillerie restera au coffre faute de chispa du toro. Entière caïda. Dès l’entame capote en mains Curro Diaz manqua de peu d’être crucifié aux talanquères sous la Présidence, obligé de sauter dans le callejon pour se sauver. Le ton était donné. Muchopan, le plus difficile de l’envoi, va être rapidement expédié ad patrem par Curro, qui semble t il n’est pas venu à Dax pour y risquer sa peau. Pinchazo. Bajonazo. Sifflets et invectives du public. 

Emilio de Justo, déjà triomphateur en septembre 2017 de la course de Victorino, ne laissa pas échapper le toro le plus clément de l’envoi. La faena, brindée au public, principalement droitière ira a menos compte tenu de la faiblesse du toro. Bajonazo. Le scénario avec le quinto, est somme toute assez similaire, Filipino se mettant rapidement sur la défensive. On retiendra surtout la superbe série de naturelles de clôture réalisée pieds jointes. 1/3 de lame avec des peons agiles qui firent rapidement tomber le Victorino, expressément puntillé.  

Le moins que l’on puisse dire, c’est que José Garido, n’a pas laissé une bonne image de son toreo dans les arènes de Dax. Coiffé comme un playmobil, et en légère surcharge pondérale, le torero de Badajoz, ne sut s’imposer face à l’exigeant Bolsiquero tant à droite qu’à gauche ne trouvant jamais le bon sitio. Deux pinchazos. Entière caïda. Peu expérimenté semble t il de ce genre de corridas, Garrido guère motivé ne trouva jamais les bons réglages, ni le bon sitio pour profiter du fond de noblesse de Vergel. Défaillance aux aciers. ¾ d’épée. 4 descabellos. Avis 

¾ d’arènes. Temps agréable. Angel Gomez Odero saluera au cinquième Présence en callejon de Francisco José Porras, troisième torero de l’Histoire a avoir pris l’alternative dans ces arènes de Dax le 14. 08.99 

 

Reseñas : Vicente, photos www.photoslouise2z.com